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lundi 5 juillet 2010

La Face cachée du Poisson-lune de Hervé Jubert

J'avais consacré en novembre dernier un article sur les quatre parutions simultanées inaugurant la collection "Chambres Noires". En voyant débarquer la deuxième fournée (deux volumes) en février (déjà!), je m'étais confirmé mon intention de continuer à la suivre. Entretemps, trois autres romans ont été publiés et deux autres encore sont prévus dans les mois qui suivent. Autant vous dire que je vais avoir un peu de mal à suivre et que mes interventions gagneront peut-être du retard au fil des mois.

Cinquième parution chez "Chambres Noires", donc, La Face cachée du Poisson-lune voit un autre auteur contemporain pour la jeunesse entrer en scène. Tout comme son confrère Nicolas Bouchard avec Augustine Lourdeix, Hervé Jubert a privilégié des héroïnes dans deux séries où le mélange des genres a droit de cité (chez Albin Michel, collection "Wiz", les trois volumes de Blanche, polar historique et la trilogie Morgenstein, polar/SF/Fantastique, publiée par la suite en Points SF.)

C'est pourtant un duo masculin de douze ans qui partage l'affiche du roman dont il est question. Jim Blackwell, fils du gardien du phare sur l'île Monte Christo, au large de la Floride, s'émerveille de la nature encore sauvage qui ne tardera pas à disparaître sous les coups de l'immobilier de luxe. Destruction commencée puisque quelques grandes baraques extravagantes de couples richards s'y sont déjà implantées. L'une d'elles abrite le couple Augusto et leur fils, Cecil, passionné des roman d'aventures de Stevenson (tiens, tiens, Hervé Jubert n'aurait-il pas par hasard rédigé une biographie sur l'auteur de L'Île au trésor, publiée par L'École des Loisirs, même pas deux semaines avant ce roman?) et d'illustrés (époque pulps, puisque l'action se déroule pendant la Prohibition).

Jim et Cecil se lient donc d'amitié un peu comme Tom et Huck (qui a dit David et Jonathan au fond de la salle?): blagues et défis, escapades sur l'île et l'épave d'un bateau, Jim lui apprend à nager, Cecil lui lit ses romans préférés, on a même droit à la petite brouille passagère avant la reformation réconciliatrice (quel est le trublion au fond de la salle qui a dit "contrairement à Wham"?). Pourtant Cecil semble un peu trop imaginatif et Jim réalise que Cecil a la fâcheuse propension à se prendre sérieusement aux jeux.

Les parents Augusto, friands de murder parties (prétexte à un début pastiche d'Agatha Christie plutôt réussi et à une pré-fin qui l'est moins, puisque l'auteur emploie un procédé de longue date éculé mais que je tairais), ont aussi quelques problèmes pécuniaires. Un héritage tant espéré ne résoudra rien puisqu'ils n'en seront pas les bénéficiaires et qu'il sautera une génération au profit de Cecil. Ce dernier, écoutant les engueulades de ses parents va se persuader qu'ils complotent pour l'assassiner.

Malgré quelques raccourcis et incohérences infimes qui ne choqueront peut-être pas le public ciblé, La Face cachée du Poisson-lune, se lit agréablement et réserve quelques surprises sympathiques. La fin est un peu expédiée, mais reste réaliste et préférable à cette fausse piste décevante à laquelle je fais allusion plus haut.

Sur ce, je vais essayer de ne pas trop tarder pour chroniquer Meurtre au Majestic de Marie Bertherat qui introduit dans la collection une série déjà commencée autre part, mais je m'appesantirai davantage là-dessus quand l'occasion se présentera.


La Face cachée du Poisson-lune, Hervé Jubert, Mango, coll. "Chambres Noires", 9 €.

3 commentaires:

Millie a dit…

Ce livre m'a l'air très intéressant!!
Je viens de commencer un blog de livres pour ados mais je n'ai aucun commentaire et cela me ferais très plaisir d'en avoir un de vous...
J'aime beaucoup ce blog, j'attend le prochain message!!

MV a dit…

coucou :)
pourrais-tu nous donner l'adresse de ton blog?
ça m'intéresse beaucoup!

Gilmoutsky a dit…

Salut Millie, et bienvenue. File-nous le lien vers ton blog et on l'envahira de commentaires, promis.