"Rana Toad", ça se mange?

Nous sommes libraires de divers horizons, bibliovoraces friands de découvertes, ici pour partager!
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dimanche 27 juin 2010

Sticker La Mouche et Les Zozios tome 1

Deux nouveaux titres pour la collection jeunesse des Éditions Argemnios. Si les deux premiers titres ne m'avaient pas convaincu ceux-ci, j'avoue , m'ont tiré de petits sourires amusés grâce à l'humour noire et décalé de Mathieu Coudray (scénarios, dessins et couleurs), illustrateur des couvertures du Ballet des âmes, et Les Sombres Romantiques aux éditions Du Riez, Et cette porte, là-bas, qui se fermait... aussi aux Éditions Argemnios.

Dans La mouche on suit sous forme de comic strip de 4 cases des mouches particulièrement cyniques qui font exprès de de perdre et de tuer les petites mouches parce qu'elles en ont trop, des séances de drague abrégée par l'espérance de vie des participants, des pièges à cons à mouches particulièrement efficaces...

Si tous les gags ne sont pas tous immanquables je pense que ce petit recueil plaira aux fans de petits livres d'humour que l'on vend parfois par paquet de quinze en se disant que ça fera encore un petit cadeau amusant et pas cher!

Même principe pour Les Zozios mais cette fois dans un format bd broché.

Deux zozios, s'ennuient ferme sur une branche et parle de tout et surtout de rien afin d'occuper leurs longues journées et parfois nuits.

Des visiteurs viennent parfois envahir leur territoire: Zieuty, une chouette insomniaque qui s'ennuie ferme aussi, un perroquet qui a l'idée bien saugrenue de nous seulement les squatter mais aussi d'avoir une conversation fort limitée composée de répétitions toutes bêtes, un escargot kamikaze, suicidaire ou téméraire, selon les points de vue, la chauve-sourie Lord Desmodus, une fée un tantinet territorialiste qui graffitie l'arbre de nos héros pour marquer son territoire, mais aussi une soucoupe volante qui vient enlevée leur copine la chouette, le père-noël qui met son grappin sur leur branche et des ballons qui ne vont que passer!

Les héros de Mathieu Coudray posent leurs regards acerbes et absurdes sur le monde qui les autour. A conseiller aux fans d'absurde et non aux enfant comme la couverture pourrait le suggérer.

Pour ma part j'avoue m' être intéressé à ces deux titres afin de découvrir une autre facette du travail de cet illustrateur que j'apprécie beaucoup.

Mathieu Coudray, Éditions Argemnios, mai 2010.

dimanche 9 mai 2010

Billet de joie express

Sapristi !
Ceci n'est pas une critique à proprement parler, mais juste l'expression intense de mon bonheur livresque du week-end : j'ai tenu un stand au Salon du Livre Libertaire ce samedi et ce dimanche, à l'espace d'animation des Blancs-Manteaux (et c'est chouette d'ailleurs, je vous le conseille ce salon) et j'avais omis d'emporter un livre pour m'occuper dans les creux de la journée. J'avais pas envie de lire un livre de gauchiste MAIS y'avait un stand super bien de livres d'occasions pas chers du tout avec plein de choses différentes. Et j'ai acheté "Merci, Jeeves" de Wodehouse, parce que j'en avais jamais jamais lu et que tout le monde dit que c'est bien.

Et bah c'est SUPER TROP BIEN en fait.

samedi 24 octobre 2009

Ma vie ratée d'Amélie Nothomb

Frédéric Huet a un gros problème: il n'arrive pas à être publié. Et pourtant il y consacre toute sa vie quitte à devoir toucher le RMI. Une question le taraude: doit-il ressembler aux "grandes figures de la littérature moderne actuelle" comme Amélie Nothomb, Anna Gavalda ou Catherine Millet pour percer en littérature?

L'auteur passe au crible tous les effets de manche qui marchent dans les best-seller actuels: raconter sa vie totalement désintéressant et sans style comme Amélie Nothomb, écrire des bluettes sans saveurs et fuir les interviews par des pirouettes stylistiques sous forme de sentences mielleuses comme Anna Gavalda ou décrire des ébats crus qui n'intéressent personne comme Catherine Millet. Il emploie tour à tour tous ces "styles" afin de prouver que lui aussi peut le faire quitte à décrire ses relations homosexuelles imaginaires avec Brian Joubert, est-ce d'ailleurs le choix idéal de "personnalité"? !
Il tire aussi à vue sur les principes commerciaux et moraux de certains éditeurs bien connus comme usines à best-sellers ainsi que sur le fonctionnement des médias!

Si on apprend rien de nouveaux, entant que professionnel, sur les personnalités qu'il fustige on pourra tout de fois s'amuser ouvertement de certains "phénomènes" dont on se demande comment ils peuvent encore fonctionner!
(Désolé pour le point de vue personnel: moi j'aime pas Amélie Nothomb donc forcément ce roman m'a fait rire ! )

Interview de l'auteur sur le site de l'éditeur
Bande annonce
Site officiel de l'auteur (voir les parodies de couvertures)

Frédéric Huet, Roman "autobiographique", Éditions Anabet, août 2009.

jeudi 16 juillet 2009

La Parodie d'Orgueil et préjudices avec des zombies sortira en octobre en France chez Flammarion !!!

Voici une de mes trouvailles lors de l'exploration du Livres Hebdo spéciale Rentrée Littéraire! La Parodie d' Orgueil et Préjudice de Jane Austen mais avec des zombies sortira en octobre chez Flammarion!

Une bonne occasion de redécouvrir ce classique... sous un nouveau jour! Ou de se venger de l'ennui subit à sa lecture!

http://bibliobs.nouvelobs.com/20090414/11933/jane-austen-en-version-zombie

mercredi 3 juin 2009

Le Dico des gros mots cachés dans les mots

Un dictionnaire ludique, et véritablement étymologique, né des remarques de la fille de 4 ans de l'auteure!
Edith explore et décortique les mots grivois qui se cachent derrière des mots à première vue fort innocents!
Un ouvrage récréatif à ne pas lire en une fois afin d'en préserver le charme uniquement disponible en contactant l'auteur car il s'agit d'une auto édition!

Des extraits à feuilleter sur le site de l'auteure.
http://libre-et-ris-editions.com/index1.html

Exemples:
Bitoniau
Bite au noyau
De l'argot bite du dérivé dialectique bitton d'après bouton-"bout" et de niau abréviation de "noyau".Protubérance clitoridienne qui permet d'actionner le mécanisme.

Chihuahua
Chie ouah ouah
De l'argot chier "emmerder" et de ouah ouah "aboyer". Petit chien de merde.

L'auteure en interview dans l'Edition spéciale de Canal+ (vidéo du 29 mai).

lundi 27 avril 2009

La Reine des lectrices

Un jour la Reine d'Angleterre a l'idée fort incongrue de se passionner pour la lecture en croisant par hasard le chemin du bibliobus!
S'intéressant au départ pour des références pas franchement littéraires, romans à l'eau de rose, ouvrages dont se sont débarrassés les gens en les donnant au bibliobus, elle harcèle ses conseillers afin de découvrir des domaines jusqu'à présent totalement inconnus pour elle. Mais cette nouvelle passion devient vite incompatible avec ses fonctions officielles car la durée des visites ou autres consultations officielles s'écourtent car elle préfère se plonger dans la lecture!

Un livre à l'humour décalé original , autant farce politique que réflexion sur le pouvoir de la lecture!

Alan Bennett, © Éditions Denoël, traduit de l'anglais par Pierre Ménard, 2009.

Extraits:

"-Comment l'avez-vous trouvé, Madame? demanda Mr Hutchings.
-Le livre de Dame Ivy? Un peu sec. Et tous les personnages s'expriment de la même façon, l'aviez-vous remarqué?
-A dire la vérité, Madame, je n'ai jamais pu dépasser les premières pages. Jusqu'où Votre Majesté est-elle allée?
-Oh, jusqu'au bout. Une fois que je commence un livre, je le termine. C'est ainsi qu'on était élevé jadis: qu'il s'agisse des livres, des tartines beurrées ou de la purée de pommes de terre, il fallait toujours finir ce qu'il y avait dans son assiette. Ma philosophie n'a jamais varié sur ce point."

"-Vous vous rappelez ce que je vous avais dis-que vous étiez mon tabellion particulier? Eh bien, je viens de découvrir le terme qui me correspond: je suis une opsimath, comme on dit dans la langue de Shakespeare.
Norman consulta le dictionnaire, toujours à portée de main: "Opsimath: qui apprend sur le tard, à la fin de sa vie"."

lundi 20 avril 2009

Les Brutes, Philippe Jaenada

Voici un auteur que j’ai découvert d’une façon pour la moins originale !
Alors que je me trouvais en pleine séance de dédicaces en librairie pour la promotion de mon premier roman, une jeune femme viens directement me voir pour se faire dédicacer un exemplaire (Ruth si vous lisez ce post, j’espère que le livre vous a plu…) et me dit, durant la petite discussion qui suit, que le style de mon roman lui rappelle celui de P.Jaenada dans ses traits les plus distinctifs, digressions et distorsions des situations jusqu’à l’absurde (elle avait auparavant lu le début de mon livre sur internet, et connaissait la date de la séance de dédicaces grâce à un article passé dans le journal local). Intrigué et enchanté d’être comparé à un auteur si bien installé, ni une ni une je demande à mon libraire préféré de me pourvoir en livres de cet auteur. Je suis donc ressorti de cette séance de dédicaces avec le sourire aux lèvres, l’âme légère, les joues roses sans oublier un exemplaire de Les Brutes, puis un autre de Plage de Manaccora, 16h30. A l’époque j’étais à la moitié de la lecture de La Conspiration Darwin dont j’ai fait la critique il ya quelques jours (ma première), je me suis donc précipité pour le finir afin d’entamer « Les Brutes » au plus vite.
Maintenant le livre. Alors je commence par vous dire que si, comme moi, vous lisez dans les transports et que vous avez plus d'une heure de trajet, re comme moi, je vous conseille très fortement de vous munir d’un autre livre tant celui-ci est court (90 pages environ avec de nombreux dessins, excellents au demeurant), au risque de vous voir obliger de savourer la froide ambiance hagarde et impersonnelle des transports en commun sans la rassurante protection d’un bon bouquin.
Les brutes, c’est l’histoire du héros antihéros par excellence qui refuse d’aller au service militaire. L’histoire est narrée à la première personne et l’auteur s’est armé de quintaux entiers d’autodérision afin de nous raconter comment et pourquoi il a refusé de partir au service.
Plus qu’un pamphlet anti militariste ou une satire du monde militaire ce livre est une parabole sur le refus d’une autorité institutionnelle, que tout le système nous impose, simplement armé de toute l’incohérence inoffensive d’un monsieur tout le monde de 25 ans. Et en cela c’est excellent. L’auteur a su comprendre et mettre en lumière les pensées absurdes et profondément humaines que chacun d’entre nous a éprouvé devant une « brute » voulant nous plier à son autorité tout en trouvant inconcevable la moindre résistance. Car les brutes sont partout, et sévissent à tous les moments de la vie. Quand ce n’est pas le service militaire c’est l’école, le mariage, le divorce, enfin bref tout ce qui a un potentiel de nuisance supérieur à zéro. Les brutes c’est donc l’histoire de lui, de nous, de n’importe qui, qui dit « non » et qui est prêt à tout ou presque pour tenir sa position, si fragile et ridicule soit-elle.
Le plus brillant à mon avis dans ce livre est que l’auteur a réellement réussi à capter la personnalité hésitante, pas très sur d’elle et légèrement mal dans sa peau, que la plupart d’entre nous ont à ce moment de la vie (mais bien sur en faisant les coqs devant le reste du monde). Brillamment écris avec un vrai sens du rythme et un humour corrosif basé sur une observation sans faille de l’être humain, ce livre est hyper agréable et on se surprend à y repenser quelques jours après. Et pour moi c’est le critère principal qui fait un bon livre (jamais je n’ai repensé à Marc Levy autrement que pour me dire « Mais par quelle inavouable tour de magie a-t-il réussi à ce faire éditer par R. Laffont ?? »).
Pour en revenir au commentaire fait par la jeune Ruth durant la dédicace, je la remercie fort bas. Me comparer à cet auteur était très flatteur (pour moi). Il est vrai qu’il utilise les digressions et l’absurde, et je me suis fait également plaisir en début de lecture avec une petite période «Ouaaah, lui aussi à sorti sont premier roman vers 30 ans, lui aussi se moque de lui-même et fait plein de digressions ! Et lui aussi fait du basket !», il a un style très abouti que je me délecte de découvrir d’avantage dans ses autres livres. Il a une maîtrise, une richesse et une aisance que je rêverai d’approcher « quand je serais grand ».

Les Brutes, Philippe Jaenada, édité chez points

mercredi 1 avril 2009

Moi vivant, vous n'aurez jamais de pauses ou comment j'ai cru devenir libraire

Leslie Plée, après un diplôme à l'école Estienne et une formation en librairie décroche son premier emploi à Rennes dans une grande surface de produits culturels.

Au début très motivée, elle a déménagée pour son copain, a trouvé un appartement et maintenant un vrai travail culturel! elle sera bientôt broyée par le management des grandes surfaces "modernes" et démissionnera en 2007 pour se consacrer au dessin. Elle commence par le bas de l'échelle: deux mois dans un entrepôt à réceptionner et étiqueter les produits et la découverte d'une équipe avec laquelle elle n'a pas forcément de point commun, sa formation sur le tas, c'est à dire devant les premiers clients, du logiciel de commande, comment répondre à un client perdu ou casse pieds, comment associer envie de faire découvrir des titres aux clients tout en restant en accord avec la ligne marketing de l'enseigne, le rythme infernal de Noël, les clients à gérer seule car les autres employés sont malades et enfin les retours et les références à finalement recommander!

Une bd qui permettra aux clients et/ou aux futurs libraires de découvrir le métier de manière humoristique mais tellement vrai, surtout quand on a travaillé dans ce genre d'entreprise!

Leslie Plée, Éditions Jean-Claude Gawsewitch, mars 2009.

Blog de l'auteure

Tout est sous contrôle

Afin de profiter du phénomène de mode autour de la série Docteur House Sonatine publie le polar humoristique de Hugh Laurie, son interprète fétiche, publié en Angleterre en 1996.

On suit avec jubilation un ancien militaire d'élite, n'ayant pas grand chose à perdre, se voit proposer 100 000 dollars pour tuer un riche homme d'affaire londonien. Non seulement il a l'indécence de refuser ce contrat mais il tente de plus de prévenir la future victime! Ce n'est que le début d'une aventure rocambolesque qui emmènera notre héros dans une affaire d'espionnage à laquelle il ne comprend pas grand chose! On croise la fille de la future victime fort sexy et un peu pommée, un groupe terroriste nommé " La Glaive de la Justice" manipulée par... (non je ne vous le dirais pas c'est pas gentil de raconter la fin!) dont le but est de prouver l'efficacité d'une arme afin de bien mieux la vendre à différents gouvernements!

Notre héros, pas très motivé, se laisse entrainé dans une affaire dont les enjeux lui échappent complètement! Les fans de la série retrouveront l'humour bien particulier de Hugh Laurie. On se demande d'ailleurs par moment si l'intérêt de ce polar ne repose pas sur ce regard distancé et cynique!

Hugh Laurie, traduit de l'anglais par Jean-Luc Piningre, Éditions Sonatine, janvier 2009.

Extraits:
" Pots et brosses éparpillés sur la coiffeuse. Crème pour le visage, crème pour les mains, crème pour le nez, crème pour les yeux. Serait-ce vraiment grave, en rentrant soûl, de se mettre sur les mains celle du visage, ou vice versa?
Les tiroirs de la coiffeuse complétaient l'éventail: tous les outils et lubrifiants garantissant une bonne tenue de route à une femme formule 1 moderne. Mais strictement pas de dossier.


"On m'a conduit dans une pièce. Rouge. Tapisserie rouge, rideaux rouges, moquette rouge. Ils parlaient d'un salon, mais je ne vois pas pourquoi il aurait fallu se contenter d'y tenir salon. Oui, on pouvait se réunir pour discuter là-dedans; mais aussi monter des opéras, organiser des courses cyclistes, jouer des parties de frisbee d'enfer, le tout en même temps et sans bouger les meubles."

lundi 30 mars 2009

La fabrication du consentement ; ou ce qui ne suinte pas de votre télévision


Publié en 2008 chez Agone, voici l'édition revue et augmentée de La fabrication du consentement, ouvrage de Noam Chomsky et d'Edward Herman initialement paru en 1988 aux Etats Unis.

Vous trouverez dans ce livre une analyse très détaillée (citant ses sources, ce qui n'est pas toujours le cas sur ce type de sujet) d'un modèle de propagande actuel. A travers l'examen du système médiatique américain, les auteurs tentent de démontrer de quelles manières, le pouvoir et l'argent arrivent à sélectionner et à filtrer l'information qui nous parvient.

Loin de l'habituelle théorie du complot (où tout repose sur des témoignages de prétendus experts qui n'ont, à mon sens, pas d'avantage de crédibilité que les personnes et les faits qu'ils incriminent), ce livre analyse la couverture médiatique qu'ont eu certains événements historiques en les comparant et en les remettant dans le contexte politique de l'époque.

Il ne s'agit pas de dire "On nous cache la vérité", mais d'essayer de mieux comprendre comment est construit et fonctionne le monde des médias aujourd'hui aux Etats-Unis. (Mais en Europe heureusement ça n'a rien à voir ; c'est la transparence la plus totale, l'intégrité et la liberté à l'état pur, et à tous les niveaux... Ouf !).

La fabrication du consentement - Noam Chomsky & Edward Herman - Agone - 2008 - 28€ - 9782748900729

dimanche 22 mars 2009

The Three Amigos: L'Inconsciencieux de William Blondel

L'inconsciencieux, ce mot n'est pas dans le dictionnaire. Ah bon? Je croyais. C'est un mot-valise oxymoré. Hein? L'amalgame de deux mots aux significations opposées (inconscient et consciencieux), constituant ainsi un troisième mot qui n'est pas reconnu mais, la réalité étant plus complexe qu'une liste de définitions, oh et puis vous connaissez la license poétique, hein? Mais l'histoire?
Jinn approche inexorablement de la trentaine et envisage difficilement un avenir radieux et prospère. D'autant plus qu'à peine est-il embauché à Consultant Plus, une boîte informatique comme il en existe des centaines, que le patron se tire avec la caisse.
Alors quoi de mieux à faire que de partir en voiture à Barcelone avec deux bons potes, Ford et Jester, qui eux aussi ne roulent pas sur l'or mais avec qui Jinn est sûr de passer du bon temps? Mais très vite un auto-stoppeur, dont je ne révèlerai pas ici l'identité, leur vole la voiture, et les voici donc à chercher du boulot sur place pour pouvoir payer un billet retour à Paris. Mais la suite réserve d'autres surprises comme une certaine Susan Twiddeuleupwiddle...

Ce premier roman regorge de situations burlesques, d'un humour omniprésent (un peu trop parfois?) fait de lapalissades et de notes de bas de page. D'ailleurs, William Blondel ne cache pas son engouement pour ce procédé à la Pratchett, une de ses influences avec Douglas Adams, mais sans toutefois s'approcher une seule fois des genres où s'illustrent ces deux auteurs.
Avec leurs personnages simples et attachants, les 387 pages de L'Inconsciencieux se lisent le coeur léger et le sourire aux lèvres.

Dommage que ce roman soit condamné à une diffusion trop limitée et une couverture minimaliste. Edilivre n'éditant qu'à la commande et sans faculté de retour, vous ne tomberez dessus en librairie que par un miraculeux hasard (commande client non réclamée ou libraire passionné et prenant des risques, les deux arrivent à une fréquence plus élevée qu'on le croit, quoique...).

Mais, j'oubliais, William Blondel ne serait pas en dédicace à La Cabane à Livres , le samedi 28 mars à partir de 11h? Bah puisque je vous le dis, je le sais de source sûre.
La Cabane à Livres est au 75 avenue Pierre Larousse à Malakoff. Pour tout renseignement: 01 46 55 41 99 ou lacabanealivres@orange.fr.

L'Inconsciencieux, William Blondel, Aparis Edilivre, 21€.

vendredi 20 mars 2009

Tralaland - Libon


Déjà auteur de deux tomes de Jacques le petit lézard (lisez, c'est plus drôle que Tintin), Libon est un auteur-dessinateur de qualité qui ne se commet que trop rarement à sortir un album.
Véritable bouffée de rire et de tendresse, Tralaland (Bayard BD) nous raconte l'histoire d'un petit garçon qui disparaît soudainement de son jardin alors qu'il jouait aux pirates avec ses copains. Il se retrouve bizarrement téléporté à Tralaland, le monde joyeux des fleurs qui chantent, des loups gentils, des professeurs sans tête, des avions qui roulent et des insectes qui font des écharpes.
Le dessin expressif et chaleureux de Libon colle à merveille à cette très drôle et très belle série d'histoires qui ravira petits et grands.
Car on ne le dit jamais assez, bande de moule-à-gaufres : les adultes doivent aussi lire des livres pour enfants, nom d'une pipe en bois.

jeudi 5 mars 2009

La Guerre contre les mormons est déclarée!

Franciska démissionne un beau jour de son travail, elle ne précisera jamais ni le nom de son entreprise ni celui de son employeur mais décrit des relations plus qu'orageuses! Les galères commencent alors: expliquer à des conseillères pas vraiment coopératives des Assédics le pourquoi du comment, "ses projets professionnels", essayer de toucher le RMI (retard, dossier, critères d'attribution), ressoudre ses problèmes bancaires, les relations avec sa propriétaire (récupération de la caution) sans compter sa vie affective!

Afin de tenir le choc elle décide de tenir un blog pendant deux mois, en novembre 2004, afin d'y exprimer ses frustrations, ses coups de gueule et ses moments d'espoir et de désespoir! Ce court livre reprend fidèlement son blog au style très proche de Virginie Despentes en plus fun et déchanté et nous entraine dans une aventure narrant les imbrouglios administratifs, financiers et affectifs à laquelle pourront s'identifier tous ceux qui on eu un jour à faire à l'imcompréhension d'une conseillère Assédic, d'un banquier ou à une histoire d'amour compliquée!

Extraits:
"A part ça rien de très bandant aujourd'hui j'ai rendez-vous à 16h00 à l'ANPE pour heu pour faire quoi déjà?... Du pipeau, oui c'est ça je vais à l'ANPE afin d'interpréter une Symphonie en Ré majeur de pipeau du Pérou et je ne suis pas peu fière."
"Alors là c'est trop con ça suffit vraiment de me prendre pour une conne. Ca y est mes pulsions de tueuse en série reprennent le dessus, je vais me taper une agence Assedic les prendre en otages j'vais braquer la DDASS j'vais m'en faire un putain j'vais m'en faire un."
"J'ai des projets d'Avenir à savoir que va-t-il se passer demain? (Jusqu'alors j'en étais à l'heure suivante...)."

Franciska, Editions du Sichuan, mai 2008.

Distribution: http://www.horscircuits.com/boutique/
Voir aussi Association Célia Bleue

jeudi 4 décembre 2008

Les mots des riches, les mots des pauvres

L'auteur de la Grammaire française et impertinente propose un dictionnaire bilingue à contre courant du politiquement correct!

A partir d'exemples loquasses il décrypte les hypocrisies du langage moderne.
Chaque chapitre est l'analyse d'une réciproque en "riche" en "pauvre".
Un manuel d'ironie essentiel pour égayer les fêtes de fin d'années!

Exemples:

Cahiers du cinéma se dit Télé Z
Nouveau-né se dit nouveau pauvre
Tahiti se dit Palavas-les-Flots

Jean-Louis Fournier, LDP, 2006.

dimanche 14 septembre 2008

l'Irlande dans un verre

Un énième récit de voyage sur la côte ouest de l'Irlande? oui mais..
L'auteur a un pied dans son pays: c'est un Mc Carthy! Il bourlingue dans les pubs homonymes les plus crasseux, d'une pinte de stout à une autre, philosophant sur "l'état" d'Irlandais. Grand routard, il se lance au bonhomme la chance, fréquente des coins paumés, rencontre des habitants loin des stéréotypes de cartes postales et fais face à des situations on-ne-peut-plus cocasses!

Un pur moment de lecture jubilatoire, une vision inédite de l'Ile Verte qui mérite de trôner dans toutes les bibliothèques!

Ne loupez pas le passage sur les anglais hippies de Dunmanway que j'ai beaucoup aimé, l'auteur les définis finalement de si belle manière:
Ils m'impressionnent, ces gens que je viens de rencontrer. Par la forte conscience qu'ils ont de leurs droits, la façon dont ils ont pris en main leur existence.

"L"Irlande dans un verre", Pete McCarthy, Hoebeke, 23€50

Sans transitions, j'en profite pour glisser une perle de libraire en cette période de rentrée scolaire; on m'a demandé à plusieurs reprise "le béchamel de conjugaison".. si c'est pas mignon :-)

lundi 8 septembre 2008

Shake your booty

Ed Topliss écrit des romans pornos, un par mois, sa production est réglée comme du papier à musique. Ce mois ci il doit écrire son 29ème chef d'oeuvre, seulement cette fois-ci l'inspiration ne lui vient pas. Il a pourtant tout un tas d'astuces, de méthodes pour lui faciliter la construction de ses romans, mais là rien à faire...

Ed ne cesse de recommencer ce maudit premier chapitre, en vain. Son ami Rod l'avait pourtant prévenu : « Personne ne peut écrire ce genre de merde ad vitam aeternam ».

Rare sont les auteurs qui m'ont fait rire aux larmes, Westlake est de ceux là. Ses romans sont sans prétention, les thèmes abordés sont simples, ou plutôt cruciaux, souvent touchants, en tous cas c'est tout sauf creux.

Le seul problème, c'est qu'après on a du mal à lire autre chose !

Adios Schéhérazade - Donald Wetlake - Rivages noir - 9782743616939 - 6.95€

dimanche 17 août 2008

Substantifique


On peut lire en haut à droite de la couverture cette parodie d'encart publicitaire: "J'étais chauve... et je le suis encore, grâce aux pastilles de menthe".

Voilà une des multiples raisons pour laquelle cette intégrale de L'Os à Moëlle, journal hebdomadaire créé par Pierre Dac en 1938, me paraît intemporelle autant qu'indispensable et réciproquement.

Vous trouverez réunies les 109 parutions de cet "organe officiel des Loufoques" avec une petite introduction à chaque numéros rappelant le contexte historique.

Le but premier de ce journal était bien sûr d'amuser, et Pierre Dac et ses acolytes (Jacques Allahune, G.K.W. Van Den Paraboum...) ne consentaient à dériver parfois dans la satire politique uniquement parce la situation mondiale se détériorait au fil des mois.

Certaines rubriques, restées fameuses, se trouvent à l'origine d'idées exploitées par nos comiques d'aujourd'hui, notamment celle des fausses petites annonces. On peut aussi y trouver des éditos tellement tortueux qu'on les croirait écrits d'un seul jet (ce qui ne serait pas étonnant vu la capacité d'archimage qu'avait Pierre Dac d'improviser sur scène), de faux reportages et des conseils de vie pratique détournés. Toutes ces gourmandises pour l'esprit se picorent une à une quand on a quelques minutes de libre entre deux occupations plus futiles.

S'il fallait situer Pierre Dac dans la tradition de l'humour français, je lui donnerais une place, très grossièrement mais chronologiquement ça tient, entre Alphonse Allais et Le Petit Rapporteur. Je suis le seul que ça engage.

L'Os à Moëlle, Pierre Dac, Omnibus (28 euros)

vendredi 15 août 2008

Lettres de non-motivation

Ici, vos talents prennent vie. Venez rejoindre une équipe qui gagne. Vous aimez les gens. Rejoignez le challenge d'un authentique développement humain. Vous êtes ambitieux. Faites bouger votre carrière. Compétiteur né, vous avez l'esprit d'équipe. Vous êtes autonome. Vous êtes polyvalent. Goûtez la différence. Vous êtes disponible. C'est le moment de prendre votre avenir en main. Vous êtes sérieux. Vous aimez la polyvalence. Vous êtes tenace. Distinguez-vous par votre sens du service. Vous vivez vos ambitions. Faites grandir tous vos talents. Vous avez le sens du contact. Rejoignez une équipe dynamique. Vous êtes enthousiaste. Vous allez augmenter votre pouvoir d'agir. Vous avez vraiment envie de rejoindre une équipe dynamique. Vous êtes créatif.

Voilà, comme certains vous devez vous vendre sur le marché de l'emploi. Un parcours du combattant avec une centaine de concurrents et trois entretiens pour un CDD payé au SMIC, par exemple (comment ça ça sent le vécu? :x), des questions déstabilisantes afin de cerner votre profil psychologique, mais avant tout cela, vient l'étape du fameux envoi CV+ lettre de motivation!

C'est là que le livre "lettres de non-motivation" prend tout son sens. Enfin! on rit du ridicule de ce cirque, de cette course après les fins de mois faciles!

Je vous explique le concept: une annonce classique du journal:


S'en suit l'envoi à l'employeur d'une lettre de non-motivation à la rhétorique imparable (cliquez sur le lien pour exemple):


Puis dans l'attente d'une réponse, la plus souvent classique (parfois plus personnelle):


L'auteur du livre: Julien Prévieux, artiste au chômage, a envoyé plus de 1000 lettres de non-motivation. Le livre en recueille un panel représentatif, avec dans une 1ère partie les lettres avec réponses, dans l'autre celles qui n'en ont jamais reçues.

Souvent tordantes, mettant à nu l'illogisme et la froideur d'un système, les lettres de non-motivation sont un contrepied aux mauvaises nouvelles fatidiques. En tout cas, un excellent défouloir à lire et à relire!

Et pour ceux qui travaillent aujourd'hui ou demain, j'ai envie de citer un bonhomme assez connu pour sa verve (surtout dans les écoles):

Devant la porte de l'usine
le travailleur soudain s'arrête
le beau temps l'a tiré par la veste
et comme il se retourne
et regarde le soleil
tout rouge tout rond
souriant dans son ciel de plomb
il cligne de l'œil
familièrement
Dis donc camarade Soleil
tu ne trouves pas
que c'est plutôt con
de donner une journée pareille
à un patron ?
@Prévert

- Comment ça j'ai l'air de vouloir me mettre à mon compte? :<>

mercredi 13 août 2008

J'insulte dans toutes les langues

A l'heure des programmes Erasmus, voyages d'étudiants en Europe, il y a quelques mots de base à connaitre!
Pour apprendre les mots que vous ne apprendrez jamais dans les dictionnaires ou en cours et qui sont pourtant très utiles!

Autre titre disponible: Je drague dans toutes les langues

Louis Jouve, Studyrama, juin 2008.

dimanche 27 juillet 2008

A year in the merde

They do eat a lot of cheese, some of which smells like pigs’ droppings. They don’t wash their armpits with garlic soap. Going on strike really is the second national participation sport after pétanque. And, yes, they do use suppositories.

A year in the merde, premier roman de l'anglais Stephen Clarke, raconte les péripéties de Paul West, un jeune brit amené à travailler pour un an dans la capitale. Paris et tout ses clichés, assaisonné d'un humour à l'anglaise décapant ça nous donne la base d'un best seller.

Quelques mauvais points tout de même: le roman prend au fur et à mesure la forme d'une romance sur fond de guérilla politique dont on pourrait se passer. Ecrit pendant la période houleuse de la guerre en Irak les histoires de pris-à-parti enlèvent toute la légèreté du livre. Finalement Paul West, notre héros, pense beaucoup avec le dessous de la ceinture et à la longue ça devient lassant.

On saluera quand même la répartie de Paul, son humour décoiffant et son regard gentiment moqueur sur la France; assez facile dans sa version anglaise, ce livre dérouille les zygomatiques les soirs de pluie.