"Rana Toad", ça se mange?

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mardi 16 novembre 2010

Le Trash Pack


Le Trash Pack se compose de 3 ouvrages détaillés ci-dessous :

-les poubelles pleurent aussi
-les poubelles pleurent toujours
-le guide de la poubelle galactique



-Les poubelles pleurent aussi :
Lorsque l'on saisit ce livre pour la première fois on a l'impression de tomber sur un ouvrage enfantin. Dessin humoristique à base de traits épais, histoire rigolote -si l'on s'en tient au quart de couverture- et grosses ficelles scénaristiques perceptibles par tous -de toute évidence à dessein-.

La lecture commence et on a l'impression de tomber sur un morceau de "kloug" autrement dit "c'est bon, c'est fin, ça se mange sans faim" mais cela a tendance à rester sur l'estomac sans savoir pourquoi ... Peut-être est-ce à cause du fait qu'il a fallu 35 pages sur la cinquantaine pour mettre en place et impliquer tous les acteurs ? Peut-être est-ce du au prix de l'ouvrage quand on le compare avec le temps de lecture qu'il procure ? Est-ce du au fait que le premier sentiment de ridicule s'est estompé au fur et à mesure pour céder la place à une intrigue sérieuse et bien plus captivante mais que l'on ne peut le réaliser que lorsque l'on referme, bien trop vite, cet ouvrage. Je ne saurais dire mais ce dont je suis certain, c'est que l'abondance des multiples références franco-françaises cinématographiques ou télévisuelles y contribue amplement. On y retrouve de tout (Mars Attacks, Dark City, Les chroniques du disque-monde, ...) pour notre plus grand plaisir à tous.

Heureusement que la suite est déjà sortie ;)

- Les poubelles pleurent toujours
Frustré par la faible épaisseur du premier ouvrage je me précipite sur cette suite et retrouve avec plaisir ces personnages que l'on a appris à apprécier finalement. Malheureusement l'épaisseur de celui-ci ne fait rien pour contribuer à effacer ce sentiment.
Les références y sont encore plus nombreuses (Tryo , Dr Who , Pratchett et encore Dr Who) et c'est un régal pour les fans de ces œuvres -dont je fais partie ^-^ -, l'histoire agréablement complétée et l'intrigue enfin enrichie. Plus de temps mort pour présenter les personnages on peut plonger directement au cœur du récit pour découvrir enfin ce qui attend nos héros et leurs compagnons coprophages. La diversité des espèces présentées contribue à apporter cette touche d'exotisme nécessaire à toute évasion bibliographique et on prend à nouveau plaisir à découvrir ce nouvel univers aux forts accents "Monthy Pythonnesques".

- Le guide de la poubelle galactique
Bon apparemment ce guide est plus un sketchbook retraçant les différentes étapes de réflexion qui ont conduit à la création des formes de vie qui peuplent cet univers onirique. Pourquoi pas ? Cela peut être fort à-propos.
Le papier est épais et brillant, les races exhaustivement représentées, les illustrations colorées et vivantes. Que diable n'ont-elles pas été incluses dans les précédents ouvrages ? On trouve là une œuvre dynamique qui enrichit énormément l'univers mis en place auparavant, on retrouve même quelques références quoique plus discrètes cette fois.
Pas vraiment un roman, pas vraiment une BD mais un bon complément au délire de l'auteur. On regrette amèrement de n'avoir pu trouver ces pièces dans les premiers romans.


Au final une conclusion mitigée :

Les ouvrages pris séparément sont chers, courts -beaucoup trop- et peuvent laisser un sentiment de négligence du lecteur par l'auteur. Mais si on se saisit du trash pack au complet on obtient une œuvre bien plus complète, plus abordable et beaucoup, mais alors vraiment beaucoup, moins frustrante tant les références directes sont jouissives, n'ayant pas eu à subir les outrages d'une traduction parfois loin d'être au niveau comme c'est le cas avec certains auteurs étrangers, et le monde si délirant qu'on plongerait volontiers plus longuement dedans. Je le conseille à tous les amateurs de sf qui s'esclafferont en retrouvant des références à leurs œuvres favorites sachant qu'il ne doive pas négliger non plus le sentiment qui peut les saisir après comme avec un dessert fabuleux mais si vite avalé qu'on souhaiterait le savourer plus longuement.

Enjoy.

Le Trash Pack - Guillaume Suzanne/Zariel (illustrations) - 09/2008 - Éditions griffe d'encre

mercredi 28 juillet 2010

Dracula, mon amour - Syrie James


Je l’avoue, le titre du livre rebute un peu. Il est vrai qu’on pourrait s’attendre à une harlequinade, une histoire d’amour à la Twilight

, quelque peu sirupeuse. Et j’avoue, je me suis laissée tenter. En partie grâce à la très belle couverture du livre, comme le sont la plupart des couvertures de la collection Black Moon. Et j’ai bien fait, car ce livre est une très bonne surprise.

Il s’agit d’une version revisitée du Dracula de Bram Stoker, à la différence près que nous avons le point de vue de Mina Harker. S’attaquer à ce mythe était un pari audacieux de la part de Syrie James, et on ne peut qu’admettre qu’elle s’en est sortie avec brio.

Sept ans ont passé depuis les évènements qui ont opposé Mina et ses compagnons au Comte Dracula. Mina, rongée par la culpabilité, décide de réécrire le journal qu’elle tenait à l’époque, en y ajoutant tout ce qu’elle avait voulu cacher à ses compagnons et à son mari ; la relation passionnelle, ambigüe et inavouable qu’elle a entretenue avec Dracula.

L’histoire commence avec l’arrivée de Mina à Whitby, où elle va passer quelques jours en compagnie chez son amie Lucy. Pendant ce temps, son fiancé Jonathan, jeune notaire, va en Transylvanie afin de régler une affaire chez le Comte Dracula. Cependant, Jonathan s’éternise, et ne donne pas de nouvelles pendant plusieurs semaines. Bien qu’inquiète, Mina ne peut qu’attendre patiemment. A Whitby, elle fait la connaissance de M. Wagner, un gentleman aussi ténébreux que charismatique dont elle va peu à peu tomber amoureuse. Malgré son sentiment de culpabilité lié de tromper son fiancé, Mina se laisse séduire. Cependant, autour d’elle, les évènements inexpliqués se multiplient, des individus meurent brusquement et Lucy tombe mystérieusement malade. Mina aperçoit régulièrement une étrange silhouette sombre aux yeux rouges roder alentours. C’est alors que Mina reçoit une lettre d’un hôpital Budapest qui l’avertit que Jonathan s’y trouve, malade et délirant à propos de créatures démoniaques…

J’arrête ici mon résumé, afin de ne pas vous gâcher le plaisir de la lecture. Dans l’ensemble, ce livre est très fidèle à la version de Bram Stoker. L’histoire n’est pas dénaturée, et les éléments qui sont ajoutés sont tout à fait crédibles. Le récit est bien écrit, mature, et les personnages sont adultes. A aucun moment on ne tombe dans la mièvrerie. (Qu’on pouvait attendre avec un titre comme celui là) On retrouve une héroïne plutôt moderne, intelligente, dotée d’un fort caractère, et donc le comportement ne m’a pas déçue. (ce qui peut être le cas dans les romans ados dont les personnages sont parfois trop gentillets).

J’ai été mi-figue mi raisin à propos de Dracula, dont le personnage est certes, ensorcelant, et séducteur à souhait, mais un peu trop lisse. Mais on comprend plus tard que le personnage est plus complexe que cela, et qu’il cache volontairement certaines facettes sombres et malsaines de sa personnalité afin de conquérir Mina. Facettes maléfiques qui se révèleront pleinement à la fin du livre. Enfin, un vampire digne de ce nom! ^^

Je conseillerais toutefois cette lecture aux grands ados, car le récit est tout de même assez sombre, et les allusions sexuelles, relatives aux morsures de Dracula sont fréquentes. (Ah, l’éternel Eros et Thanatos)

En bref, une belle réussite que je vous conseille, qui donne envie de (re)découvrir l’original de Bram Stoker ainsi que le film de Coppola.


Dracula, mon amour – Syrie James – Hachette – Coll. Black Moon - Juin 2010 – 18 €