"Rana Toad", ça se mange?

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lundi 2 mai 2011

Memories of Retrocity

Il y a des romans graphiques qui redonnent envie de chroniquer, surtout quand on n'a plus le temps parce que l'on vient d'ouvrir sa librairie!



Résumé:


"À la veille de l’hiver 2004, William Drum, ex-inspecteur de la police criminelle de Chicago, est exilé par ses supérieurs à Retrocity.

Retrocity, la Cité déchue, fermée sur elle-même, que l’on tente de faire disparaître des consciences depuis plus d’un demi-siècle.

À l’aide d’une machine à écrire trouvée dans son appartement, William se lance dans la rédaction de son journal de bord, et s’enfonce dans la ville.
Une ville hors du temps, que les citoyens ont depuis longtemps désertée.
Une ville où la mécanique remplace les organes humains.
Une ville malade et rongée par un étrange virus.
Une ville de laquelle on ne revient pas."

Une ambiance suffocante, polar années 50 et steampunk règne sur une ville dans laquelle le peu d'êtres humains encore présents ont fusionné avec leur objet fétiche. Le héros va se donner comme mission de percer le mystère de l'omniprésente société de mécanique Hover en essayant de ne pas tomber lui-même dans la folie. Mais il est sous surveillance et "on" ne le laissera pas échapper aussi facilement à la maladie qui ronge la ville.

Une plongée aussi envoutante que perturbante qui explore la question de l'instinct de survie humain.
A conseiller aux fans de Lovecraft et Blade Runner, le film.

Une interview de l'illustrateur sur Frenchsteampunk.fr, avec une vidéo que lorsque vous l'avez vu vous êtes foutu, vous l'achetez!

Le site internet officiel

Pour vous expliciter mon amour de ce roman graphique j'expose quelques reproductions de planches jusqu'à la fin du mois dans ma librairie, merci à l'éditeur et à Bastien, l'illustrateur!

Le vernissage aura lieu ce vendredi à partir de 18h30 en partenariat avec l'association French Steampunk :)

Rappel de l'adresse:

Librairie L'Antre-Monde
142, rue du chemin vert
75011 Paris
Métro: Père-Lachaise

Album facebook de l'expo

Bastien Lecouffe Deharme, éditions Du Riez, mars 2011.

mardi 14 décembre 2010

Le gondolier des ténèbres et autres contes de la peur

En tant que libraire j'ai parfois l'impression que les beaux livres de contes sont chasses gardées de la collection Métamorphose, chez Soleil, Seuil ou encore Gallimard Jeunesse(liste non exhaustive).
Or les éditions [Mic-Mac], que certaines chroniqueurs de ce blog connaissent bien pour avoir partagé des bancs de cours avec son directeur, sortent ce magnifique ouvrage.

A la fois beaux-livre, illustré par Xavier Colette, à qui l'on doit la dernière version d' Alice au pays des merveilles chez Drugstore, et recueil de contes cruels et angoissants, écrits par Gudule, dans la digne ligne des contes traditionnels, Le Gondolier des ténèbres et autres contes de la peur regroupent 5 histoires.

Dans La Bête aux crocs rouges une fille maudite par un sorcier se transforme en louve lorsqu'elle revêt une peau de bête. Elle trouve l'amour sincère mais il pèche par trop de bonne attention... Une variante très émouvante de la figure de la malédiction guérie, ou pas, par l'amour sincère.

Dans Le Diable et le bûcheron un nain demande au diable d' échanger son corps avec celui d'un bucheron beau et aimé de tous. Mais il va vite s'ennuyer et demander un autre transfert. S'en suivra un cercle vicieux à la conclusion tragique et ironique. Un conte sur l'éternel insatisfaction et ingratitude de l'être humain.

Dans Le Gondolier des ténèbres deux amis se promettent d'assister au mariage l'un de l'autre mais la mort les sépare. Le mort tient sa promesse et apparait sous forme de fantôme que seul son ami peut voir à son mariage. Il passera pour fou auprès de son épouse et sa famille et voudra lui rendre la pareille. Il partira sur ses traces dans le royaume des morts. Un conte très émouvant sur le pouvoir de l'amitié.

Dans L'Orgue du bois-minuit le diable donne un bien étrange compagnon à un moine qui se sent désespérément seul. Une variation sur les thèmes du double maléfique et de l'ogre sur fonds d'enquête quasi policière à la recherche d'un criminel en série féroce et dangereux.

Enfin dans Les Veilleurs de l'abîme un paysan ramenant du blé noir, représentant sa seule fortune, rencontre des trolls affamés qui useront de malice pour l'amener dans le royaume de leur seigneur. Mais il ne se laissera pas faire! Un conte sur les thèmes du pouvoir grisant, des charmes étranges, et de l'héroïsme.

En conclusion:

Gudule respecte parfaitement les étapes classique du conte, n'emploie pas de sentiments bateaux tout rose bonbon frelaté mais apporte au contraire un aspect morale par l'emploi de l'effroi cathartique.

Bande annonce sur le site de l'éditeur

Site officiel de l'illustrateur Xavier Colette

Gudule et Xavier Colette, éditions [Mic-Mac], octobre 2010.

samedi 27 novembre 2010

Kadath, Le Guide de la cité inconnue - Attention chronique spécial cadeau de Noël obligatoire, en toute objectivité biensûr!

Après le Guide de la cité des ombres, que chroniqua ici mon collègue Damo, les éditions Mnémos publient, dans la même collection Ourobores, l'exploration de la cité de Kadath d'après l'œuvre de H.P. Lovecraft.
Ce guide prend comme point de départ la nouvelle La Quête onirique de Kadath l'inconnue, publiée précédemment chez J'ai lu SF et reprise dans le recueil publié dans le même temps par l'éditeur Les Contrées du Rêve, que mon collègue LucaKaCouCou se fera un plaisir de chroniquer prochainement.

Deux modes de lecture sont suggérés au lecteur:

- une lecture thématique sous forme de guide pur, limite touristique : quels sites voir absolument, où boire, où manger, comment se déplacer, les documents découverts au fur et à mesure des rêves, les langues, les peuples et créatures que l'on peut rencontrer.
Toutes ces découvertes sont explicitées par des pictogrammes ("folies et mythes") et une échelle décrivant son intérêt et son danger pour l'esprit humain. Le lecteur peut ainsi faire des aller /retours pour se référer aux cartes et gloses présentées à côté du corps du texte.
Cette lecture est présentée en trois parties: les Rêves de Kadath, les premiers rêves et cauchemars des quatre rêveurs (je développe plus loin), les Dieux de Kadath et les Quêtes de Kadath.

- ou une lecture littérale qui suit les pas de quatre personnages/ rêveurs de façon alternative : L' Innomé un voyageur/vagabond, Randolf Carter, le personnage de Lovecraft ( j'ai conscience que certains n'ont pas besoin de ce rappel), à travers une nouvelle inédite qui aurait été découverte après la mort de Lovecraft, Aliénor, la religieuse bénédictine toujours féconde qui serait morte en béatitude et qui erre dans une région bien précise, et le Saigneur, seigneur du Lazaret, agent des autres dieux, l'infâme mythique auteur du Nécronomicon Abd Al-Azrad (que je ne voyais pas du tout comme ça en passant, fin du mode chipotage).

Ces personnages croiseront de temps à autre un Lovecraft redevenu enfant (dont les voyages sont aussi évoqués).

Le lecteur se prend vite au jeu d'une mystification troublante, et immédiatement immersive, grâce à des illustrations reflétant parfaitement l'œuvre de Lovecraft et l'entremêlement des différents textes renforçant le sentiment de confusion et d' illogisme.
Il aura ainsi du mal à admettre qu'il existe un monde hors des Contrées du rêve, appelé notre monde réel, dans lequel ce guide n'est qu'un guide magnifiquement illustré et dans lequel l'innomé est Raphaël Granier de Cassegnac, Auguste Phlistin, "le rêveur éveille, peintre et cartographe" est l'illustrateur Nicolas Fructus, David Camus le traducteur de Randolph Carter, Mélanie Fazi sœur Aliénor et Laurent Poujois le Saigneur, seigneur du Lazaret, Abd Al-Azrad.


En bonus pour avoir les yeux qui saignent sur les illustrations:

- site officiel du guide (cliquer sur le symbole en forme d'étoile à droite de la couverture pour entrer sur le site)
- site officiel de l'illustrateur Nicolas Fructus, dont sort dans le même temps la bande dessinée Showman killer aux éditions Delcourt sur un scénario d' Alejandro Jodorowky.

D'autres bonus sur le site de l'éditeur.

Kadath, Guide de la cité inconnue, éditions Mnémos, collection Ourobores, novembre 2010.

mercredi 3 novembre 2010

Les bistrots merveilleux

Le détective Guy La Serpe, accompagnée de sa truie bigoudène Naphtaline, est engagé pour retrouver Pséphorène, l’épouse du mystérieux Monsieur H. Sade. Cette enquête les amènent à fréquenter de curieux endroits dans toute la Bretagne. Un café-tabac fréquenté par des loups-garous ; un salon de thé où se rendent des sorcières avec pour gérant Merlin ; une guinguette de sirènes dirigée par le capitaine Némo ; et pour finir, un cabaret pour nains.

Ce livre, qui est avant tout un album, possède de multiples illustrations très colorées qui en font un très bel objet. L’approche des dessins est assez caricaturale et présente un côté assez enfantin. Toutes fois, certaines illustrations possèdent des raffinements précieux, comme des détails qui ornent les carafes et autres porcelaines.

Quant au récit, il est drôle et est empreint de références notamment mythologiques. J’imagine qu’il s’agit d’une première partie (le sous-titre est « première tournée ») et qu’une suite est attendue. En effet, la façon dont se clôt le livre m’a vraiment laissé sur ma faim ! Espérons donc qu’il y ait une suite bien qu'il s'agisse d'une parution de 2007...

Extrait choisi :
Le patron se tourne à nouveau vers moi :
-Au fait, je ne me suis pas présenté. Merlin. Merlin l’Enchanteur, enfin ce qu’il en reste… Comme vous pouvez le constater, depuis la disparition des Chavaliers de la Table Ronde, je me trouve réduit à servir du thé à des ogresses diabétiques. Elles furent toutes des sorcières redoutées à leur époque et aujourd’hui’, on n’allumerait même pas un barbecue pour les brûler…
(Chapitre « Le salon de thé des sorcières »)
Illustrations de Marc Le Rest, Textes de Marc Le Rest et Cristian Esculier, Éditions Terre de brume, 2007, 96 pages, 25€

dimanche 1 août 2010

Mon journal de Geisha, cinq ans d'apprentissage à Kyoto - Komomo et Naoyuki Ogino

mon_journal_de_geisha_cinq_ans_d_apprentissage_a_kyotoQuiconque me connaît un peu sait quelle fascination exerce sur moi le monde des fleurs et des saules, et avec quelle joie j'accueille chaque nouvelle parution de tout support traitant le sujet. Jusqu'à présent mon livre préféré était Ma vie de Geisha, de Mineko Iwasaki. Cette autobiographie est à mon sens la plus révélatrice du quotidien des geishas contemporaines, et de ce fabuleux mélange de traditions et de modernité.

Récemment, j'ai découvert Mon journal de Geisha, cinq ans d'apprentissage à Kyoto, dans lequel on suit le quotidien de la maiko (apprentie geisha) Komomo dans le quartier de geishas de Miyagawa-cho. Pour ma part, j'avais découvert la jeune Komomo et son amie Kosen dans un documentaire intitulé "Carnets du Japon" diffusé sur la 5 il y a quelques années. C'est donc un réel bonheur de les retrouver toutes les deux, et de découvrir davantage leur vie quotidienne, extrêmement codifiée, et les coutumes traditionnelles qui accompagnent le rythme des saisons japonaises.

Le livre est ponctué de nombreuses photographies, prises par Naoyuki Ogino, qui illustrent les paroles de Komomo. C'est pour moi le gros point fort de ce livre, et la raison pour laquelle il occupera désormais une place de choix dans ma bibliothèque. En effet, même en ayant lu des autobiographies et documentaires divers sur les geikos, on trouve relativement peu de documents visuels, ou de photos, ce qui reste une source de frustration. Il est évident qu'on ne peut jamais très bien se visualiser les choses qui appartiennent à d'autres cultures, et qui par conséquent ne nous sont pas familières, sans support visuel ou auditif. Difficile effectivement, malgré les nombreuses descriptions des auteurs, de se représenter les dessins d'un kimono, les coiffures, les danses des geikos ou le son du shamisen si on ne peut pas les voir et les entendre directement. C'est donc avec une grande satisfaction que j'ai pu observer les détails des kimonos, la complexité des coiffures ou l'intérieur des okiyas (maison de geikos) , chaque photo étant ponctuée par les commentaires et anecdotes de la petite Komomo. (je dis petite, car elle est réellement adorable, avec son visage rond et des allures de petite poupée japonaise) Elle contribue donc à lever le voile sur l'univers des geikos, tordant une fois de plus le cou aux idées préconçues qui assimilent les geishas à des prostituées. Eh oui, malgré les nombreuses biographies de geikos et les documentaires sur le sujet, les préjugés ont la vie dure.

Il faut souligner que Komomo a un parcours plutôt atypique, puisqu'elle est née au Mexique et a vécu en Chine. Elle est finalement devenue maiko (et plus tard geiko) en contactant Koito-san, une ancienne geiko sur le point d'ouvrir sa propre okiya, par le biais de son site internet. Une anecdote plutôt amusante, je trouve, quand on sait à quel point la vie des geikos est figée dans le temps, un morceau de passé au milieu du Japon moderne.

Un superbe livre donc, qui deviendra indispensable pour les amateurs de cet univers si particulier.


Mon journal de Geisha, cinq ans d'apprentissage à Kyoto - texte de Komomo, photographies de Naoyuki Ogino - Aubanel - 29,00€

mercredi 14 juillet 2010

Le Grimoire de Korilfand

Voici un roman illustré, d'après les propres dires de l'illustrateur Michel Borderie qui me l'a présenté aux Rencontres de l'imaginaire le 26 juin, merci pour son accueil en passant.

Dans la digne lignée des romans d' Héroïc Fantasy les plus reconnus, que je ne ferais pas le blasphème de citer, Michel borderie nous fait découvrir la mémoire d'un temps infini dont est le témoin ce grimoire conservé par les Elfes Dieux. Le dit grimoire retrace les guerres, leurs origines et aboutissements, surtout celle avec le chaos, mais aussi peuples et puissances en question.
On retrouve bien sûr tous les grandes ethnies habituelles tels les orques (ici les Garks), nains, silvaniens, barbares, dragons, mages sorciers, amazones, magiciennes, pirates, voleurs, créatures du chaos et sirènes. Mais aussi cylvardiens, efalhinds, martuliens, races hybrides ou humaines originales. Un bestiaire exhaustif est rajouté à la fin de l'ouvrage afin de donner un aperçu de toutes les petites bêbêtes bien sympathiques, ou pas, qui peuplent aussi ce monde.

L'originalité de ce artbook est qu' illustrations et texte, plus développé qu'à l'accoutumé, sont plus imbriqués que dans les artbook dans lesquels le texte n'est qu'une description vague des personnages ou situations représentées. Ce Grimoire permet ainsi de découvrir, mais aussi de retracer, une chronique historique de cet univers aux grandes lignes classiques respectant les poncifs du genre mais appliquées à un univers orignal.

Au niveau du style Michel Borderie alterne les techniques: crayonné pour les esquisses, et peinture pour les différentes créatures, qui confère aux illustrations un souffle épique. Cette diversité apporte densité et profondeur à l'ouvrage.

En conclusion un ouvrage à découvrir qui change des artbooks magnifiques des Éditions Daniel Maghen, pour ne citer qu'eux.

Site officiel de l'auteur et dessinateur
Premières pages

Michel Borderie (illustration et texte), Éditions Spootnik et Arcantès, collection Images de légendes, mai 2010.

vendredi 4 juin 2010

Libertine

Attention je préviens d'avance que cette chronique est placée sous le signe de la subjectivité de fan bête la plus totale!

Voici chez Ragage la réédition de Libertine, le second recueil de photographie d'Andy Julia sans texte. Qui est Andy Julia pour les novices? Photographe sensible des beautés semblant venir des 18ème ou 19ème siècles, époques des jolies filles pas sacs d'os comme maintenant, vêtues de dentelles et corsets à l'air mélancolique ou subtilement coquin, il est à la recherche d'une idéalisation de la beauté.
Comme d'habitude chez cette éditeur la mise en page est particulièrement soignée et un tirage est inclus en fin d'ouvrage. On refermera ce livre avec nostalgie et l'envie de s'y replonger régulièrement!

Site officiel pour se faire une idée de son travail

Dossier de presse d'une exposition qui date de 2 ans mais juste pour montrer d'autres exemples de son travail.

A voir aux Cabinets des curieux, une galerie d'art alternative bien sympathique, une exposition des œuvres des dernières parutions de l'éditeur, jusqu'au 5 juillet.

Merci à Andy Julia pour sa dédicace très sympathique lors de la dédicace le 3 juin !

Andy Julia, Éditions Ragage, collection photo Fetish et Vintage, 17€90.

mardi 4 mai 2010

Abyme - Le guide de la Cité des Ombres

Dieu que je l'aurai attendu longtemps celui-là ! Je ne saurai même plus quand a été initié le projet au départ, mais je me rappelle avoir pu contempler certaines planches d'illustrations originales dans les locaux de Multisim avant que cet éditeur de jeu de rôle ne disparaisse...
Abyme est une création de Mathieu Gaborit qui prend place dans le monde des Royaumes Crépusculaires : deux romans sur Abyme ont vu le jour, ainsi que le cycle d'Agone, tous chez Mnémos il y a bien dix mille ans. Le cycle d'Agone est ce que je considère personnellement comme la plus belle réussite de fantasy française, et je serais curieux d'entendre les arguments de ceux qui ne seraient pas d'accord.

Mais parlons plutôt de ce magnifique ouvrage,
plutôt que du passé : le guide de la Cité des Ombres est le premier titre de la collection Ourobores des éditions Mnémos.
Et quel premier titre ! 240 pages d'un format longiligne (j'ai oublié le terme technique, laissez moi tranquille), toutes en couleurs, avec une bonne centaine d'illustrations. La plupart de Gérard Trignac, un artiste exceptionnel que je vous engage à découvrir.
Ce guide s'inspire donc d'un cycle de romans, mais aussi d'un jeu de rôle qui fut créé quelques années après, pour compléter celui créé dans le monde d'Agone. Malgré cela, il décrit uniquement la cité d'Abyme, à la façon d'un guide touristique enluminé et enrichi de cartes (d'une précision remarquable). Pas besoin d'être forcément familier des romans et des jeux de rôles pour apprécier ce magnifique objet, qui est plus qu'un livre de qualité, mais aussi et surtout, l'aboutissement acharné d'un rêve de ceux qui l'ont imaginé il y a plusieurs années et ont eu la ténacité de le mener à bien.
Passionnant, foisonnant, éblouissant, voilà tout ce qu'est ce livre.
Alors certes, oui, je ne suis pas extrêmement objectif, mais tenez le dans vos mains une fois, bon sang de bonsoir !!! Il le mérite.

Abyme
Le Guide de la Cité des Ombres
Mnémos Ourobores
36€

vendredi 9 avril 2010

Kamisama

Voici l'une des séries les plus jolies au niveau illustrations et les plus poétique au niveau de l'écriture que j'ai eu l'occasion de lire! Chaque tome est séparé en trois histoires .

Dans le premier tome La Mélodie du vent, la première histoire Dans le ventre du chat,est celle d'une petite fille, Lucie, qui lors d'une promenade seule va se retrouver dans une prairie en suivant un chien parlant. Ils croisent alors un énorme chat qui broute des fleurs... au goût de pâté constatera-t-elle en les goûtant à son tour. Elle se fait alors manger par le dit chat qui la recrache toute nue dans sa chambre. Une histoire qui pose la question de la limite entre rêve et réalité.
Dans la seconde Le Chat-pluie une autre petite fille rencontre un autre chat près d'un hazame, temple marquant l'entre-monde entre vivants et morts. Elle parviendra à retourner dans le monde des vivants grâce à une pierre qu'il lui donnera. Elle n'oubliera jamais l'expérience ni le chat mais le perdra de vue.
Dans la dernière histoire Shimashima encore une autre petite fille Miyako retrouve cette pierre et l'offre à son autre petit chat Shimashima comme collier. Mais elle tombe dans le coma. Il l'a ramènera dans le monde des vivants grâce à la pierre, sous le conseil du chat précédent, "le vénérable", en s'interposant entre elle et l'obscurité, vision de la mort. La pierre se brisera et elle sortira du coma!

Cette histoire d'amitié sera le fil rouge de la série.

Dans le second tome Les Contes de la colline dans la première histoire La Déesse de la colline on suit Miyako dans ses visites à la dite déesse à travers les saisons, ses vêtements changent successivement. La petite fille déménage mais la retrouve toujours à la même place lors de ses visites suivantes. Le rôle de la déesse Sakura serai-il de constituer un repère émotionnelle réel ou imaginaire?
Dans la seconde histoire Le cerisier électrique Sakura a d'autres amies déesses dont une des lignes électriques qui la mène à la petite fille pour lui montrer les nouvelles feuilles de son cerisier dans sa nouvelle ville. Un gâteau sera crée en hommage à ces feuilles spécifiques qui n'existent pas dans cette ville!
Dans la dernière histoire Shimashima au pays des déesses le fameux chat de la fin du premier tome est accusé du vol de la pierre mais les déesses du temple et de la colline vont l'aider à rentrer chez lui et à traverser la vallée des songes.

Dans le dernier tome Au bout du chemin dans la première histoire La déesse de la neige une autre petite fille rencontre cette déesse et celle de la colline mais tombe dans une faille en allant admirer une fleur de neige. La déesse de la neige fera alors fondre la neige et la petite fille se retrouvera allongée dans la prairie près du cerisier. La déesse de la neige s'endormira alors pour très longtemps ... il n'y aura pas de neige pendant des décennies.
Dans la seconde histoire La déesse du malheur une autre petite fille fait la connaissance de cette déesse qui contrôle la balance entre le bonheur et le malheur. Mais quel sera le prix à payer pour que cette petite fille est plus de chance et que sa malchance tombe sur quelqu'un d'autre? La somme dépend de la fortune de la personne demandeuse.
Dans le dernière nouvelle de cette série Shimashima et Miyako toutes les déesses vont se rassembler et se renseigner auprès de touts leurs congénères afin d'aider le chat à retrouver son amie et ainsi reconstituer la pierre avec la bout manquant qu'elle a conservé.

Une série poétique aux couleurs pastelles parlant avec humour et émerveillement de sujets graves tel la mort, la malade ou plus légèrement de l'amitié et tout ce qu'un chat est près à franchir comme obstacles pour retrouver son amie grâce à des divinités enfantines aux rôles bien définis reflétant le panthéon des divinités mythologiques japonaises.

Premières pages

Keisuke Kotobuki, Éditions Ki-oon, mars 2010.

dimanche 21 mars 2010

Le Royaume Enchanté de Paul Kidby

Surtout connu pour ses liens avec Terry Pratchett, dont il illustre les couvertures du Disque-monde (L'Atalante) depuis la mort de Josh Kirby en 2001, et avec lequel il a coécrit L'Art du Disque-Monde en 2007, Paul Kidby collabore cette fois avec sa femme.

Le Royaume enchanté est un hommage à mère nature en quatre partie.
Dans la partie sur La gent ailée on croise fées, lutins, gnomes, nains, griffons et gnome des arbres à dos de chouette.
Dans la partie sur le peuple de la terre on croise licorne, chasseur de choux, attrapeur de noix et gobelins.
Dans la partie sur Le peuple des mers on croise nymphes, sorcières et sirènes.
Enfin dans la partie sur Le peuple du feu on croise forge, fée de la foudre, nymphe du feu, chasseurs d'étoiles, dragons de légende et maître-dragon.

On ne peut qu'être émerveillé devant ce spectacle mariant parfaitement dessins et textes humoristiques qui donne envie de revoir tous le travail de ce maître de l'illustration.

La bande annonce et des planches originales sur le site de l'éditeur

Paul et Vanessa Kidby, Éditions Daniel Maghen, novembre 2009.

mercredi 17 mars 2010

Le Royaume Enchanté de Paul Kidby

Surtout connu pour ses liens avec Terry Pratchett, dont il illustre les couvertures du Disque-monde (L'Atalante) depuis la mort de Josh Kirby en 2001, et avec lequel il a coécrit L'Art du Disque-Monde en 2007, Paul Kidby collabore cette fois avec sa femme.

Le Royaume enchanté est un hommage à mère nature en quatre partie.
Dans la partie sur La gent ailée on croise fées, lutins, gnomes, nains, griffons et gnome des arbres à dos de chouette.
Dans la partie sur le peuple de la terre on croise licorne, chasseur de choux, attrapeur de noix et gobelins.
Dans la partie sur Le peuple des mers on croise nymphes, sorcières et sirènes.
Enfin dans la partie sur Le peuple du feu on croise forge, fée de la foudre, nymphe du feu, chasseurs d'étoiles, dragons de légende et maître-dragon.

On ne peut qu'être émerveillé devant ce spectacle mariant parfaitement dessins et textes humoristiques qui donne envie de revoir tous le travail de ce maître de l'illustration.

La bande annonce et des planches originales sur le site de l'éditeur

Paul et Vanessa Kidby, Éditions Daniel Maghen, novembre 2009.

dimanche 7 mars 2010

Fantaisies souterraines - Nues dans le métro


Voici un exemple ravissant des livres de photographies de l'éditeur Ragage collection Charme et érotisme.

Dans.Fantaisies souterraines - Nues dans le métro le photographe Jam Abelanet nous livre ses fantasmes inspirés par ses rêveries dans le métro parisien. Femmes nues ou un peu habillées de vêtement ou de cordes de bondage photographiées avec art et sensualité. Le photographe privilégie une approche ludique de la réappropriation des lieux et lumières plus sous forme de rêverie que d'exploration exhaustive de pratique sexuelle. Les photographies sont elles-même dénuées de commentaires mais une préface rappelle l'approche artistique de l'artiste.

Chaque titre de la collection est vendu avec un tirage photo.

Une interview du photographe
Son site officiel
Fiche sur le site de l'éditeur

Jam Abelanet, éditions Ragage, collection Charme et érotisme, mai 2008.

dimanche 28 février 2010

Edmund Dulac 1882-1953 : de Toulouse à Londres

Il s’agit du catalogue de l’exposition "Edmund Dulac 1882-1953 : de Toulouse à Londres" qui se tint à la médiathèque José Cabanis à Toulouse en 2008. En plus des reprographies de nombreux dessins, on trouve une biographie de l’artiste toulousain qui devint par la suite anglais (et transforma donc son prénom Edmond en Edmund). Rares sont les documents francophones concernant l’artiste, c’est pourquoi ce livre est plus que bienvenu. Tout comme son homologue Arthur Rackham, auquel il fut très vite comparé, Edmund Dulac fut connu de son temps pour avoir illustré ce que l’on appelle les gift books, beaux livres très prisés à l’époque en Angleterre puis aux Etats-Unis. Il illustra de nombreux contes dont ceux d’Andersen et les mille et unes nuits. L’originalité du travail de Dulac est dans l’orientalisation de ses sujets, ainsi que son utilisation des textures et des couleurs. Loin de stagner dans un même style, il évolua notamment en laissant de côté les perspectives pour se concentrer sur les textures et les tracés. Il se dirigea aussi vers la décoration, notamment de pièces de théâtre, et dans la réalisation de vignettes, dont celles de timbres postaux. Dans le contexte de la première guerre mondiale, on découvre aussi un monde bouleversé. Le monde de l’édition est mis en lumière et nous permet de comprendre le fonctionnement des reproductions des illustrations. Un ouvrage précieux par sa rareté qui nous permet de découvrir un artiste majeur du 19ème siècle, tout du moins en Angleterre…

Pierre Nouilhan, Éditions du Rouergue, 2008, 119 pages, 30€

mercredi 17 février 2010

La Peur qui rôde

Les Éditions Alternatives inaugurent leur nouvelle collection Tango avec la réédition de cette nouvelle de Lovecraft. J'entends les mauvaises langues dirent: "Mais on n'a pas fait le tour de Lovecraft?" et bien pas sous l'angle novateur qu'apporte cette collection! En effet son but est de croiser un texte bien connu avec la vision d'un plasticien, artiste ou photographe. Et le résultat en est tout simplement bleffant!

Romain Fournier, grâce à l'emploi de maquette, de photographie, de sculpture et d'infographie le tout parfaitement mêlé au texte parvient à rendre l'horreur, le dégout et la folie de l'auteur.
La vision des extraits de l'ouvrage, du site de l'illustrateur et de l'exposition présentant des planches et des maquettes ainsi que la pochette du cd vendu à part s'impose!

Extraits sur le site de l'éditeur

Site officiel de l'illustrateur

Une exposition lui est consacré au Dune du 7 au 21 mars à Paris

Merci à l'éditeur pour cette découverte.

Note: Les Éditions Alternatives seront présentes à la prochaine cession de Place aux Livres le 19 mars (voir site officiel pour plus de renseignements) avec Un Nouvel art de militer.

samedi 30 janvier 2010

L'univers des Nains

Voici un magnifique recueil d'illustrations montrant qu'ils existent d'autres visions du peuple des nains que celle de Tolkien ou Disney.
Les illustrations de Guillermo Gonzalez associées aux textes de Laurent et Olivier Souillé permettent de découvrir une culture et des croyances beaucoup plus développées que l'image couramment véhiculée sur ce peuple. On peut distingué trois séquences: les croyances et mythe de la création, la vie de tous les jours et l'art au quotidien.

Sont abordés dans les croyances et mythe de la création les origines mythiques dans les ruines d'Ilanith, les premières rencontres avec d'autres espèces et donc batailles, le premier roi et son trône, le départ des survivants pour permettre la perpétuation de la race, les montures employées, "l'alliance sacrée" avec les loups, les messagers et les mages et fées.
La vie de tous les jours est illustrée par une journée typique des enfants nains, les cérémonies du mariage, de la naissance, les différentes festivités, l'école, qui permet de découvrir les autres races, et enfin introduire le concept de passage à l'âge adulte ainsi que sa signification rituelle.
Enfin sont développés les arts les plus importants au quotidien: la conception des habits, de la bière, la forge, "l'herbe des dieux", le dressage des dragons comme arme essentielle de guerre et enfin la mort du roi comme fin d'un cycle nain.

Les nains ont donc une vie bien remplie en dehors des batailles et de la bière!

Un groupe Facebook pour soutenir la création de L'Univers des elfes afin de compléter la collection dans laquelle sont déjà paru L'Univers des nains, L'Univers des dragons ( 2 tomes) et L'Univers féérique de Olivier Ledroit (2 tomes).

Guillermo Gonzalez, Laurent et Olivier Souillé, Editions Daniel Maghen, octobre 2009.

Contes Aux quatre Vents


La sortie du dernier opus de Florence Magnin est une bonne occasion pour faire découvrir aux personnes qui ne la connaissent pas encore cette grande dame de l'illustration! Loin d'autres illustrateurs très prolifique, Florence Magnin est surtout connue pour ses séries L'Autre Monde, Mary La Noire et L'Héritage d'Emilie, toutes parues chez Dargaud.
Mais elle ne débute pas cette fois une nouvelle série, contrairement à ce qu'attendent avec impatience ses fans. Elle nous revient avec un livre d'illustration abordant les légendes et mythes hantant son univers depuis ses débuts à travers le cycle des saisons.

Le printemps est illustrée par les légendes bretonnes et les évocations des personnages et lieux: la forêt, Eithne, Dahud, la princesse, Mère Mélaine, et le mariage de la fée.
L'été permet d'aborder les grands personnages des légendes antiques grecques: Pan, La Pythie, Méduse, Le Minotaure, Charon, Circé, les Naïades et Dryades.
L'automne nous entraîne dans les steppes russes à la découverte des buveurs de lune, de l'arbre généalogiques des sorcières (on y croise en autre Lavinia, Lamia, Thécla...), la fête de Samhain, L'étoile, La Horde et les gardiens.
Enfin l'hiver permet l'évocation des légendes nordiques: Freya, la fête de Noël, Vassilissa, Le dragon des neiges.
Un très beau cadeau à offrir ou s'offrir!

Fiche de l'ouvrage sur le site de l'éditeur

Lien vers l'émission spéciale Un Monde de bulles et ici (une émission passionnante ayant comme thème principal la bande dessinée diffusée sur Public Sénat).

Voir des extraits de ses bandes dessinées sur un site non officiel

Textes et dessins de Florence Magnin, Éditions Daniel Maghen, novembre 2009.

vendredi 15 janvier 2010

Gimme dat, gimme dat Koooomix !


De cadeaux en lectures, j'ai découvert il y a peu de temps plusieurs auteurs de BD sud-africains qui m'ont emballé. Joe Dog, Conrad Botes, Joe Daly, Lorcan White...

Le problème est qu'ils ne sont pas publiés en France (à l'exception de Joe Daly et d'une BD de Botes prévenez moi si je me trompe !), les autres n'apparaissent pour l'instant que dans un ouvrage paru chez l'Association (publié en février 2009), mais pas des moindres !

Ce superbe livre est une compilation "best-of" de la revue de BD Bitterkomix crée en 1992 à Stellenbosch (Afrique du Sud) par Joe Dog (alias Anton Kannemeyer) et Conrad Botes (alias Konradski). Cette version française bénéficie d'une longue introduction de Jean-christophe Menu qui explique très bien le contexte de la création de la revue et l'évolution du travail des deux artistes.

La ligne éditoriale de Bitterkomix est de s'attaquer aux Afrikaners et à l'Apartheid. Cette dénonciation est omniprésente, violente, drôle (d'un humour on ne peut plus noir, c'est le cas de le dire), souvent volontairement choquante. Ceci dit, le sens de leurs illustrations n'est pas toujours flagrant ; du moins au premier regard. C'est de la BD qui donne à réfléchir, pas de celle qu'on parcours des yeux en comprenant instantanément le message. Il y a aussi un côté Crumb, dans l'exploration de fantasmes, de pulsions malsaines, dans la misanthropie et le dégoût de la société.

D'un point de vue formel, (j'adore !) les BD de Botes et de Dog sont très léchées. Les couleurs sont magnifiques, je ne sais pas si c'est eux qui colorisent, je suppose, mais ils sont vraiment doués... Au niveau du trait on peut voir dans leurs styles respectifs les influences de (pour celles qui m'ont sautées aux yeux) Burns, Ware, de la ligne claire. Tintin et Milou apparaissent d'ailleurs de temps à autres, mais disons qu'ici, ils n'ont pas le beau rôle...

Au fil des ans, à force de subversion, d'anti langue de bois et de couvertures trash, Bitterkomix a fini par attirer l'attention des Etats-Unis et de l'Europe. Leurs auteurs se sont maintenant "fait un nom" dans le milieu de l'art comme on dit, et c'est tant mieux, car leur travail en vaut vraiment la peine.

Bitterkomix - Joe Dog & Conrad Botes - L'Association - 6 février 2009 - 288p. - 9782844142863 - 34€

dimanche 6 décembre 2009

Toi lumière de ma nuit

Voici une petite perle découverte au dernier salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil.

Cet album nait en 2004 de la rencontre magique au même salon de l' écrivain Christian Grenier, auteur entre autres de l'Ordinatueur chez Rageot ou Virus L.I.V. 3 ou la mort des livres en livre de Poche jeunesse et de la peintre et designer Krystal Camprubi, dessinatrice de Légendes, créatures fantastiques chez Auzou.

Toi lumière de ma nuit est un album qui n'est pas juste magnifique au niveau dessin comme beaucoup d'autres titres sur les fées, les elfes et autres créatures mythologiques. C'est une réelle rencontre entre dessin, plume et peinture, et un roman psychologique et fantastique de 90 pages harmonieusement mis en page.

Chaque jour le héros, Onir se réveille dans une réalité différente de la Terre version cauchemar. Il ne peut jamais reprendre ses marques dans ces mondes où il est toujours perdu . Mais dans ses rêves il perçoit un Eden perdu dans lequel l'attendrait la belle Selna. Onir serait-il le prince des songes et formerait-il un couple idéal avec la fameuse Selna ou ce fantasme ne serait qu'une fuite d'une réalité qu'il ne peut assumer inconsciemment?
Grâce à une forme de monologue intérieur Christian Grenier a le génie de laisser planer le doute jusqu'au bout!

Une très belle idée de cadeau pour les gens qui manquent d'inspiration pour Noël!

Site de Krystal Camprubi
Site dédié
Site de l'éditeur

Christian Grenier et Krystal Camprubi, Éditions Porte Lune productions, octobre 2008.