"Rana Toad", ça se mange?

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lundi 24 janvier 2011

Le Roi des Sables – Thierry Dedieu

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Je suis sous le charme de ce petit conte philosophique à la fibre écolo qui parlera aux petits comme aux grands par sa poésie et ses thématiques très actuelles.

Il était une fois, un roi vivant au bord de la mer en son château de sable. Bien que jouissant d’une vue magnifique, son édifice était fragile et éphémère. Les tours de sable s’effondraient, et à chaque équinoxe les vagues détruisaient le château tout entier. Alors, il devait partir et en construire un autre. Un jour, il reçut la visite de son cousin, le Roi des Bois, qui régnait dans un pays où les constructions solides duraient pour l’éternité. Ce dernier ne comprit pas pourquoi le Roi des sables n’empêchait pas la nature de détruire sa magnifique demeure.

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La rencontre de deux mondes aux philosophies de vie à l’opposé l’une de l’autre.

D’un côté, le Roi des Sables vivant en phase avec la nature. Goûtant ses paysages, suivant le rythme des saisons et l’évolution naturelle des choses. Respectant également la fatalité de la vie avec humilité, car rien, et surtout pas lui, n’est éternel face à la nature qui accomplit inexorablement son œuvre. Le monde de sable est très doux, arrondi, comme la pierre s’érodant naturellement au fil du temps.

De l’autre côté, le Roi des Bois se posant comme maître de son environnement. N’acceptant pas son statut de mortel face à l’immortalité du monde. Détruisant tout sur son passage, et n’hésitant pas à bouleverser l’ordre naturel des choses pour parvenir à ses fins. Le monde de bois est brut, anguleux et violent, contrastant avec la douceur du monde de sable.

J’ai également été émerveillée par les illustrations, mettant en valeur une nature magnifique et toute puissante. Le mouvement régulier des vagues soulignant le temps qui passe, le château de sable au bord des vagues, la lumière dorée du jour déclinant…que c’est beau, que c’est beau !

En bref, un très bel album qui ravira petits et grands par sa poésie. Et qui entrainera peut-être aussi quelques réflexions.

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Mais surtout, un grand coup de chapeau à Thierry DEDIEU pour son travail de réalisation et de sculpture ! Car oui, pour en venir aux illustrations finies, il a livré un travail de longue haleine, sculptant chaque pièce figurant sur les images: les deux rois, le château…pour ensuite les photographier. Si vous ne craignez pas que la magie s’éteigne quand vous apercevrez l’envers du décor, je vous suggère de suivre les péripéties de cette réalisation, étape par étape, sur le blog de Thierry DEDIEU

Damnés – Lauren Kate

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L'histoire

A la suite d’une sombre histoire où un de ses amis a trouvé la mort au cours de l’été précédent, Luce, une adolescente de 17 ans se voit forcée d’intégrer Sword and cross, un centre de réinsertion lugubre pour adolescents à problèmes. Car Luce passe pour déséquilibrée. Depuis son enfance, elle voit des ombres que personne d’autre ne voit. Des ombres noires menaçantes qui tournoient dangereusement autour d’elle, dès qu’un drame se prépare.

Dans cet établissement sordide à la limite de la prison où elle se trouve quasiment coupée du monde extérieur, elle fait la rencontre des autres élèves, tous plus inquiétants les uns que les autres. Elle fait la connaissance de Cam qui va rapidement lui tourner autour. Mais c’est surtout le ténébreux Daniel qui retient son attention. Sans qu'elle sache pourquoi, il la fascine totalement, et elle est persuadée de l’avoir déjà rencontré auparavant. Cependant, il la fuit, la repousse. Pourquoi agit-il ainsi ? Luce va mener sa petite enquête et découvrir bien des secrets inattendus.


Mon avis

Sur le papier, l’histoire est alléchante et promet un bon moment de lecture. De plus, la couverture, annonçant une ambiance gothico-romantique est très belle, avec une texture gomme que j’aime beaucoup. Mais malgré tout, Damnés est pour moi une grosse déception.

Déjà, le nœud de l’intrigue, à savoir la véritable nature de Daniel et ce qui le relie à Luce est plus ou moins révélé dès le prologue. Et, des fois qu’on n’ait pas encore deviné, l’auteure en remet une couche dans les premières pages du roman. Et de toute façon, pour peu qu’on ait lu la quatrième de couverture, on connaît déjà son secret avant même d’avoir ouvert le roman.
Pour récapituler, il est impossible de passer à côté de cette information importante, et on est au courant d’un bon nombre d’éléments-clé très tôt dans l’histoire.

Ce ne serait pas un problème en soi si Luce était au courant elle aussi, ce qui permettrait à l’histoire d’avancer. Mais durant les trois quarts du livre, on suit Luce dans ses recherches. Et ça traine en longueur ! C’est même agaçant de la voir tâtonner alors qu’on est au courant depuis si longtemps. On aimerait voir l’histoire se développer, mais elle fait du sur-place.

De plus, il ne se passe pas grand-chose durant ces trois quarts de livre. Passé la découverte de l’école et des élèves, l’essentiel de l’intrigue tourne autour du triangle Luce-Daniel-Cam, Luce papillonnant de l’un à l’autre, ne sachant lequel choisir, celui qui la fascine mais la repousse, où celui qui est si attentionné avec elle. Cela entraine par la même occasion des passages frisant la mièvrerie, même si d'ordinaire, je l'avoue, je ne suis pas insensible aux histoires à l'eau de rose et je ne boude pas mon plaisir.

Mais heureusement, les 150 dernières pages réussissent à rattraper un peu le tout. L’histoire se délie enfin, et les révélations s’enchainent, occasionnant quelques surprises. On en vient à se poser plusieurs questions sur le fond de l’histoire, auxquelles on brûle d’avoir des réponses. Mais, et c’est là qu’une autre déception m’a attendue au tournant, nous n’en avons quasiment aucune. Non, car Luce « ne pourrait pas supporter se tout savoir maintenant, elle pourrait en mourir ». Nous ne saurons donc pas non plus. Pour avoir des réponses aux questions restées en suspend, nous devrons donc attendre le tome 2. C’est donc avec une grosse frustration, et sur une impression d'inachevé, que j’ai refermé le livre.

Pour conclure, Damnés aurait pu être une lecture très agréable, une immersion dans les célèbres mythes fondamentaux, dans les histoires des anges déchus, et dans l’éternelle lutte entre le bien et le mal, le tout dans une ambiance sombre et raffinée. Cependant, cela tombe à plat, et le récit peine à se mettre en place. C'est très dommage car la trame de l'histoire avait du potentiel. De plus, au moment où l’histoire devient enfin intéressante et que le suspense est à son comble...tout s’arrête. Suite dans le tome 2. En espérant que ce dernier soit plus riche et plus rythmé que le premier.

Damnés, T.01 – Lauren Kate – Bayard Jeunesse – Novembre 2010 – 438 p. - 16,90€

Les heureux parents – Laëtitia Bourget et Emmanuelle Houdart

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Voici un album qui, malgré le fait que je n’accroche pas toujours avec le style d’illustration très onirique d’Emmanuelle Houdart, m’a conquise par sa sensibilité et sa poésie.


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Il était une fois, une sublime princesse et un prince vaillant…

L’album retrace la vie d’un couple qu'on accompagne dans son grand voyage de la vie. On commence par les roucoulades, puis l’accueil du premier enfant. Débutent alors les petits épisodes du quotidien que connaissent tous les couples… La grossesse, les envies de femme enceinte que l’homme s’empresse de satisfaire, l'accouchement, les couches sales, les insomnies… les enfants grandissent deviennent adolescents, entrainant les contrariétés que nous imaginons bien… jusqu’au moment où ils quittent le nid pour vivre leur vie, leurs parents aux cheveux grisonnants leur faisant signe sur le pas de la porte.

Comment ont-ils fait pour rester unis tout au long de ce périple ?
Il leur aura fallu des montagnes d’amour et des puits de sagesse.


Les heureux parents est un album vraiment très émouvant, qui a su me toucher en plein cœur. Sous ses airs de conte de fées chevaleresque, on retrouve la réalité du quotidien que connaissent tous les parents d’aujourd’hui, avec toutes les difficultés qu’on peut rencontrer en chemin. Mais, malgré ces petits tracas et les années qui passent, l’amour et la tendresse sont toujours présents.

Les illustrations fantasmagoriques d’Emmanuelle Houdart répondent à merveille au texte de Laetitia Bourget, le contraste des illustrations avec le lyrisme du texte emprunté aux contes étant souvent très amusant

Un très beau livre plein de poésie et de nostalgie qui plaira aux petits, mais qui fera surtout sourire et émouvra les couples ayant traversé ces mêmes épreuves. Il y a fort à parier qu’il ravivera des vieux souvenirs ...

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Les heureux parents – Laëtitia Bourget et Emmanuelle Houdart- Editions Thierry Magnier – Septembre 2009 - 16€

Odd et les Géants de Glace – Neil Gaiman

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Il était une fois...un jeune garçon de douze ans nommé Odd vivant dans un village viking en Norvège. C’est un garçon spécial. Bizarre, même, selon les autres habitants du village. Et très malchanceux. Mais même après que son père soit mort au cours d’une expédition en drakkar, l’affublant par la suite d’un beau-père levant le coude un peu trop souvent, et même après qu’il eut la jambe broyée sous un arbre, le rendant boiteux pour le restant de ses jours, il sourit toujours. Toujours de ce même sourire exaspérant qui rend les adultes fous de rage.

Odd aime regarder les saisons se succéder. Mais cette année là, l’hiver s’éternise, la neige ne fond pas.

Devant la nervosité grandissante des villageois face à cet hiver qui n’a que trop duré, Odd éprouve le besoin de s’éloigner. Il traverse le lac gelé et le bois pour retrouver la maison de son père, dans laquelle il s’installe. Au cours de la nuit, un renard gratte à sa porte et le réveille. Il le suit dans la forêt, où il rencontre deux autres créatures, un aigle et un ours. Il découvre que ces trois animaux sont en réalité les dieux de la mythologie nordique Thor, Odin et Loki, transformés en animaux à la suite d’un piège tendu par les Géants de glace. Ces derniers ont pris le pouvoir d’Asgard, jetant sur le pays un froid glacial qui ne repartira qu’avec eux. Odd s’embarque alors pour une quête fantastique dans la neige de Norvège qui le mènera jusqu’à Asgard. Et peut être qu’un garçon différent des autres, à l’éternel sourire aux lèvres réussira là où les plus puissants ont échoué…


Mon avis

Neil Gaiman nous offre ici un très joli conte imprégné de mythologie nordique à destination des plus jeunes. Le texte est court, et émaillé de nombreuses illustrations en noir et blanc qui nous immergent encore un peu plus dans les légendes Norvégiennes. Odd et les Géants de Glace nous embarque dans un univers typique des contes, où l’homme, la nature, les divinités et les animaux sont très liés, dépendants les uns des autres.

Le bleu glacier de la couverture donne le ton, et en effet une impression de froid ne m’a pas quittée de toute ma lecture. Toutefois, la plume de Neil Gaiman transforme cet environnement froid et hostile en véritable ode à la nature, grâce à ses descriptions très poétiques de la Norvège enneigée.

Le jeune Odd est l’archétype de l’antihéros : petit, pas bien gros et boiteux de surcroît, comment penser qu’il puisse vaincre les géants de glace ? Et pourtant...Odd a bien d’autres atouts que la force. Il est courageux, intelligent et toujours optimiste, de cet optimiste qui déplace les montagnes. Ces qualités feront toute la différence, et Odd rentrera chez lui récompensé et grandit.

Soit dit en passant, les plus grands retrouveront leurs âmes d'enfant et tireront également beaucoup de plaisir à lire l’aventure du jeune Odd tant elle est attendrissante, contée avec malice, humour et poésie. Je ne serais d’ailleurs pas surprise qu’elle vienne se ranger aux côtés des aventures de Bilbo le Hobbit, un autre conte écrit à l'origine pour les enfants, dans leur bibliothèque. Une belle réussite.

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Odd et les géants de glace – Neil Gaiman - Albin Michel – Collection Wiz – Novembre 2010 141 pages – 10€

Illyria - Celia Rees

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L’histoire se déroule à Londres au printemps 1601.

Alors qu’il marche dans les rues de Londres, William Shakespeare fait la connaissance de Violetta et de Feste, deux artistes de rue qui lui racontent leur histoire…

Violetta se dit héritière légitime du trône d’Illyrie, petit pays prospère situé sur les côtes de la mer adriatique. Mais après la trahison de son oncle Sébastian, l’Illyrie fut réduite à feu et à sang, les parents de Violetta, Viola et Orsin, assassinés et la jeune fille vendue comme esclave à un certain Malvolio. Ce dernier s’empara également de la sainte relique fondatrice d’Illyrie, une coupe sertie de pierres précieuses. Violetta, avec l’aide de Feste, parvint à s’enfuir et se réfugia à Londres. C’est alors qu’ils croisèrent la route de Shakespeare, à qui ils demandèrent de l’aide pour récupérer la relique et reconquérir le trône d’Illyrie.

Le célèbre dramaturge se retrouve bien malgré lui impliqué dans cette affaire. Ayant eu vent de cette rencontre, le premier ministre le convoque et lui ordonne d’espionner Violetta et Feste. A cette fin, Shakespeare élabore un plan, et la troupe entière, les Hommes du Lord Chamberlain, quitte Londres pour effectuer des représentations itinérantes sur les routes d’Angleterre.

Mon avis

Illyria est une véritable immersion dans le monde du théâtre shakespearien, dont on découvre de multiples facettes. Shakespeare tient ici un des rôles principaux. D’ordinaire, je n’aime pas tellement lorsque les fictions prennent des libertés avec les personnages célèbres de l’Histoire. L'auteure justifie toutefois son choix par le fait que nous n’avons aujourd’hui que très peu d’éléments sur la vie réelle de Shakespeare. La voie est donc libre pour l’imagination. Cependant, le personnage historique est respecté, car les actions qui lui sont attribuées ne sortent pas tellement de son rôle de dramaturge.

Continuons sur l’aspect historique : ce roman fourmille de références au théâtre du temps de Shakespeare. On découvre certains aspects de la vie d’une troupe jouant dans un théâtre londonien, les représentations itinérantes sur les routes d’Angleterre, ou le processus d’écriture d’une pièce… Par ailleurs, on peut remarquer que l’intrigue en elle-même reprend certains grands thèmes du théâtre shakespearien : vengeance, guerres familiales, légitimité du trône…

Celia Rees réalise une mise en abyme en imaginant son roman comme si les personnages de la Nuit des rois, l’Illyrie, Viola et le duc Orsin avaient réellement existé. Le récit de Violetta, Feste en serait donc la suite historique. Et Violetta, en racontant son histoire à Shakespeare, lui aurait inspiré l’écriture de la Nuit des rois. (Vous suivez toujours ?) Les différentes intrigues (le Flash black raconté par Violetta et Feste, puis la reconquête du trône d’Illyrie) sont entremêlées, la rencontre des Illyriens et de Shakespeare en constituant le pivot.

Vous l’aurez compris, il y a énormément de choses à dire sur ce livre, car il est très riche en anecdotes et en références sur le théâtre shakespearien. Il se lit par ailleurs de manière très fluide et agréable.

Illyrria – Célia Rees – Editions du Seuil – Novembre 2010 - 383 pages – 17 €

L’ange de mai – Julie Hearn

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Nous sommes en Angleterre, en 1645.
Nell, jeune fille de 15 ans est un ange de mai. Elle fut conçue le premier mai durant la nuit de Beltane, ce qui lui confère selon les croyances païennes un destin hors du commun. Elle a également la capacité de voir les créatures surnaturelles, telles que les fées et les lutins.

Nell vit seule avec sa grand-mère, la guérisseuse du village, et sera amenée à exercer elle-même cette profession lorsque sa grand-mère mourra. Elle apprend donc les vertus des plantes, la façon de les cueillir selon les phases de la lune, ainsi que les incantations nécessaires pour guérir toutes sortes de maux. Les talents de Nell et sa grand-mère sont reconnus par les habitants du village qui ont souvent recours à leurs services.

Mais un jour, Grâce Madden, la fille du pasteur, tombe enceinte suite à ses escapades nocturnes avec le fils du forgeron. Incapable de l’avouer à son père, un pasteur puritain très austère, elle demande à Nell un remède pour faire passer cet enfant. Or, il s’avère que l’enfant fut, comme Nell, conçu durant la nuit de Beltane. Nell ne peut se résoudre à perdre cet ange de mai et refuse d’aider Grâce.

Grâce n’aura désormais qu’une idée en tête : se venger. Pour camoufler sa grossesse le plus longtemps possible, elle fait croire à une malédiction que lui aurait jetée Nell, et qui provoquerait gonflements et vomissements. Elle fait semblant d'être possédée par le diable et oblige Patience, sa jeune sœur très naïve, à l’imiter : elles hurlent, se débattant, crachent des épingles. Nell et sa grand-mère se retrouvent accusées de sorcellerie, et les villageois oublient bien vite les nombreux services qu’elles leur ont rendus auparavant.


Mon avis

Un bon roman qui nous mène de rebondissement en rebondissement. L’intrigue nous fait passer par des chemins détournés, amenant des pics de suspense à couper le souffle, mais qui accuse tout de même quelques longueurs. Je me suis demandée plusieurs fois où j’allais.

Le personnage de Nell est plutôt attachant. La jeune fille confrontée aux accusations les plus graves voit le piège tendu par Grâce se refermer sur elle sans qu’elle puisse se défendre, mais elle reste malgré tout attachée à ses croyances et à ses convictions profondes. Les choix qu’elle fera à certains moments-clé de sa vie, aidée par quelques puissances surnaturelles, se révéleront cruciaux et révélateurs de son destin hors du commun.

Le roman est construit d’une manière particulière sur le plan de la narration : les points de vue sont alternés .Un chapitre sur deux, on passe d’un narrateur omniscient aux « Confessions de Patience Madden » dans lesquelles la fillette nous confie sa version des fais, tels qu'elle les a vus et ressentis. J’ai trouvé ces changements de points de vue très intéressants car ils m’ont permis de trouver des réponses aux questions que je me posais durant ma lecture. Ainsi, on comprend mieux comment la paranoïa collective peut prendre le dessus sur le bon sens, et comment un village entier peut se retrouver à crier à la sorcellerie. On est plus à même de comprendre l’effet boule de neige qui s’en suit. Car comment pourrait-on imaginer qu’un fait aussi simple et rationnel qu’une jeune fille tombant enceinte hors mariage pourrait engendrer des conséquences aussi disproportionnées ?

Une atmosphère inquiétante règne durant tout le roman. Le danger plane sur Nell et sa grand-mère. Tôt ou tard, on sait que l’engrenage se mettra en marche et que le piège se refermera sur elles.


La trame générale de l’Ange de mai est inspirée du célèbre procès des sorcières de Salem, auquel il sera par ailleurs fait allusion dans le roman. Dans ce procès, qui a eu lieu dans l’état du Massachusetts, plusieurs personnes furent accusées de sorcellerie, torturées et exécutées, sur l’accusation de jeunes filles, dont deux filles d’un pasteur. On tente encore aujourd’hui de comprendre les raisons pour lesquelles le village de Salem a sombré dans cette hystérie meurtrière et de délires peuplés de sorcières et de créatures démoniaques.

L’ange de mai – Julie Hearn – Hachettes – collection Black Moon – 2007 – 320 pages – 16€

mardi 18 janvier 2011

Contes Myalgiques II

Me voici de nouveau avec entre les mains un recueil de nouvelles ayant pour thème général le Diable et ses démons. Ce n'est pas la première fois et ce ne sera sans doute pas la dernière donc il va y avoir fort à faire pour renouveler le sujet.

Je commence donc ma lecture avec curiosité. J'espère qu'un point de vue féminin sur un thème plus souvent abordé par la gent masculine (du moins d'après l'expérience de mes précédentes lectures) permettra de renouveler le sujet . Et j'avoue que je ne fus pas déçu. Ce roman est une mine de diversité ... On y trouve un peu de tout ... Parfois pour le meilleur et parfois pour le pire -j'exagère mais la formule était trop tentante ... Disons que certaines nouvelles ne sont pas au niveau de leurs voisines- .
En effet certaines nouvelles sont de petites perles, relativement originales et bien ficelées (GPS, la peau du diable, ...), d'autres sont touchantes et bourrées d'émotion (Pour Camille, ...), d'autres sont d'agréables hommages à divers auteurs (Notre-Dame des Algues pour Lovecraft, ... ).

Mais à côté de cela on trouve d'autres textes de moindre qualité dont la naïveté apparente ou la trame banale n'apporte pas grand chose à cette collection de nouvelles.Par chance c'est loin d'être la majorité.
Et il est une chose que l'on ne peut que reconnaître, c'est l'excellent travail de Nathalie Dau sur les différentes atmosphères que l'on rencontre au fil de nos lectures. En effet, Nathalie Dau a su retranscrire avec talent les petits détails qui permettent de rendre une ambiance réaliste et une lecture vivante. Les spécificités des différentes populations et les particularités des lieux qu'elle met en scène donnent un véritable relief aux scènes dépeintes.

Une mention toute spéciale pour "Knock, knock, knocking on hell's door" qui transporte le lecteur directement au sein des corons. On se croirait revenu dans Germinal tant l'odeur du charbon se fait forte lorsque l'on découvre ce petit bijou.

En conclusion une lecture agréable qui contient quelques très bonnes surprises. Je lirai certainement lorsque l'occasion s'en présentera le premier volume des contes myalgiques.

Enjoy ^^


Les Contes Myalgiques II : Les atouts du Diable - Nathalie Dau - Éditions Griffe d'Encre - Octobre 2010

Terra !


J'ai eu par le passé quelques expériences malheureuses avec la littérature fantastique italienne donc j'ai toujours une légère appréhension lorsque je découvre un auteur italien au cours de mes lectures. Toutefois la couverture semblait sympa avec cette énorme structure cyber aux allures disneyenne, le quart de couverture accrocheur me tentait bien donc j'ai croisé les doigts en espérant trouver une heureuse surprise.

Et pour une surprise, elle fut complète. L'auteur pose très rapidement les bases d'un scénario riche sur une idée simple au départ de "chasse au trésor" entre 3 groupes concurrents acharnés.
La richesse se retrouve tout particulièrement dans l'enchevêtrement des situations et les rapports multiples, décalés et désopilants entre les protagonistes des différents partis en présence. De plus, Stefano Benni montre une véritable maîtrise de l'humour cocasse à la hauteur des Monthy Python et de Douglas Adams -je constate d'ailleurs que les souris sont toujours aussi fourbes-.
Enfin les personnages et rebondissements saugrenus qui émaillent le récit au fil de la lecture ne font qu'entretenir l'hilarité contenue qui ne demande qu'à jaillir lorsque l'on découvre les idées désopilantes mises en avant par l'auteur.

Cependant je me dois d'émettre une remarque négative malheureusement. L'auteur fait basculer son histoire d'un groupe de protagonistes à l'autre, permettant ainsi de suivre en parallèle leurs évolutions. Malheureusement plus on s'approche de la fin du roman plus l'enchaînement se fait rapide, au fur et à mesure que l'action s'accélère... Presque trop rapide puisque ce kaléidoscope de situations ne permet plus de savourer pleinement la "substantifique moelle" de chaque rebondissement si je puis dire et on arrive à la dernière page en ayant un goût d'inachevé. On attendrait un dessert, une gourmandise, un ultime éclat de rire.
Toutefois le style est léger, fluide et dynamique ce qui permet une lecture aisée et un plaisir immédiat.

En conclusion un excellent roman qui m'a fait découvrir un auteur à l'humour ravageur -l'exécution au Coca-Cola en est une des meilleures illustrations ;) - dont je lirai les autres ouvrages avec un plaisir anticipé. Me voilà réconcilié avec la science-fiction italienne.

Enjoy ^^

Terra ! - Stefano Benni - Éditions Mnemos - Novembre 2010

mardi 11 janvier 2011

L'Usine à Lapins de Larry Brown


Initialement publié en 2005 dans la collection "La Noire" de Gallimard, L'Usine à Lapins est encore un de ces romans que l'on m'a conseillé il y a un bon moment, gardé dans un coin de mon cerveau. Même si on le trouvera le plus souvent dans le rayon polar (il a été édité en "Folio Policier" en 2008), les passages méritant d'être considérés digne du genre ne prennent qu'une place réduite, même si tout démarre avec un contrat foiré par Frankie, tueur à gages de son état. Un roman à multi-voix, le dernier (si l'on excepte l'inachevé et posthume A Miracle of Catfish) publié par son auteur, décédé en 2004.

Des petites vies paumées qui s'entrecroisent: Eric, accompagné de son chien, qui va se prendre d'amitié pour Arthur, un septuagénaire qui n'arrive plus à satisfaire une femme, Helen, beaucoup plus jeune que lui. Helen qui traîne dans les bars dans l'espoir d'autre chose et accumule les contraventions pour conduite en état d'ivresse.
Anjalee quant à elle se prostitue, s'embourbe dans des aventures malchanceuses et se retrouve recherchée pour coups et blessures sur une employée de maison de retraite un peu trop zélée. Wayne, le marin en permission, rencontre Anjalee et n'arrive pas à l'oublier.
L'unijambiste Mlle Muffett entretient une relation conflictuelle avec... le chien de son patron, Mr. Hamburger, gérant d'une usine... de viande. Domino, employé du même Hamburger, au passé sordide, qui s'empêtre dans une cavale à cause d'un cerf renversé sur la route d'une livraison.
Merlot, professeur d'université se retrouve sur le chemin de Domino, mais ça lui permet de rencontrer Penelope, femme flic, et de partir en virée avec elle, même s'il n'ose pas lui révéler qu'il garde un fardeau embarassant chez lui.

Voilà, des existences pas toutes roses, victimes de circonstances qu'ils se résignent à accepter. Rien d'extraordinaire à part ces petites révélations un peu tardives que Larry Brown distille stratégiquement, mine de rien. Le lecteur oublie alors le sentiment que le roman ne mène pas forcément quelque part et se prend de sympathie pour tous ces gens de l'Amérique profonde, qui ne font pas toujours les bons choix (le meilleur exemple étant celui de Domino, pris dans un engrenage inextricable, sanglant et tragique). Nous savons, en refermant le livre qu'ils continueront leurs vies tant bien que mal, avec leurs espoirs et leurs déceptions d'êtres humains.
Larry Brown constitue avec beaucoup de tendresse une mosaïque si bien équilibrée qu'aucun personnage ne peut être qualifié de "principal". Une réalité crue qui ne tombe pas dans la complaisance gratuite, dépeinte dans l'esprit d'un roman qu'auraient pu écrire des frères Coen assistés d'un Charles Bukowski. Ou le contraire.


L'Usine à Lapins, Larry Brown, Gallimard, coll. "Folio Policier", 7,80€. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Pierre Furlan.

vendredi 7 janvier 2011

Sortilège - Alex Flinn

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Sortilège est une adaptation libre du célèbre conte de Madame Leprince de Beaumont, La Belle et la Bête. Je ne vous ferai pas l’affront de vous résumer l’histoire originale, mais sachez néanmoins que l’intrigue est transposée à notre époque.

Kyle Kingsbury est lycéen dans un établissement huppé de New York. Il est beau, riche,…le gendre idéal en apparence. Mais Kyle est aussi très imbu de sa personne, superficiel et incroyablement arrogant. Un jour, Kendra, une fille "moche" de sa classe lui reproche de ne s’intéresser qu’à l’apparence. Pour la contredire, il l’invite à l’accompagner au bal du lycée, pensant lui faire une mauvaise plaisanterie en la plantant seule à l’entrée. La soirée se passe…Kyle rentre chez lui, où Kendra l’attend. Elle s’avère être une sorcière. En représailles à sa moquerie, elle lui lance un sort qui le transforme en un monstre hideux. Le charme ne s’éteindra que si Kyle arrive à aimer une jeune fille et à s’en faire aimer en retour dans un délai de deux ans, malgré son aspect repoussant … C’est au moment où il se résigne à vivre sous cette apparence monstrueuse (car qui pourrait aimer un être aussi laid ?) que Linda entre en scène…
La suite, vous la connaissez.

La Belle et la Bête étant un de mes contes préférés, j’ai lu avec grand plaisir cette adaptation de l’histoire transposée dans un monde moderne. L’auteur met ainsi en lumière une partie du conte peu développée dans l'original et dans ses réécritures : les circonstances de la transformation du prince en monstre. Pour une fois, on redécouvre l’histoire du point de vue du prince/de la Bête, et non de la Belle, comme c’est souvent le cas dans la plupart des adaptations de ce conte.


Le fait que ce soit un jeune homme moderne qui prenne la parole, riche et prétentieux de surcroît, apporte au récit une touche de piquant, car il décrit son entourage de manière très cynique, teintée de cruauté.

On rencontre donc Kyle avant que la sorcière ne lui lance le sortilège, et on peut constater à quel point cet individu est détestable par son arrogance et sa méchanceté. Puis Kendra le transforme en monstre. On assiste alors à sa disgrâce, à sa mise au rebut de la société par son père, riche présentateur de télévision soucieux du qu’en-dira-t-on, qui l’exile dans une maison excentrée de New York. Il découvre peu à peu à quel point son entourage était superficiel, attiré uniquement par la beauté et la richesse. Lentement, le changement s’opère en lui en même temps que sa prise de conscience. C’est pour lui (pour nous ?) l’occasion de réfléchir un peu au sujet de la beauté physique, et des facilités qu'elle apporte dans la vie quotidienne à ceux qui en jouissent, peu importe leur mérite.

Cependant, ce n'est pas un roman qui révolutionnera le genre. Soyons clair, il n'a pas la poésie du conte original. Malgré tout il m’a donné un très agréable moment de lecture. (Et donné envie de visionner une énième fois l’adaptation de Jean Cocteau !)

Sortilège – Alex Flinn – Éditions Hachette – Collection Black Moon – 2009 – 332 pages

mercredi 5 janvier 2011

La pucelle de Diable-Vert , Tome 2


Et voilà, la suite attendue, achevée, dévorée... J'avoue que le premier avait mis quelques pages à m'accrocher mais cette fois je savais à quoi m'attendre et c'est donc avec empressement que j'ai commencé ce nouveau tome pour ne le reposer que quelques centaines de pages plus tard avec un sentiment aussi trouble que lorsque j'ai refermé le premier opus.

On retrouve notre chère héroïne dans son rôle virginal et son fidèle compagnon de nacre dont on finit par découvrir les origines et l'histoire. Petit bemol toutefois concernant l'aspect manichéen des personnages. Les protagonistes héroïques sont tellement bons qu'ils nous aveugleraient par leur flamboyante vertu et les personnages menaçants sont des incarnations du diable en personne. Parfois l'auteur tente d'ajouter un peu de complexité et de profondeur à ses personnages mais le plus souvent uniquement en superficie ce qui donne un récit plus épique j'en conviens, mais moins attractif en termes de réalisme.


Toutefois le souffle de fantasy qui avait rendu le premier tome si plaisant au final siffle encore à mes oreilles et je me retrouve de nouveau plongé dans la trame de ce roman qui se devoile lentement. La croisade messianique qui se dessinait à la fin du premier tome semble devoir se poursuivre jusqu'au bout et plus de temps à perdre à placer décors et personnages, on plonge aussitôt dans l'intrigue. Un vrai régal pour les impatients comme moi.

Cependant, arrivé au dernier quart du livre je commence à me poser quelques questions : L'intrigue se déroule à merveille mais vu la structure mise en place le dénouement ne tiendra jamais dans les quelques dizaines de page qu'il me reste à lire. L'auteur avait-il prévu un dernier tome ? Vais-je devoir attendre encore pour lire la suite ? Pour le savoir, guère d'autres choix que de poursuivre la lecture, avidement.

La bataille finale approche, commence enfin... Et là ? Et là ? "Queue de poisson" ! "Poisson d'avril" ! "Supercherie" ! "Houuuuuu" ! Par une cabriole qui peut sembler douteuse au premier abord, l'auteur conclut son histoire sans avoir permis à son lectorat de bénéficier de la bataille épique qui lui était promise depuis 500 pages. Scénaristiquement le retournement de situation tombe fort à propos, je ne peux le nier mais pour le lecteur la frustration est intense.

En conclusion, les descriptions et les dialogues sont toujours aussi truculents et l'on en vient à retrouver l'enthousiasme qui nous avait saisis lors de la lecture du Tome I. On apprécie également énormément le peu de temps écoulé entre la parution des deux tomes ce qui permet une lecture relativement continue.
Mais la chute amputée laisse penser que l'auteur était pressé d'une manière ou d'une autre et nous laisse sur notre faim. C'est pourquoi je conseillerais ce roman avant tout aux lecteurs qui souhaitent faire leur premier pas dans le domaine de la fantasy. Le style si vivant de l'auteur leur permettra de découvrir cet univers en douceur tandis que les aficionados purs et durs pourraient être déçus par un final au goût plus fade que le menu ne le laissait entendre.

Enjoy ^^

La pucelle de Diable-Vert Tome II : le hussard amoureux - Paul Beorn - 10-2010 - Éditions Mnemos Icares

dimanche 2 janvier 2011

Maintenant, c’est ma vie – Meg Rosoff

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Daisy est une New-yorkaise de 15 ans, anorexique en réaction au remariage de son père avec une femme qu’elle n’accepte pas. De plus, le couple va avoir un bébé, et Daisy se sent moins que jamais à sa place dans cette famille.

Elle est alors envoyée dans la campagne anglaise, chez sa tante Penn (la sœur de sa mère) qu’elle connaît à peine. Là-bas, elle fait la connaissance de sa famille, mais surtout d’Edmond, son cousin, avec qui elle vit une intense passion amoureuse. Cependant, ce bonheur nouvellement trouvé ne dure pas. Un terrible attentat est commis à Londres, et la guerre totale est déclarée. Les adolescents laissés seuls tentent de s’organiser dans leur maison de campagne, loin de toute l’agitation de cette guerre qui leur semble si irréelle. Mais rapidement, les jeunes gens sont rattrapés par la réalité. La maison protectrice est saisie par l’armée britannique, et la famille éclatée. Daisy se retrouve avec Piper, sa jeune cousine de 9 ans. Toutes les deux, entrainées dans la tourmente d’une guerre qui les dépasse, devront se battre pour survivre et retrouver les leurs.



J’ai d’abord été déconcertée par le style de narration du livre, un discours indirect permanent, à la première personne.

« Elle m’a demandé comment allait mon père, qu’elle n’avait pas vu depuis des années, et j’ai dit Bien, sauf en ce qui concerne son choix de copines, là ça va pas du tout, mais il allait surement beaucoup mieux maintenant que je n’étais plus là pour le lui rappeler à longueur de temps. »

Ce style très oral plutôt inhabituel dans un roman m’a demandé une attention plus accrue. Toutefois, on s’y habitue relativement vite. Ce récit, entièrement raconté par Daisy après coup, nous rapporte donc les faits, ses impressions et ses sentiments de manière très directe. Sans fard, sans enjoliver ni s’appesantir. Le tout agrémenté d’une note d’humour qui rend l’histoire plus vraie, les faits tombant comme un coup de massue, d’autant plus grinçants.

« J’enrageais, j’étais désespérée, j’étais Job brandissant le poing en s’adressant à Dieu dans la Bible, et il n’y avait rien d’autre à faire que m’asseoir à côté d’elle, lui caresser les cheveux en lui murmurant chut, chut, assez maintenant – et effectivement, on en avait toutes les deux assez. […] On ne pouvait pas continuer comme ça. Mais on a continué comme ça »

Ce récit, rapporté plusieurs années après les faits, de manière très franche et brute, sonne comme un exutoire, une façon de dire tout ce qui s’est passé d’un seul trait, comme on se débarrasse de ses démons. Parce que ça s’est passé comme ça, et c’est tout.

Un roman très fort mettant en scène le combat à la fois contre soi-même et pour soi-même, en repoussant des limites parfois ignorées, pour acquérir sa propre place, sa liberté et celle de ceux qu’on aime.


Maintenant, c’est ma vie – Meg Rosoff – Albin Michel – Collection Wiz – Mars 2006 – 240 p. – 12€

Chi, une vie de chat - T.01 – Konami Kanata

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Voici un petit manga bien sympathique que j’ai découvert ces derniers jours.

Chi est un chaton curieux, un peu rêveur. Un jour, alors qu’il se promène dans la rue avec sa mère, il aperçoit un oiseau, ne le quitte pas des yeux… et se retrouve tout seul ! Il échoue épuisé dans un parc, jusqu’à ce qu’une famille le recueille… et c’est le début de l’aventure. Chi découvre son nouvel environnement…ses nouveaux maîtres, ses croquettes et les plantes vertes…l’appartement entier devient source de curiosité et de jeu, et l’on suit Chi dans son nouveau quotidien bien rempli.

Pendant cette lecture j’ai activé (avec grand plaisir, ma foi) le mode *complètement gâteux*, que j’adopte en général lorsqu’il est question de chats. Voilà une histoire, certes simple, mais ô combien drôle et adorable ! On ne peut s’empêcher d’avoir le sourire tout le long de la lecture, face à la petite Chi (oui, car il s’avère que Chi est finalement une femelle), à son cheveu sur la langue à la Caliméro (« Ze veux zouer ! »), et à ses attitudes typiquement félines, absolument craquantes. Qui n’y reconnaîtra pas sa propre boule de poils ?

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Pour les petits comme pour les plus grands, et aux amateurs de chats :-)

La suite est annoncée pour janvier.

Une note sur l’éditeur. Glénat a cette année, édité 3 mangas, one-shots ou début de séries dans la collection Glénat Kids, destinée aux plus jeunes (mais que les moins jeunes peuvent également lire avec plaisir). Les planches en couleurs, et le sens de lecture français font de Chi, une vie de chat, une très bonne passerelle entre les albums et les mangas en permettant de se familiariser en douceur avec le genre.

Chi, une vie de chat - T.01 – Konami Kanata – Glénat Kids – Novembre 2010 – 168 p. -10,55€

La vengeance de Germaine – Emmanuelle Eeckhout

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Parce que les histoires qu’on trouve dans les albums jeunesse ne sont pas toujours pétries de bonnes intentions, je vous présente un petit livre qui m’a énormément marquée.

Dans une basse cour, deux poules passent leur temps à se disputer.
Lulu, une belle poule plantureuse, volubile et appréciée de tous.
Et Germaine, une poule moche et acariâtre que personne n’aime.

Un jour, Lulu pond six beaux œufs, qui donnent six magnifiques petits poussins, polis et élèves modèles.
De son côté, Germaine pond un misérable petit œuf, qui donne un poussin tout malingre aussi mauvais que sa mère, méchant et cancre.

C’en est trop pour Germaine ! Elle décide d’agir. Elle se rend chez Lulu, avec un énooorme gâteau. « Tiens Lulu, faisons la paix » Lulu étant très gourmande, elle accepte. Chaque jour de la semaine, Germaine amène donc une pâtisserie à lulu qui se régale.

Le dimanche, les fermiers viennent dans la basse-cour pour chercher une poule pour le dîner.

« Prenez Lulu, c’est la plus dodue ! » s’écrie Germaine.

Et c’est ainsi que Lulu fut appréciée pour la dernière fois…



Un petit album à l’humour noir à prendre au second degré. Ou pas, d’ailleurs, puisque la jalousie est partout.



La vengeance de Germaine – Emmanuelle Eeckhout – Pastel – 2002- 8,50€

Menteuse - Justine Larbalestier

menteuse

Micah, 17 ans, est une adolescente vivant à New York, plutôt rebelle et perçue comme très étrange par son entourage. Car Micah est, entre autres choses, une menteuse pathologique. Les mensonges sortent de sa bouche de manière totalement naturelle sans qu'elle ne puisse s’en empêcher, et elle mène continuellement les gens en bateau. Un jour, Zach, le garçon avec qui elle sortait en secret est retrouvé mort dans Central Park. Une enquête est lancée. La police interroge l’entourage proche de Zach, et Micah est rapidement soupçonnée. Car tout le monde le sait, Micah est bizarre. De plus, elle adore courir dans Central Park, là où a été retrouvé le corps sans vie de Zach. Elle court très vite, d’ailleurs. Et ses mensonges dissimulent bien d’autres secrets, notamment la « maladie familiale », qu’elle doit cacher à tout prix. Quand on vous dit que Micah est étrange…

Micah nous raconte donc sa version des faits en promettant de ne dire que la vérité. Pour la première fois de sa vie, elle ne ment pas. Enfin, c'est ce qu'elle dit. L’histoire se déroule donc sous une apparente vérité, les aveux de Micah démêlant peu à peu le nœud de l’intrigue, révélant bien des secrets, et des informations cruciales…

Mais nous le savons, Micah a toujours menti, elle ne peut pas s’en empêcher. Comment la croire ?


Il est assez peu commun pour un lecteur de ne pas pouvoir faire confiance à son narrateur, et c’est à mon sens la grande force de Menteuse. On aimerait pouvoir croire aux histoires de Micah, mais on s’aperçoit bien assez vite qu’elle cherche à nous embobiner, comme les autres. Très souvent, elle nous raconte une partie de son histoire, placée sous le sceau de la vérité. Pour y revenir quelques pages plus tard, avouant les mensonges qu’elle y a semés. Le lecteur est mené en bateau jusqu’à la dernière page, baladé de mensonges en pseudo-vérités, jusqu’à ne plus savoir que croire…

Ce doute et ces remises en question permanents sont assez exaltants pour le lecteur qui tente tant bien que mal de ne pas tomber dans les pièges de Micah en essayant de démêler le vrai du faux dans ses confidences.

Au passage, je mentionne le fait que le récit ait vraiment la forme d'un discours oral d'adolescent avec le vocabulaire, les fautes de langue et la façon de parler qu'on peut retrouver dans la bouche d'une new yorkaise de 17 ans.

En bref, un roman absolument haletant qui se dévore jusqu'à la dernière ligne, et un très gros coup de cœur.


Vous pouvez en lire les premières pages ici


Menteuse - Justine Larbalestier - Gallimard jeunesse – Octobre 2010 – 320 p. – 13,50€