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vendredi 19 juin 2009

Le mystère de dieux de Bernard Werber

Voici le troisième opus du “cycle des dieux” de Bernard Werber.
Que dire de plus pour présenter cet auteur qui n’a déjà été dit… rien, en tout cas je ne le tente pas.
Michael Pinson rechausse ses sandalettes en cuir et son Ankh d’élève dieu pour la troisième fois consécutive (la 5 ème apparition en tout avec « les Thanathonautes » et « l’empire de anges ») avec pour objectif de découvrir ce qu’il y a à la racine de l’univers, le « grand dieu », le 9 (oui car le 8 c’était Zeus, le 7 les élèves dieux, le 6 les anges etc). Aidé par ses compères incluant un bon lot de célébrités mortes reconverties en élèves dieux (Marylin Monroe, Mata Hari, Simone Signoret, etc), un autre de personnages de la mythologie grecque puis ses deux anciens compères thanatonautes, il va entreprendre de gagner la finale qui l’oppose à 11 autres élèves dieux.
Alors autant vous le dire tout de suite, je n’ai pas été passionné par ce livre. Un mélange de lourdeur, de promotion personnelle, de redites et de « je suis incompris pas les critiques » m’ont quelque peu déçu.
Mais surtout il en ressort un grand sentiment de vacuité.
C’est réellement dommage car cet auteur m’avait passionné par sa trilogie des fourmis et quelques autres. J’ai eu l’impression que la qualité de ses livres avait brusquement chutée dans la deuxième moitié de sa carrière et je me demandais pourquoi.
J’ai eu la réponse il y a 3 ans et j’ai continué à acheter ses livres en pensant que cela s’arrangerait. La raison est que son éditeur (Albin Michel je crois) lui a demandé de sortir un livre tous les 3 octobre de chaque année.
C’est totalement regrettable et incompatible avec une quelconque création artistique surtout pour quelqu’un dont la sensibilité à fleur de peau est aussi palpable.
Alors en mettant cela en perspective on comprend pourquoi ce livre a un goût de « pas complètement cuit ».
Avec de telles contraintes je le comprends complètement, plusieurs fois à la lecture j’ai eu la forte impression que si on disait à un auteur, même excellent, « bon ce matin on est mardi il est 9 heures, je veux 600 pages dimanche soir avant que je me mette devant la télé pour regarder stade 2, oui j’aime bien stade 2 » on obtiendrait exactement ce genre de résultat. Imaginez que l’on sorte Paul Bocuse de son lit à 7 heures du matin en lui demandant de faire un déjeuner pour trente personnes, pour une heure plus tard, tant pis s’il ne reste qu’un peu de semoule, 3 steak hachés surgelé et un pot de moutarde, pas le temps d’aller faire les courses, et bien je parie que le résultat final sera inférieur à une madame toulemonde qui aura 3 jours devant elle pour aller à ED faire pour faire les courses et regarder « un diner presque parfait ». En tout cas moi dans ce cas je pose 1 euro sur la ménagère (et 50 centimes tout de même sur Bocuse car bon…on ne sait jamais).
Pour revenir sur le livre certains passages m’ont tout de même plu et la surprise finale, bien qu’elle ait été totalement haï par la quasi totalité des internautes lorsque j’ai « googlé » le livre, m’a plutôt agréablement surpris, au moins c’est inventif. Cependant pour utiliser une formule entendue habituellement lors des retransmissions sportives, et bien trop souvent lorsque l’équipe de France joue, c’est « trop peu, trop tard ».
Si j’osais donner un conseil à monsieur Werber (là je fais ma meilleurs imitation d’un chaton qui donne une leçon de chasse à un tigre) ce serait d’aller dire ses quatre vérités à son éditeur « He les gars, allez vous faire voir, c’est MOI qui VOUS fait vivre, je ne veux plus de votre pression de patron d’Auchan, je sortirai mes livres quand je le souhaiterai, c’est comme ça et puis c’est tout. Grace à moi vous avez vendu des millions et des millions de livres, si vous n’êtes pas content je pars chez Actes Sud, Gallimard ou XO. »
Cependant je continuerai à acheter ses livres, ce n’est pas parce que j’ai été déçu 3 ou 4 fois (mais pas par les 2 premiers de la trilogie des dieux qui, malgré la tendance qui s’amorçait depuis un petit moment, m’avaient plutôt plu) que je vais oublier le bonheur et l’évasion que j’avais ressenti dans ses premiers livres. L’auteur m’avait tellement fasciné, interpellé, fait rêver, amusé et scotché avec ses fourmis, son père de nos pères et son ultime secret qu’il a gagné un billet « achat à vie » avec moi.
Et oui je préfère être dirigé par une première impression au risque d’être déçu de temps en temps que de dire « bon là c’est trop j’achète plus rien » au risque de passer un coté d’un bon livre. C’est comme ça je suis trop gentil, je laisse la chance aux auteurs et je n’arrête jamais la lecture au milieu. Bien souvent j’ai tord, mais pas tout le temps, mais en tout cas je ne le regrette jamais.

Le mystère des dieux, le livre de poche, 7,5€

1 commentaire:

Susan Calvin a dit…

Je me suis arrêtée aux Fourmis ^^