"Rana Toad", ça se mange?

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lundi 24 novembre 2008

Syngue Sabour

Pour Atiq Rahimi, Syngue Sabour est cette pierre à la Mecque à qui l'on confie ses malheurs, et qui suffisamment chargée explose pour annoncer l'apocalypse.

On ne pouvait choisir métaphore plus percutante pour le récit de cet auteur afghan : dans un huis-clos sur fond de guérilla, une femme oppressée par sa condition se libère. Elle se confie à son homme, un soldat du jihad plongé dans un coma profond par une balle.

Plus qu'un roman engagé, le récit statique distille une violence qui s'en va crescendo et nous rend spectateur impuissant des aveux de cette femme, écrasée par les traditions.
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Atiq Rahimi dédie son histoire à Nadia Anjuman, poétesse afganne batue à mort par son mari car elle était "trop libre".

Pour aller plus loin, l'histoire possible en tous lieux, racontant toutes oppressions, me fait penser au Message d'André Chedid. Un Goncourt qui se mérite (for once ^^)

3 commentaires:

Gilmoutsky a dit…

J'allais tout juste le mentionner dans mes lecture en cours et je vois que j'ai un métro de retard. Tu m'as devancé. A plus tard dans un futur commentaire!

Gilmoutsky a dit…

Après lecture intégrale du bouquin, je me permets d'émettre un avis bref et concis: violent et bouleversant. Une fin un peu trop brutale mais un personnage qu'on n'oublie pas.
Petit chipotage, ce sont aussi les secrets qui sont racontés à la pierre et elle explose pour tout révéler (Apocalypse=Révélation).

Gilmoutsky a dit…

oh dernière petite chose: style très simple mais qui dit beaucoup de choses.