"Rana Toad", ça se mange?

Nous sommes libraires de divers horizons, bibliovoraces friands de découvertes, ici pour partager!
Affichage des articles triés par pertinence pour la requête Charlotte Bousquet. Trier par date Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par pertinence pour la requête Charlotte Bousquet. Trier par date Afficher tous les articles

samedi 2 janvier 2010

Plumes de chats

Il s’agit d’une anthologie de nouvelles fantastiques entièrement dédiées aux chats ! Dirigée par Charlotte Bousquet, cette anthologie voit ses droits reversés à l’association Sauve, qui s’occupe de chats abandonnés, maltraités, torturés ou destinés à l’euthanasie. Douze très chouettes nouvelles dans lesquelles le mystère, toujours, se tisse autour de nos compagnons félidés. Cyril Carau, Lucie Chenu, Sophie Dabat, Eric Gilard, Philippe Halvick, Thomas Hervet, Sandy Julien, Jess Kaan, Emmanuelle Maïa, Menolly, Sylvie Miller, Philippe Ward et Estelle Valls de Gomis ; autant de plumes amoureuses des chats qui nous narrent des histoires tour à tour drôles et émouvantes.
M’ont particulièrement plu : « N’est pacha qui veut », coécrit par Sylvie Miller et Philippe Ward, mettant en scène un drôle de détective ayant pour mission de retrouver le chat de la déesse Sekhmet, très drôle et divertissant. « Passeur de vie » de Sophie Dabat, basé sur un fait réel, à savoir l’existence d’un chat aux Etats-Unis, capable de sentir la mort venir prendre des patients d'un centre. Aussi, le talent de conteuse d’Estelle Valls de Gomis est apprécié dans sa nouvelle « Trépassez devant, je vous suie… », qui nous conte l’histoire d’un gentil petit chat victime d’un individu plein de haine envers la gente féline. Mais la vengeance n’est pas loin…
Notons aussi l'élégante couverture signée Fabien Fernandez.

Anthologie proposée par Charlotte Bousquet, Black Coat Press, Rivière Blanche, 2009, 188 pages, 17€

vendredi 6 mars 2009

Lettres aux ténèbres

C’est un petit roman suivi de 3 nouvelles tous sur le thème du vampire. Le point fort du recueil est l’originalité utilisée pour aborder ce thème si souvent traité : Charlotte Bousquet nous invite à suivre 2 vampires, Lazzo et Ambre, dans leur quête d’eux-mêmes. Qui sont-ils au-delà de bêtes assoiffées de sang ? Ont-ils perdus leur essence au fil du temps qui passe ? Mais ces questionnements s’adressent aussi à nous, lecteurs: qui sont ces reflets de nous-mêmes que l’on voit dans le regard des autres ? Ne sommes-nous que ce que les autres veulent que l’on soit ? Une quête de l’identité qui pousse nos 2 héros à aller au fond d’eux-mêmes et de leurs sentiments.
Viennent ensuite 2 nouvelles intéressantes et distrayantes qui toujours nous emmènent dans le monde intérieur de héros vampires : solitude, amour, confiance, autant de sentiments qui nous posent toujours la même question : doit-on croire en l’autre, peut-on « partager » ?
Et pour clore le recueil, une novella intelligente dans laquelle François Villon, vampire, resurgit à notre époque à la recherche de son passé. Une lecture passionnante qui nous fait découvrir la vie du poète à travers une trame intelligemment élaborée.
Passionnante, certes, mais à la fin de ces lectures, il reste un regret, quelque chose de non achevé, comme si Charlotte Bousquet n’allait pas jusqu’au bout, comme si ses histoires auraient du se terminer autrement. Mais ceci est totalement subjectif et peut-être trouverez-vous votre compte dans ce recueil tout de même de très bon cru.

Charlotte Bousquet, Le Calepin Jaune Editions, 2008

dimanche 28 novembre 2010

Llorona On The Rocks

Voici le dernier roman de Charlotte Bousquet aux éditions Argemmios.

Résumé de l'éditeur:

" « Les fées, c’est comme la Vierge de Guadalupe, j’ai cessé d’y croire à dix ans. Quand j’ai tué pour la première fois. »
À Ciudad Juárez, des femmes sont assassinées. Pour le sexe. Pour le fun. Pour leurs organes, aussi. La routine. Sauf qu’une inconnue voilée de blanc apparaît, à chaque fois, près des cadavres. La Llorona. En pleine guerre des cartels, les Feds ont autre chose à faire que courir après une légende. Alors, ils ont fait appel à moi, Eva Vargas, la meilleure tueuse à gages et spirite du Mexique. Mais entre les fantômes du passé, les narcos et mon fichu cœur d’artichaut, il va falloir autre chose qu’un tequila blanco pour y arriver sans me brûler les ailes…"

Charlotte Bousquet aurait pu se contenter de faire un énième roman sur les méfaits des narcos et la proximité de la frontière avec les États-unis et l'immigration clandestine qu'elle engendre mais elle préfère se concentrer sur les nombreuses morts suspectes de femmes autour de la ville de Ciudad Juárez.
Fidèle à son goût pour les mythes elle explore cette fois celui de la Llorona : un fantôme de femme, vêtu de blanc et dont le visage est recouvert d'un voile, qui erre la nuit en pleurant. La tueuse à gage et spirite Eva Vargas aura bien des difficultés à réunir des indices entre la loi du silence et les superstitions locales.

Si, je dois l'avouer, ce roman n'est pas mon préféré de l'auteur, j'ai préféré Au Miroir des sphinx chez le même éditeur, cette histoire m'aura au moins permis de découvrir un mythe que je ne connaissais pas, certains mots de vocabulaires et un peu de mythologie aztèque. Car il faut bien reconnaître à l'auteure le mérite d'avoir voulu plonger le lecteur dans l'ambiance de cette ville mexicaine en respectant autant le vocabulaire quotidien que celui des superstitions. Un glossaire très instructif est proposé en bonus en fin de volume.

Autres bonus proposés:

- 3 recettes de cocktails à déguster pour accompagner la lecture
-une liste de morceaux à écouter (certains extraits sont cités dans le texte)
-une présentation des "mortes de Juárez"
-une biographie de de la peintre Frida Kahlo
- et une biographie de l'auteur et de l'illustrateur de la couverture, Fabien Fernandez

Pour information il existe un documentaire sur la situation à Ciudad Juárez.
L'article de wikipédia sur la Llorona.

Charlotte Bousquet, éditions Argemmios, novembre 2010.

dimanche 30 septembre 2012

Le dernier ours

Présentation de l'éditeur:

"Groenland, 2037. Avec le dérèglement climatique et la fonte des glaces, l’île n’est plus qu’une terre désolée.

Dernier ours blanc né libre, désormais attraction d'un zoo, Anuri suscite la convoitise de Svendsen, un scientifique dévoyé. Mais l'expérience dérape..."


-------------------------------------------------------------------------------

Mon avis: 



Voici le premier thriller d’anticipation de Charlotte Bousquet dans la jeune collection Rageot Thriller pensée pour les lecteurs à partir de 12 ans en format poche.

Un groupe  d’adolescents, qui n’ont pas forcément les mêmes sensibilités ni la même dose de courage, tentent de sauver le dernier ours blanc né libre et naturellement servant d’attraction dans un zoo et destiné aux expériences d’un scientifique pas vraiment indépendant.

Bienvenue dans un monde où l’idée du brevetage des espèces animales est depuis adoptée et plus controversée ! Un monde dans lequel il faut bien du courage pour passer à travers les mailles du filet de gouvernements omnipotents et oppressants qui font passer leurs idées comme normales dans des médias de masses à leur solde (voir les extraits passionnants de citations des différents médias en exergue de chaque chapitre) !

L’auteure nous livre avec la plume qu’on lui connaît une véritable réflexion sur  les sacrifices pour le combat écologique, autant au niveau amical qu’idéologique, que nous serions prêts ou non à faire doublée d’un suspense haletant.
Une attention toute particulière a été portée de plus au vocabulaire des dialectes des peuples du Groenland et pays environnants, voir le glossaire passionnant à la fin du livre !

Je comparerais les émotions ressenties à la lecture de ce roman à ma vision du film « Les Fils de l’Homme » de Alfonso Cuarón. Il s’agie pour moi du livre parfait pour initier les adolescents à la cause écologique et à manipulation des masses !

(Charlotte Bousquet, éditions Rageot, collection Thriller, sortie le 10 octobre)

dimanche 15 février 2009

Prysmes

C’est un des derniers ouvrages publiés chez le Calepin Jaune Editions, qui doit fermer incessamment sous peu…
Charlotte Bousquet, connue pour ses diverses parutions notamment dans le domaine de la Fantasy, nous livre là un recueil de 11 nouvelles fantastiques très courtes dont le thème principal est la mort. La mort par le feu, la mort par la corne, la passion des crânes, la cruauté des enfants, un pacte avec la diable, une femme et son cheval unis dans la mort, un futur voleur de souvenirs, un parfum qui vaut bien la mort, un hibou passeur vers l’autre monde, des femmes qui finissent comme des trophées et pour finir, un terrifiant récit sur la mise en terre d’un mort dont l’âme est toujours figé dans son corps.
Au total, 111 pages divertissantes agrémentées d’illustrations particulièrement bien choisies qui donnent corps aux récits (peut-être parfois un peu trop, ce qui a pour effet de nous laisser trop bien deviner la suite). A noter, les talentueuses et modernes illustrations de Fabien Fernandez.
On regrettera juste le ton parfois un peu trop naïf étant donné la noirceur du sujet.

Charlotte Bousquet, Le Calepin Jaune Editions, 2008
Illustré par Fabien Fernandez, Jijicé et Estelle Valls de Gomis

lundi 21 juin 2010

Noire lagune

Je continue l'exploration de la biographie de Charlotte Bousquet par ce titre sorti dans une collection dont j'ignorais jusqu'ici l'existence: Courants noirs chez l'éditeur Gulf stream.

A Venise en 1579 la peste semble être revenue et c'est la panique dans la ville. Mais la courtisane Flora semble entrevoir le complot qui se trame dans l'ombre. Mais qui la croira? Sa tutrice Veronica Franco? Galeazzo Foscarini qu'elle aime sans retour? Tandis que les victimes courtisanes se multiplient un prêtre est retrouvé suicidé. Quel est son lien avec ces victimes auxquelles personne ne s'intéresse?
Ce roman est une plongée passionnante dans la Venise du 16ème dont l'ambiance est magnifiquement mise en avant par une galerie de personnage aux caractères et motivations denses: on suit les pas d'un meurtrier faisant chanter un fabriquant de masques afin que celui-ci confectionne des masques empoissonnés, une enquêtrice courtisane prête à mettre sa vie en danger pour mettre à jour cet assassin qui sème plus la peur collective de la maladie qu'un nombre exponentiel de victimes.

Une spécificité doit être mise en avant: la présence d'annexes passionnantes à la fin du roman, lexique des termes spécifiques aux costumes, gâteaux ou vocabulaire spécifiques, repères historiques, une petite histoire de la peste, des thèmes sur les chats de Venise, les courtisanes (pour aller au-delà des clichés) et une biographie de Veronica Franco.

Présentation de la collection et de ses auteurs sur le blog dédié (on y croise des noms bien connus chez d'autres éditeurs spécialisés).

Site officiel de l'illustrateur de la couverture Aurélien Police


Note: ce roman rappelle le thème assez similaire de la nouvelle Confessions parue dans l'anthologie Venise noire dans la collection Emblèmes sortie en février 2002 chez feu les éditions regrettées de l'Oxymore dans laquelle il était déjà question de meurtres sous fond de peste à Venise au 16ème siècle et de la confession d'une courtisane qui aboutit à la mort d'un prêtre impliqué dans un complot criminel.

Charlotte Bousquet, Éditions Gulf stream, collection Courants Noirs, janvier 2010.

mardi 27 avril 2010

Au miroir des sphinx

Le deuxième ouvrage des éditions Argemnios est un recueil de Charlotte Bousquet à la structure très travaillée. En effet, selon l'auteure dans son introduction, le recueil a été pensé comme une sonate: trois grandes parties de trois mouvements, les deux premières étant des nouvelles et la dernière un poème. Au niveau thématique l'auteur nous entraine à travers trois périodes historiques: l'Antiquité grecque, le Moyen-Age et l'époque actuelle. On suit les amours contrariés entre humains et personnages mythiques comme la sphinge, femelle grecque du sphinx égyptien mais qui pose les questions contrairement au sphinx qui a une fonction de gardien, la femme-louve ou le vampire qui se retrouvent contrariés par leur destin et doivent choisir entre aller jusqu'au bout de cet amour, y renoncer pour survivre, sombrer dans la folie ou mourir. Elle explique aussi que le titre aurait pu être Unheimlichkeit, "terme popularisé par Freud et traduit par "inquiétante étrangeté" "

En prologue la nouvelle Le Dernier disciple* nous entraine dans les questionnements du vieux philosophe mourant Arius dont les théories sont remises en questions par le docte chrétien Athanase. Sa rencontre avec une sphinge va remettre en question son mode de raisonnement. Mais s'il parvient à déjouer le questionnement de la créature ses théories le rendront-il immortel? Une première approche philosophique passionnante sur la remise en cause de nos certitudes et notre façon de les démontrer.

La première partie Miroirs Antiques commence par l'évocation de l'enlacement d'une humaine et d'une sphinge. L'amour peut-il exister au-delà des concepts humain/créatures mythiques?
Dans Trinité trois sœurs, une jeune prêtresse, une chasseresse implacable mais aussi guérisseuse et une jeune femme naïve sans pouvoir particulier sont victimes de l'ainé d'une famille dont la plus jeune tombera amoureuse d'un des frères et l'épousera. L'ainé l'assassine alors pour prendre le pouvoir. Être victime de l'abus de pouvoir était-il leur destin? La vengeance passera par la reconstitution du corps du mari mutilé, en référence au corps mutilé d'Osiris.
Dans La Jeune fille et la sphinge** Sélène apprend qu'elle est fille de dieux élevé par les hommes. Elle parcourt alors le monde pour réaliser son destin. Mais les enjeux ne sont-ils pas trop fort pour une créature pour elle?
Le poème Les Proscrits clôt cette thématiques du destin humain inéluctable .

La deuxième partie s'ouvre sur une courte nouvelle sur le destin de Psyché avec comme référence le tableau Le Cauchemar de Johann Heinrich Füssli.
Dans la nouvelle Vies volées à Florence les vampires s'intéressent de très près aux humains souhaitant mourir. L'archange Uriel intervient auprès d'une humaine. Mais celle-ci se laissera-t-elle séduire jusqu'à en tuer l'archange ou choisira-t-elle la mort?
Dans Les Confessions d'un parjure nous suivons l'amour d'un jeune homme pour une femme louve sous l'Inquisition. Le jeune échappera à un massacre punitif par le mensonge.
Cette partie est close par un poème dans lequel un promeneur trouve dans un caveau un couple de squelettes enlacés.

La dernière partie, Miroirs brisés, est introduite par une courte nouvelle dans laquelle une Camille Claudel piège Rodin en l'enlaçant à sa Porte des Enfers. Il sera absorbé et achèvera ainsi l'œuvre. Une nouvelle qui me rappelle le totem d' Hellraiser 2 .
Dans la nouvelle Le Dernier Ulysse*** on apprend que l'amour entre humains n'en ai pas moins complexe. Chaque facette d'une personne est illustrée par une figure mythologique.
Dans la nouvelle Borderline****, de loin la nouvelle la plus complexe du recueil, une acrobate dans un cirque, Marion, cherche à récupérer ses ailes d'ange. Mais parle-t-elle réellement à l' ange Ramiel qui aurait violé son corps et son cœur ou sombre-t-elle peu à peu dans la folie? Les deux écritures/dialogue dans son journal intime ne sont-elles pas le symptôme de cette folie naissante? Un écho poétique en référence aux Ailes du désir, référence évoquée dans une partie "Muses et sources".
Le recueil se clôt sur le poème Ca, description des différentes étapes d'une relation amoureuse au moment de la chute des anges du Paradis.

En conclusion Au miroir des sphinx est un voyage envoutant et érudit à travers les mythologies, la culture, la musique, le cinéma grâce à de multiples références dont une partie est expliquées dans une dernière partie "Muses et sources" passionnante qui donne envie de (re)découvrir les œuvres citées.

L'illustratrice de la couverture est Krystal Camprub dont j'avais chroniqué Toi lumière de ma nuit.

*version revue, corrigée et augmentée de la nouvelle parue dans la revue Faeries n°8
**version revue, corrigée et augmentée de la nouvelle initialement publié dans la revue Faeries n°13
***version revue, corrigée et augmentée de la nouvelle initialement publié dans la revue Faeries n°16 et nominé pour le prix Merlin 2005.
**** version revue, corrigée et augmentée, initialement publié dans la revue Calepin Jaune n°6.

Charlotte Bousquet, Éditions Argemnios, septembre 2008.

lundi 1 mars 2010

Ananké n°2 et Pouvoir et Puissance

Comme promis dans la chronique des Sombres Romantiques voici les présentations du fanzine et de l'anthologie de nouvelles dirigés par Cyril Carau, auteur de Le Choix de Fausta, découverts au festival Zone Franche à Bagneux.

Ananké, fanzine du polar et de l'étrange présente dans son second numéro sept nouvelles, une bande dessiné et deux illustrations couleurs.
Dans Le Prédateur Yves-Daniel Crouzet nous offre la lecture du journal intime d'un assassin sadique et de son escalade criminelle. Une nouvelle qui rappelle que tant qu'on n'arrête pas les fantasmes meurtriers d'un assassin celui-ci s'enferme dans une escalade de violence toujours plus violente. Un modèle psychologique qui rappelle American Psycho de Bret Easton Ellis.

Dans Scoumoune d'Albin Lazariani on suit un hold-up "un petit peu raté"... Un sujet qui pourrait paraitre banal mais qui est transfiguré par l'utilisation de l'humour noir!

Dans Basse œuvre Axel Angel nous plonge dans le monologue intérieur de la lamentation d'un second couteau dont la prise d'otage n'a pas tourné comme prévue... Une nouvelle à l'humour très noir sur la puissance des mots!

Dans Tri sélectif Romano Vlad Janulewicz montre ce que peut donner à l'extrême cette pratique écologique!

Dans La Relève Max Philippe Morel décrit avec humour la passation de pouvoir entre Rocambole et Arsène Lupin! L'utilisation de la bande dessinée permet de mettre en relief les différences de costume, d'âge et de style entre ces deux personnages mythiques.

Dans L'Absent Laeticia Carau nous plonge dans la psyché d'un enfant perdu entre son monde intérieur et la réalité d'un asile psychiatrique. Une mise en abîme aussi courte que passionnante et troublante!

Dans La Vieille Margot une jeune voisine découvre lors de l'inondation de la maison de sa voisine tant appréciée le lourd secret que celle-ci cache depuis la seconde guerre mondiale. Une plongée envoûtante dans la psyché d'une femme ni plus méchante ni plus perverse qu'une autre qui lutta pour survivre.

Enfin pour sa seconde nouvelle,Écho, Yves-Daniel Crouzet nous entraîne dans le regret et la nostalgie éternelle d'un homme d'âge mûr attiré par une jeune et jolie demoiselle sur un bateau qui se suicidera.

En résumé un fanzine mettant en avant un humour noir savoureux à absolument suivre!

Note: chaque nouvelle est suivie ou précédée par une courte biographie de l'auteur et de l'illustrateur mettant en valeur le thème principal de l'histoire.

Site officiel du fanzine


Pour sa première anthologie de nouvelles la jeune maison d'édition Sombre Rets a choisi le thème de "Pouvoir et Puissances" afin de décrire toutes les extrêmes dont est capable l'être humain traité sous quatre aspects.

Dans la première partie A n'importe quel prix...

Dans Le Principe de la mandragore de Richard Maurel Un monstre est enfermé entre deux réalités. Une assemblée mafieuse essaie de le faire passer dans leur réalité en sacrifiant un pion inutile. Mais la situation va se renverser... Quand la vengeance aveugle prend le pas sur le danger général encouru.
Dans Bémol tragique ou la fin des chantres(personne qui chante à un office religieux ) Alsem Wiseman nous plonge en un temps mythique lorsqu'une caste de chanteur pouvait amener la paix dans le royaume. Et si ce chant causait l'effet inverse et qu'il ne s'agissait que d'une question de choix?
Dans Aboulanol Charlotte Bousquet aborde sous une forme terrifiante une nouvelle soumission mentale médicamenteuse. Le meurtre pourrait être alors télécommander par un scientifique sadique.
Enfin dans Une Double allégeance Patrick Duclos aborde la dure question des contradictions humaines: comment défendre une cause tout en lui nuisant?

Dans la seconde partie Cet Allié qui vous trahit...

Dans Le Catalyseur Aurélie Wellenstein décrit un pouvoir qui peut avoir la fonction de catalyseur ou son contraire selon la personne qui le possède.
Dans Le Standardiste David Osmay suit la vie routinière d'un jeune standardiste qui accepte d'échanger son poste avec un tueur pour pimenter ses nuits. Mais tiendra-t-il moralement le choc?
Dans Heroïc Anonymous Estelle Valls de Gomis aborde le sujet tabou de la sensibilité émotionnelle des super héros comme véritable handicap. Ils sont suivis par un psychologue spécialisé!
Dans Change-peaux Elie Darco abord la vengeance comme un virus qui se transmettrait de corps en corps par transfiguration , selon une légende indienne.

Dans la troisième partie Besoin vital et transcendance...

Dans Stabat Mater Céline Brenne explore la psyché d'une prêtresse à la vie morne qui attend l'incarnation de sa déesse mais dont le sacrifice ramènera aussi l'image du diable (Notre Dame des rêves contre Maître Boucher).
Dans Le Serviteur Philippe Deniel narre les alliances entre peuples imaginaires et grandes nations et les utilisations des pouvoirs magiques par les pays despotiques. Mais lorsque qu'un homme pensera posséder l'œil de Raspoutine les équilibres seront bouleversés au point d'anéantir le monde.
Dans La Mission François Manson décrit un peuple d'êtres au chant très séduisant, les Lancelles, qu'une loi interdit de violenter. Mais le but final de ces êtres n'es pas forcément celui que l'on pense. Quant la séduction féminine est une question de survie.
Dans Evolution Didier Reboussin un homme fait des limites du bilan de l'évolution humaine... et décide d'en finir.

Dans la dernière partie Des Visages de l'absolu...

Dans D'un claquement de doigts Thibaut Scohier décrit les exploits d'un soldat qui se bat contre les éléments jusqu'à ce qu'un autre le défi pour tester son sens des priorités. J'avoue ne pas avoir tout compris à cette nouvelle.
Dans Les Corps désirants: l'épreuve 13 Antoine Coppola décrit la mise à l'épreuve d'une personne, ombre dans la ville, par son inconscient ou une voix extérieure (selon l'interprétation) qui cherche à la détruire physiquement (hallucination?). L'auteur aborde le thème du dur retour à la vie par la volonté de s'en sortir.
Dans Disques de Bruno Grange la découverte de mystérieux disques de nacre dans une grotte transforme le quotidien d'un jeune couple à la vie tranquille. Mais phénomènes étrangementpositifs se produisent dans leur vie. Le gouvernement les laissera-t-ils posséder un tel pouvoir? Mais le pouvoir principal de ces disques ne serait-il pas d'ouvrir un passage vers un autre monde? Une nouvelle qui finit trop en trip ésotérique pour moi.
Enfin dans Le Rouge, le blanc et l'artefact Anthony Boulanger décrit une lutte inspirée par des sentiments bien humains au pied d'une caverne renfermant un artefact magique.

Un recueil dont la dernière partie m'a moins accroché mais qui m'a donné envie de suivre tous les auteurs!

Note: des biographies des auteurs et illustrateurs de chaque nouvelle à la fin de l'ouvrage.

Site officiel de l'éditeur

Collectif, Éditions Sombres Rets, octobre 2009.


dimanche 29 novembre 2009

69

Voici la seconde anthologie très attendue mêlant mondes fantastiques et érotisme après celle de Griffe d'encre, Chasseurs de fantasmes ! Chaque nouvelle est l'occasion de découvrir de nouvelles pratiques sexuelles du futur!

Cette anthologie s'ouvre sur Eddy Merkx n'est jamais allé à Vérone de Stéphane Beauverger, un texte qui n'a rien de fantastique mais qui suit le fantasme d'une femme au bord de la plage qui a pour objet le dit Eddy Merkx au sommet de sa carrière... en l'année 1969!
Dans Saturnales Maïa Mazaurette nous fait visiter un hôtel qui permet aux couples de découvrir les pires perversions sur mesure! Dans un futur où toutes les extravagances sont accéssibles et encouragées, tous les modèles de sex-toys, de stimulents, de parfums, de films érotiques, de méthodes de changement esthétiques disponibles, la pire des perversions ne serait-elle pas de faire l'amour comme au bon vieux temps? De loin ma nouvelle préférée!
Dans Misvirginity Daylon aborde le thème classique de l'androïde. On savait déjà qu'un androïde pouvait avoir des pensées et des sentiments mais il semblerait aussi qu'il puisse avoir du désir et raconter ses expériences d'objet sexuel!
Dans Miroir de porcelaine Mélanie Fazi développe l'idée d'un dompteur d'automates destinés à se plier au moindre désir, sensuel, excusif ou violent.
Dans LXIX Francis Berthelot invente un nouveau type de film interactif modulable aux désirs les plus violents et irréalisable dans la vraie vie! Le genre d'invention qui devrait déjà exister!
Dans Toi que j'ai bue en quatre fois Sylvie Lainé s'interroge sur les dangers de dosage des philtres d'amour sur mesure.
Dans Louise ionisée Norbert Merjagnan des objets créés par un savant fou permettent d'explorer le plaisir dans les moindres détails.
Dans la courte nouvelle Sabbat Gudule nous invite à une cérémonie violente de hotdance, plus de place ici aux fantasmes!
Dans Les Métamorphoses d'une martyre Charlotte Bousquet nous invite dans un manoir hanté du XIXème siècle dans lequel nous allons être les témoins d'une vengeance très classique mais très romantique et efficace.
Dans Vestiges de l'amour Jean-Marc Ligny des créatures fantastiques profitent des faiblesses physiques et morales pour séduire jusqu'à rendre leurs victimes complètement folles!
Dans Descente Virginie Bétruger montre que l'amour peut devenir une valeur positive qui peut permettre l'anéantissement de la mort, la détresse morale et du sommeil.
Enfin dans Camélions Joëlle Wintrebert montre que la quête l'amour pourra devenir la valeur qui rendra l'homme immortel au-delà de la conquête des étoiles.

Une anthologie ludique et humoristique permettant d'explorer de nouvelles techniques qui pourraient émoustiller nos sens dans un futur on espère proche!

Éditions Actu SF, collection Les trois souhaits, octobre 2009.

samedi 10 juillet 2010

Arachnae et Cytheriae

Ce premier tome est la présentation du monde de L'Archipel des Numinées.

"Des ténèbres des bas-fonds aux éclats de la cour royale, la cité d’Arachnae se livre dans toute son horreur et ses excès… Dans le secret des arcanes du palais se joue une guerre souterraine entre le prince Alessio et les Moires, qui remettent en cause sa légitimité. Dans les riches faubourgs de la ville, une secte démoniaque étend son influence sur l’aristocratie décadente de la cité. Dans le Labyrinthe, quartier sordide où se côtoient la misère et le vice, les autorités retrouvent des corps d’enfants torturés. Afin de résoudre ces crimes en série, la jeune bretteuse libertine Théodora doit s’allier à l’austère capitaine de la milice Tigrano Gracci… Se laisseront-ils engluer dans la toile mortelle de la destinée ?"

On retrouve dans ce début de série de Dark Fantasy le goût de Charlotte Bousquet pour les failles de l'être humain et toutes les horreurs dont il est capable (pédophilie, assassinats, tortures) un peu comme le catalogue des horreurs du Roi Lear de Shakespeare, les intrigues de cours, les références mythologiques, les descriptions aux tons de renaissance et des personnages tentant d'échapper à leur destin.
Nous assistons à une vraie enquête policière rendue encore plus dense par la multiplicité des points de vue au cœur d' un univers occulte, macabre et décadent qui fait penser à la chute de Rome. Tout le sel de ce tome est de tenir le lecteur en haleine quant aux devenirs des différents personnages et l' étendue de l'influence de la secte des Moires grâce un style lyrique et descriptif qui permet d'introduire un monde en total décadence mais non dénué d'espoir.

Un premier tome que j'avoue avoir vite dévoré pour cette raison mais auquel j'ai ressenti un petit côté surenchère.

Cytheriae n'est pas une suite au sens premier du terme mais plutôt une continuation du monde introduit dans le premier tome. Celui-ci se déroule dans une autre ville, on regrettera peut-être d'ailleurs l'absence de carte pour mieux cerner la géographie de L'Archipel des Numinées.

"La splendeur de Cribella, capitale lagunaire de Cytheriae, n'est plus qu'un lointain souvenir rongé par l'humidité et la décrépitude. Certains prétendent même que d'effroyables créatures hantent ses canaux nauséabonds... Et voilà qu'aujourd'hui une vague de suicides inexpliqués endeuille le quartier populaire de Métida. Nola, écrivain public, et son amant, Angelo di Larini, sorcier réprouvé de l'Ordre de la Nouvelle Lune, entendent découvrir et combattre les forces à l'œuvre. Leur dernière piste les mène à Malatesta, démon né d'amours contre-nature prisonnier du Dédale. Sera-t-il un allié... ou leur plus implacable ennemi ?"

Même ambiance Renaissance et explorations des failles humaines, incompréhensions, politique plus forte que tout. L'auteure introduit cette fois l'idée que la poésie, l'écriture et l'amour, impossible entre êtres de différentes nature pour cette société, peuvent être amener des espoirs de rédemptions dans un monde en déliquescence.
Un questionnement philosophique captivant au cœur de la violence sans limite dans une lagune qui rappelle la Venise malade de la peste de son roman Noire Lagune.

Une interview de l'auteur

Blog de L'Archipel des Numinées
Blog de l'illustratrice Elvire De Cock

Avril 2009, mai 2010, Éditions Mnémos, collection Icares.

lundi 15 novembre 2010

Contes de villes et de fusées - Contes défaits, contes refaits...

Pour leur seconde publication après Les Pilleurs d'âmes les toutes jeunes éditions Ad Astra publie une anthologie de contes de Grimm, Andersen ou autres remaniés à la sauce Sf, space opéra, futuriste, cyberpunk ou à l'humour noir ou décalé. On y retrouve, entre autres, des auteurs bien connus de ceux qui suivent les éditions Griffe d'encre, Malpertuis, Du Riez ou Argemnios. Le petit jeu consistant bien sûr à reconnaître le, ou les contes, histoire de compliquer l'affaire.

En introduction (Il était une nouvelle fois) Lucie Chenu, directrice de cette anthologie, explique le rôle fondamental et universel des contes et le choix d'en faire des versions détournées.
Dans Une Leçon de contes de fées Julien Fouret prend le parti pris d'imaginer la création d'un conte par le maître Perrault. Il explique comment un conte permet de "sublimer" ou plutôt travestir la réalité afin de créer un obstacle (si un petit garçon est heureux en famille et à l'école pas d'histoire), car sans cette étape fondamentale il ne peut y avoir conte!
Dans La Fée des glaces Jean Millemann imagine un conte initiatique et moral avec des fées à partir de La Reine des neiges d' Andersen.
Dans Histoire de désir Delphine Imbert imagine une naissance miraculeuse, dans un univers futuriste, grâce à l'intervention des FEES ("acronymes désignant les généticiens proscrits de la Fratrie pour une Elite Eugénique, dont les travaux ont été interdits par la Convention de Salem, et dont le credo était de créer une humanité nouvelle douée de toutes les perfections imaginables.")
Dans La Griffe et l'épine Pierre-Alexandre Sicart crée une version SF à base d'hologramme du mythe de Pygmalion et du conte La Belle et la bête en imaginant les relations d'un couple de scientifiques lorsque l'homme tombe amoureux de sa créature/hologramme mais cette relation contre nature se complique encore lorsqu'il se voit interdire de toucher une rose enfermée dans une tour avec un monstre toucher pendant un an.
Dans Recréation Antoine Lencou imagine une version futuriste d'un Pinnochio entouré par des robots et élevé par un humain.
Dans Un grain se sel et Bretelle Pierre Gévart imagine une version cybernétique d'Hansen et Gretel envoyés sur une planète pour éradiquer la publicité illégale et les infections de produits bizarres dans le sang.
Dans La Petite capuche rouge Nico Bally imagine une version particulièrement trash du Petit chaperon rouge. Avec lui le grand méchant se déguise en petit chaperon rouge afin de tuer la grand-mère de façon particulièrement pornographique et trash! Le vrai chaperon rouge subira-t-il pareil outrage lors de sa visite? Une vision aussi courte qu'efficace qui m'a particulièrement séduite, je l'avoue, par son côté abrupte et décalé! Qualités que j'ai trouvé aussi aux films Hard Candy et Freeway sur le même thème.
Dans Cover Girl Charlotte Bousquet suit en focalisation interne les pas d'un flic coincé dans un conflit entre fées et humains dans un monde d'humains. Une fée se faisant passer pour une humaine est arrêtée. Une rencontre entre monde de féerie et grisaille policière quotidienne.
Dans Le Pacha botté Sylvie Miller et Philippe Ward imaginent les embrouilles politiques et amours au Caire démêlées par un détective des mythes égyptiens.
Dans Un temps de cochon! Jean-Michel Calvez imagine la fin de trois frères empoissonnés par les émanations toxiques d'une usine dévastée par un cyclone. Le loup peut prendre bien des formes!
Dans Le Sang du large Lionel Davoust décrit les doutes d'un auteur de fantaisie sur une île isolée envoûté par le chant d'une sirène. Mais il doit sans doute avoir une explication rationnelle...
Dans La Mort marraine Sophie Dabat imagine que la femme d'un homme meurt et qu'une vieille lui ouvre le ventre afin d'en extraire leur enfant. Des jumelles naissent mais l'une appartient à la mort alors que l'autre est l'élixir de jouvence de son père et voit sa sœur mourir à petit feu. Une vision qui décrit magnifiquement le désespoir du père alterné avec la vision de la sœur morte.
Dans Pour Judith Jess Kaan décrit la quête d'un soldat pour retrouver sa femme et leur enfant en pleine épidémie meurtrière.
Dans Swan le bien nommé Mélanie Fazi un frère et une sœur doivent acceptée une belle-mère après la mort de leur mère. Mais la fille est persécuté par un fantôme, la Femme-oeil, malgré son départ de la maison familiale. Les révélations de ce fantôme la ramèneront à la maison pour sauver son frère transformé en cygne par la méchante belle-mère. Mélanie Fazi apporte au conte d'origine l'idée supplémentaire de la vengeance et choisit de ne pas raconter la fin du conte. Voir en bonus l'épisode magnifique de Monstres et merveilles, série de Jim Henson, consacré à ce conte (épisode 6).
Dans Poche et troncs Estelle Valls de Gomis décrit la vie d'un auteur alcoolique qui ne voit pas le temps passer et qui voit une gloire soudaine et inattendue.
Enfin dans Sacrifices, ma seconde version remaniée préférée, Léonor Lara imagine la lettre d'adieu de la femme de l'ogre du Petit Poucet et la vengeance du fantôme de ce dernier. Une fin extrêmement émouvante et sensible.

Une explication de l'auteur suit chaque conte dans laquelle il développe son choix thématique et stylistique. On trouve une biographie de chacun en fin d'ouvrage.

Éditions Ad Astra, septembre 2010.

samedi 14 février 2009

Le crépuscule des loups

Il s’agit d’une anthologie consacrée au loup et sa disparition de nos paysages, particulièrement en France. On y retrouve des auteurs connus et d’autres moins comme Lucie Chenu, Estelle Valls de Gomis, Nathalie Dau ou encore Jean de la Fontaine avec Le Loup et Le Chien. Au total, 17 nouvelles fantastiques engagées qui démolissent le mythe du loup sanguinaire et destructeur. On rencontrera un monde où le loup n’est plus que virtuel, un jeune garçon lycanthrope, le retour des loups revenus se venger, une jeune fille et une louve rebelles unies contre tout, un cirque morbide, une jeune femme qui met bas chez les loups, les Devas hindous changés en meute et bien d’autres.
On note le choix judicieux de l’éditeur de boucler ce recueil avec l’excellente nouvelle de Nicolas Cluzeau.
Ces récits sont agréablement ponctués d’illustrations de Fabien Fernandez, Jijicé et Estelle Valls de Gomis.
Enfin, notons que les droits d’auteurs de cet ouvrage seront entièrement reversés au Parc Alpha du Mercantour.
L'on ne peut que regretter la fermeture proche de ce éditeur...

Anthologie dirigée par Charlotte Bousquet, Le Calepin Jaune Editions, 2008