"Rana Toad", ça se mange?

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lundi 30 décembre 2013

Rentrée Littéraire 2013 - Bilan personnel

Avant de commencer, je tiens à remercier toutes les personnes qui ont lu une ou plusieurs parties de cette série spéciale. Si vous avez tout lu avec assiduité (Lorraine?), soit de manière chronologique soit en vous aidant des liens que je rappelais à chaque fin d'article, vous avez plus que mes remerciements, vous avez ma gratitude. Mais enfin vous n'aviez pas mieux à faire?!?

Je ne suis pas allé aussi loin que prévu, finalement. Il y avait tellement de romans encore! Alors, vous demandez-vous, pourquoi ne pas continuer? Pour plusieurs raisons:
1.La rentrée littéraire de septembre n'est plus totalement pertinente, titrer mes articles "rentrée littéraire 2013" alors que nous arrivons sur janvier 2014, ça va paraître un peu bizarre. Au fond, je m'en fous un peu, c'est pas vraiment la raison principale.
2.Je viens d'enchaîner 6 romans un peu décevants, sans coup de coeur et ça a beaucoup freiné mon enthousiasme.
3.Je n'arrivais plus à écrire mes opinions sur des livres que je trouvais moyens, j'avais l'impression de répéter les même choses et ça ne me satisfaisait plus.
4.Je déteste publier de mauvaises opinions et j'ai été bien forcé de le faire. Malgré le côté challenge, je n'aime toujours pas le faire.
5.Je voulais passer à d'autres choses, des livres moins récents que j'ai accumulés sans les lire par exemple ou les nouveautés qui vont arriver dans les prochaines semaines.

Voici toutes les parties publiées:

Pour tout vous dire, j'ai commencé une 12ème partie et lu les trois romans qui étaient censés constituer la 13ème. Pour les curieux, voici ce que les parties avortée auraient contenu:
12ème partie, dans l'ordre de préférence: Le Tapis de course de Michel Layaz (France/Zoé), Tango tranquille de Verena Hanf (Belgique/Castor Astral) et Triburbia de Karl Taro Greenfeld (Etats-Unis/Philippe Rey).
13ème partie: Faites vos valises les enfants, demain on va en Amérique de Valérie Torjman (France/Le Passage), Le plus beau de tous les pays de Grace MCleen (Pays de Galles/Nil) et Dis-leur qu'ils ne sont que cadavres de Jordi Soler (Mexique/Belfond).
14ème partie: Comme les amours de Javier Marias (Espagne/Gallimard), Le dernier arbre de Tim Gautreaux (Etats-Unis/Seuil) et La dernière danse de Charlot de Fabio Stassi (Italie/Denoël).
15ème partie: La femme à 1000° Hallgrimmur Helgason (Islande/Presses de la Cité), Le Quatrième mur de Sorj Chalandon (France/Grasset) et Dans le silence du vent de Louise Erdrich (Etats-Unis/Albin Michel).
16ème partie: Lucia Antonia, funambule de Daniel Morvan (France/Zulma), Esprit d'hiver de Laura Kaschiske (Etats-Unis/Christian Bourgois) et Le vieux journal de Lee Seung-U (Corée/Serge Safran).
17ème partie: Tartes aux pommes et fin du monde (France/Alma), Une petite guerre parfaite d'Elvira Jones (Italie/Métailié) et Dans la maison de l'autre de Rhidian Brooke (Angleterre/Fleuve Noir).
18ème partie: Itinéraire d'un poète apache de Guillaume Staelens (France/Viviane Hamy), En même temps, toute la terre et tout le ciel de Ruth Ozeki (Etats-Unis/Belfond) et Il pleuvait des oiseaux de Jocelyne Saucier.

Je m'excuse auprès de ceux qui auraient voulu savoir mon opinion sur l'un ou plusieurs de ces dix-huit romans. Excepté pour la 12ème et 13ème partie, il n'est pas exclu que quelques uns apparaissent dans les pages du blog à l'avenir. 

Avant de vous faire part de mon classement définitif (sont inclus les six romans de la 12ème et 13ème parties, puisque je les ai lus), je tiens à préciser que les 16 premiers sont de vrais coup de coeur, que de la 17ème à la 30ème place les romans que j'ai aimés avec un enthousiasme plus modéré et que de la 31ème à la dernière, ceux que je n'ai vraiment pas aimé (seulement 9 sur 39, c'est un bon bilan, non?):

39.Exil de Jakob Ejersbo.
38.Les Impostures du réel de Frédérick Tristan.
37.Vie et destin de Célestin Arepo de Jérôme Millon.
36.Faites vos valises les enfants, demain on va en Amérique, de Valérie Torjman.
35.Les Disparus de Mapleton de Tom Perrotta.
34.La Lettre à Helga de Bergsveinn Birgisson.
33.L'extraordinaire voyage du Fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea de Romain Puértolas.
32.Hell de Yasutaka Tsutsui.
31.Le Tapis de course de Michel Layaz.
30.La Conjuration de Philippe Vasset.
29Le plus beau de tous les pays de Grace MCleen
28.Dis-leur qu'ils ne sont que cadavres de Jordi Soler
27.Intermède de Owen Martell.
26.Uniques de Dominique Paravel.
25.Tango tranquille de Verena Hanf.
24.Les Fuyants d'Arnaud Dudek.
23.Manuel El Negro de David Fauquemberg.
22.Parabole du failli de Lyonel Trouillot.
21.Courir sur la faille de Naomi Benaron.
20.La Main de Joseph Castorp de João Ricardo Pedro.
19.Arizona Tom de Norman Ginzberg.
18.Triburbia de Karl Taro Greenfeld.
17.Toutes les nuits du monde  de Chi Zijian.
16.Bleu corbeau de Adriana Lisboa.
15.En mer de Toine Heijmans.
14.Volt d'Alan Heathcock.
13.La Saison de l'ombre de Léonora Miano.
12.La fabuleuse histoire du clan Kabakoff de Steve Stern.
11.Animaux solitaires de Bruce Holbert.
10.Folles de Django d'Alexis Salatko.
9.Le Premier vrai mensonge de Marina Mander.
8.Les évaporés de Thomas B. Reverdy.
7.Arvida, Samuel Archibald.
6.La Cravate de Milena Michiko Flasar.
5.Faillir être flingué de Céline Minard.
4.La dépression de Foster de Jon Ferguson.
3.Sous la terre de Courtney Collins.
2.Un Monde beau, fou et cruel de Troy Blacklaws.
1.Et quelquefois j'ai comme une grande idée de Ken Kesey.

lundi 21 novembre 2011

Salon international de bibliophilie contemporaine

Par simple curiosité culturelle, ou pour les fans de Henri Michaux, vous pouvez passer à ce salon du 25 au 27 novembre.

Salon international de bibliophilie contemporaine

A voir:
Une expo spéciale sur Henri Michaux
et plein d'éditeurs que l'on distribue pas forcément dans nos librairies !

Espace Charenton
327,rue de Charenton
75012 Paris

vendredi 25 novembre de 14h à 22h
samedi de 11h à 20h
et dimanche de 10h à 19h

voir le site Internet

jeudi 14 avril 2011

Inauguration Librairie L'Antre-Monde


Dans la collection secret de polichinelle à peine éventé par mon cher collègue

















Pour ceux qui seront libre l'inauguration c'est samedi à partir de 17h, et jusqu'à ce que tout le monde parte, donc possibilité de venir vers 20h.

vendredi 3 septembre 2010

Nouveau chroniqueur

Bonjour à tous.

Je vais publier quelques chroniques sur cet honorable blog et, par conséquent, il m'a semblé de bon ton de commencer par me présenter.

Mon pseudo est LucaKaCouCou (Luc as Known as CouCou -surnom de fac ;) ). Je compte 33 printemps. Actuellement je bosse en tant que consultant informatique pour une SSII et j'effectue des missions de moyen et long terme aux 4 coins de Paris.

Ma mère m'a laissé à l'âge de 6 ans au rayon livres d'un supermarché ... J'ai acheté ce jour là "Comte Zero" de William Gibson -lu finalement à 15 ans, première injection de culture cyberpunk-, "un vampire ordinaire" -lu à 18 ans car franchement très commun :( - et "l'enfant contre la nuit" qui me laissa dès cet âge des étoiles dans les yeux . Depuis, je n'ai malheureusement jamais pu me débarrasser de cette si "vilaine" ;) habitude d'avoir toujours un livre à portée de main. Et oui, mes premiers goûts littéraires étaient déjà évidents ...
Alors aujourd'hui je m'assume, je fais mon coming-out, je le crie à la face du monde : "Je suis bibliophage et j'adore ça". :D

J'espère que vous apprécierez autant que moi les livres que je compte vous présenter.

Au plaisir ^_^

mardi 8 décembre 2009

Dédicaces Décembre 2009

La Cabane à Livres accueillera:


Le samedi 12 décembre à 11h

Jean-Michel Guenassia pour

Le Club des Incorrigibles Optimistes (Albin Michel)

Prix Goncourt des Lycéens 2009



Le samedi 19 décembre à 11h:
Pierrick Bisinski pour
Chat Blanc Chat Noir, Mon Nounours a disparu (Ecole des Loisirs)
et un choix de ses publications

Et à 15h (simultanément)
Frédérique Jannier pour
Vin et Vignobles
(Coll. "Les 100 Premières fois", Grund)

et

Maurice Rougemont (photographe) pour
Les Grandes Gueules de la cuisine française et leurs recettes
(Textes de Gilles Pudlowski, Glénat)




La Cabane à Livres, 75 Avenue Pierre Larousse 92240 Malakoff

(Métro 13 Plateau de Vanves ou Bus 126 Gabriel Peri-Carrefour du 8 mai 45)

Tel/fax: 01 46 55 41 99 ou lacabanealivres@orange.fr

dimanche 6 décembre 2009

Hello guys & girls, j'ai été un peu trop absent du blog ces derniers temps. Pour me rattraper un poil voici une petite mise à jour de mes lectures (achevées, en cours et en projet).
-Lectures achevées dont je ne parlerai pas plus longuement: je suis allé jusqu'au bout de Don Quichotte de Cervantes et ma curiosité évoquée dans l'article sur Des Nouvelles du Mexique (Métailié) a été satisfaite. J'aurais pu cependant m'attarder sur la question très intéressante de la traduction d'un tel texte. Je pense avoir lu la taduction française la plus récente, celle de Aline Schulman pour les Editions du Seuil en 1997.
Yanvalou pour Charlie de Lyonel Trouillot est un très bon roman paru chez Actes Sud. Je me contente de vous conseiller d'y jeter un coup d'oeil sans en dire plus.
-Chroniques en attente: trois recueils de nouvelles. Une anthologie Griffe d'Encre, celle qui inaugure le cycle des éléments, sur la terre, une première publication parue chez Maurice Nadau, J'écris pour mon chien de Natacha Andriamirado et une autre première pour Sofia Hegazy et ses deux nouvelles regroupées dans Leurs impassibles silences (Persée). Tous les trois vont mériter une seconde lecture avant d'être chroniqués.
Mais le plus gros morceau, c'est mon article sur Me and the Devil Blues de Akira Hiramoto (Kana) et La Légende de Robert Johnson racontée par le Diable de Christian Ravasco (Camion Noir). Comme si ça ne suffisait pas, je me suis procuré l'ouvrage de Peter Guralnick, Searching for Robert Johnson, traduit chez Le Castor Astral pour faire quelque chose d'encore plus intéressant. Celui-ce devrait prendre certain temps pour être en ligne, autant que ma chronique exhaustive du groupe de rock progressif suédois Beardfish sur M3tal Earth. Quelques semaines encore.
-Articles à venir: Le Siècle du Jazz, même si c'est plus d'actualité (expo terminé, catalogue indispo), se compose de plusieurs petits articles qui traitent de choses pas forcément visibles sur l'expo. Prendra un certain temps également pour deux raisons, 1, je le lis très sporadiquement et 2,j'ai l'intention de le coupler avec un livre déjà chroniqué par Taly (Waiting for the Man de Harry Shapiro, Camion Noir) que je ne commencerais qu'après avoir achevé le Siècle du Jazz.
Très certainement, un prochain article sur Le Club des Incorrigibles Optimistes de Jean-Michel Guenassia (Albin-Michel). Vous comprendrez très bientôt pourquoi je tiens à en parler.
-Prochaines lectures: Zulu de Caryl Férey, What Is The What (Le Grand Quoi) de Dave Eggers, Charles Adams: A Cartoonist's Life de Linda H. Davis, Invisible Man de Ralph Ellison, Un bel immeuble de Michel Arrivé...

dimanche 29 novembre 2009

Freaks, La revue de l'étrange de Dijon

Une fois n'est pas coutume je présente une revue.

Freaks corp. est une revue trimestrielle de 54 pages format A5 éditée par l'association Sélénor qui s'est fixée comme but de regrouper les artistes graphiques, auteurs ou encore musiciens ayant comme thème commun l'exploration de l'imaginaire sur la région de Dijon.

Je me suis intéressée à cette revue car elle abrite, pour son premier numéro, une nouvelle de Pierre Brulhet. On trouve au sommaire une rubrique cinéma avec des chroniques DVD de films d'horreurs ou fantastiques et un portrait de Rob Zombie, une rubrique nouvelles, des portraits d'artistes comme William Blake, une rubrique musique avec par exemple Sopor Aeternus et enfin une rubrique "Le coin de l'étrange et du surnaturel" avec des thèmes comme les origines d'Halloween ou des mots-mêlés thématiques!

Des articles intéressants et une rubrique nouvelles qui fait la part belle à de nouveaux auteurs talentueux!

Pour ma part j'espère une longue vie à cette revue qui met en avant sa collaboration avec des commerçants locaux comme Ciel Rouge, la librairie spécialisée dans les mondes imaginaires ou le site spécialisé en musiques sombres Guts of Darkness.

Myspace de l'association Sélénor
Myspace de la revue

PS: Merci aux éditeurs de cette revue d'avoir accepté le jeu de la chronique!

vendredi 27 novembre 2009

3 ème salon des éditeurs indépendants du Quartier latin

Du 27 au 29 novembre se tient à la Mairie du 6e, Place Saint-Sulpice, 29 rue Bonaparte à Paris le 3 ème salon des éditeurs indépendants du Quartier latin organisé par la Librairie Pippa.
Une bonne occasion de croiser des éditeurs pas forcément présent dans toutes les librairies!

Maisons d'éditions présentes:

A Dos D’Ane - A La Frontière - Alain Baudry – Albertine – Al Manar – Al Qalam – Altissima – Antidata – A Propos – Archives & Culture – Les Arêtes – L’Arganier – Aronsil – Atelier de l’agneau – Bernadette Planchenault – Le Billet Poème – du Bout de la rue – Caractères – Carnets des Tropiques – Carré d'Encre – Cassandre Horschamp – la Cause des Livres – Chèvre Feuille Etoilée – Codupo – Le Coltin Grafik – Les Contrebandiers - La Cour Pavée – Cygne – Dadoclem – Delga – l'Autre Rive – Les Deux Océans – Eclats d’Encre – Écrire Aujourd’hui – Les Éditions de Paris – Empreintes – En Chemin – Est-Ouest Internationales – Frichtre – La Girandole – HD – Hongfei Cultures – Honoré Clair – Huitième Jour – Jardin des Livres – Jasmin – Keskiri – Kolam – LCD Médiation – Le Grand Incendie – Léopard Masqué et Démasqué – L’Inévitable – Loic HERRY – Magellan – Mama – Marie de Holmsky – Medi-Text – Mémoire Vivante – Midi – MJWF – Møtus – Nouvel Athanor – Parimagine – Pascal – La Passe – Pasta Maroilles – Petra – Pippa – Poonaï – Pour l’Autisme – Le Pré du Plain – Pyro – Régine Lussan – Riveneuve – de la Rue – Rougier – Siranouche - Société des Poètes – SPM – Synchronique – Teckel – Territoires Témoins – Triartis – Turquoise – L’Usine – Éditions du Zinc…

Seront aussi présent les illustrateurs:

Laurence Cornou - Eve Grosset - Claire Lhermey - Sylvia Lulin - Marie Malherbe - Emmanuel Asquier- Brassart

Programme complet ici

samedi 10 octobre 2009

La Brigade Chimérique

La frustration est sans mystère : non seulement il n’y a pas de super-héros en France, et plus largement en Europe continentale, mais il semble impossible d’en créer un qui ne soit pas un hommage, une parodie ou un décalque affaibli des grandes figures des comics US. Quelque chose « manque » dans notre imaginaire, sans qu’on puisse dire quoi exactement. Nombreux sont les lecteurs et sans doute les auteurs à avoir ressenti ce manque. En février 1978, j’ai écrit une lettre à ce sujet au magazine Strange ; j’avais treize ans et je découvrais tout ça. Cette lettre a été partiellement reproduite dans le courrier des lecteurs du numéro 100, avec mes jugements de fan de base (« Je n’aime pas tellement Daredevil de Gene Colan mais Spider Man est génial ») mais sans mes questions sur l’absence de héros français. Par la suite, j’ai fini par intérioriser cette lacune, comme tout le monde, mais la frustration n’a jamais complètement disparu.

Ce sont les mots de Serge Lehman (écrivain français génial et talentueux théoricien des littératures de l'imaginaire) en exergue du site officiel de la nouvelle bande dessinée parue chez l'Atalante, et ils expliquent à peu près tout.
Magnifique projet que La Brigade Chimérique, scénarisée par Serge Lehman et Fabrice Colin (tous deux romanciers du fantastique, hommes d'expérience et de passion) dessinée par Gess et colorisée par Céline Bessonneau : créer une histoire, un monde, qui nous dévoilerait dans une uchronie très sérieuse ce qu'aurait été la France de l'entre-deux-guerres vue à travers le prisme des super-héros.
Le dessin est parfait, l'histoire est haletante et pulp au possible, les auteurs ont su réussir exactement ce qu'ils semblaient vouloir faire : une transposition française des comics américains, située à une période française qui donnerait toute son identité à l'histoire, prouvant qu'elle n'est pas qu'une transposition.
Lehman et Colin nous font ainsi découvrir nombre de personnages de la littérature fantastique européenne, oubliés pour la plupart, et qui savamment glissés dans l'intrigue passeraient pour avoir été inventés sur l'instant.
Une grande et belle oeuvre que l'on a hâte de pouvoir découvrir dans son intégralité, et qui fait du bien : il y a longtemps que l'on attendait un comics à la française de cet acabit.
Un seul bémol toutefois, le format de la collection qui, même s'il permet d'avoir un bel objet - et d'être proche du format américain - est un peu petit et donne l'impression de réduire les belles images de Gess.


La Brigade Chimérique, 6 tomes prévus, deux déjà sortis
L'Atalante, collection Flambant 9

jeudi 8 octobre 2009

Les héros de la vallée

On continue la série des lectures qui font plaisir avec le dernier livre de Jonathan Stroud, l'auteur de l'excellente trilogie de Bartimeus (Albin Michel Wiz ou Livre de Poche, selon). "Les héros de la vallée", traduit par Hélène Collon, toujours chez Albin Michel, est un petit pavé qui se suffit à lui même. Je l'ai littéralement englouti.

Voilà le pitch :
"Halli grandit fasciné par les récits du temps où sa vallée était un endroit dangereux et sauvage. Il adore penser à ses fougueux ancêtres, comme le légendaire Svein, qui a libéré le pays des Trales. Lui aussi rêve d’accomplir des exploits. Le jour où son oncle est tué sous ses yeux, Halli se dit que son moment est venu. Il se lance alors dans une quête pour reconquérir l’honneur des siens. Mais c’est sans compter les imprévus qui se présentent à Halli, comme autant d’embûches inattendues qui mettent à l’épreuve son courage."

Plusieurs clans se côtoient dans la Vallée. Bercés par les légendes de leurs héros face à des monstres terribles aux dents pointues (les fameux Trales), aucun habitant n'ose en franchir les limites. Cet univers clos délimite le parcours du jeune Halli, quand celui de son ancêtre, Svein, s'étend au delà et à l'origine de tout.

Le roman est construit en diptyque : chaque chapitre commence par l'un des hauts-faits du puissant (et quelque peu barbare puisqu'il ne rechigne pas à trancher des têtes pour conquérir la Vallée) Svein, les histoires sont bourrées d'emphases, d'où il est difficile de dépatouiller la vérité.
Ces démonstrations de force font un énorme contraste avec les aventures d'Halli. Petit, trop (?) ambitieux, pas très beau, la langue bien pendue, Halli est un personnage atypique et provocateur. On retrouve un ado imparfait, similaire en bien des points à Nathaniel dans la trilogie de Bartimeus. Ces héros malgré eux doivent apprendre à faire la part des choses dans le monde qui les entoure afin de jouer un rôle de plus en plus important et assouvir leurs ambitions.

"Les héros de la Vallée" est un bon roman initiatique pour grands ados (et adultes). Pas le meilleur de Jonathan Stroud, mais bon tout de même.
Les points forts de l'auteur restent ses personnages paradoxaux : héros de l'histoire, ils gagnent en pouvoir à coup de bourdes très cocasses.
Un auteur à suivre!

mercredi 7 octobre 2009

Chaîne des Editions Casterman

En association avec YouTube les Éditions Casterman inaugure une chaîne sur le web avec des liens vidéos d'interviews d'auteurs, des bandes annonces...

Une façon ludique de découvrir leurs nouveautés qui change des catalogues même en ligne!

http://www.youtube.com/user/EditionsCasterman#play/playlists

lundi 5 octobre 2009

Charles Manson, Le Gourou du rock

Loin de n'être qu'une simple biographie de Charles Manson cette véritable somme intellectuelle retrace non seulement la carrière de musicien avortée mais aussi ses théories fumeuses sur les chansons des Beatles "Revolution 9" mais surtout "Helter Skelter" et enfin son influence sur différents artistes jusqu'à nos jours.

Dans une première partie, de 180 pages quand même sur 650, les auteurs décrivent en détail la vie personnelle, la formation de la secte et les exactions attribuées à "La Famille" ainsi que le contexte politique, sociale, économique et moral de la période Hippie.

Dans une brève seconde partie est exposée une théorie moins connue et donc plus "amusante" des circonstances de l'assassinat de Sharon Tate!

Mais la partie la plus intéressante est sans conteste la dernière composée de multiples interviews d'artistes venant d'horizons aussi différents que le Punk, le Hardcore, le Métal, la Musique Industrielle ou le Hard Rock et se reconnaissants des influences de Charles Manson musicales ou philosophiques.

Loin d'en rester aux clichés d'ennemi numéro des États-Unis et sans censure dans les différents propos rapportés, précise toujours bien l'éditeur, les auteurs explorent la" philosophie" de Charles Manson ainsi que son influence sur de multiples genres musicaux pour preuve que cet individu en fascine encore certains!

So. Noël et Christophe Lorentz, Éditions Camion blanc, collection Camion Noir, août 2009.

dimanche 4 octobre 2009

Solution macarons

Encore un énième livre de cuisine genre les P'tits Marabout me direz vous! Qu'est-ce-que peux apporter de neuf un tel ouvrage à part le fait d'être publier chez un petit éditeur?

Il suffit d'ouvrir l'ouvrage et de regarder les photographies de Sigrid Verbert pour être tout de suite conquis! Grâce à 21 recettes simples, enfin pour l'auteure parce que vu que je ne suis réellement pas douée en cuisine je n'ai pas tout compris, et originales la très médiatique Mercotte nous emmène dans un véritable voyage sensitive et culturel!

Le petit plus de cet ouvrage est une liste de tous les ustensiles et petits trucs nécessaires étape par étape pour devenir un vrai cordon bleu, ou en avoir l'illusion en tout cas!

Mercotte, Éditions Altal, octobre 2008.

Blog culinaire de cette cuisinière émérite


Site de la photographe

L'Indigeste

Une femme grosse et laide, dont on ne connaîtra jamais le nom, se laisse mourir de solitude tout en se goinfrant dans son appartement transformé en véritable porcherie. Son métier de caissière ne l'accroche même plus à la vie... Mise à mort par les railleries de ses collègues elle s'emmure dans son monde apocalyptique. Jusqu'à ce qu'une collègue rongée par la culpabilité d'avoir abattue plus faible qu'elle, elle-même moche, à la vie vide et que la solitude ronge, s'inquiète, lui rende visite et la trouve dans un état catatonique...

La seconde décide alors d'essayer de faire reprendre goût à la vie à la première... Arrivera-t-elle en quelques jours à rompre la spirale infernale de l'autodestruction? L'autosatisfaction de cette renaissance par substitution lui permettra-t-elle de reprendre les rênes de sa vie?

Un roman très réaliste sur la solitude et l'effet du regard des autres et des mots qui peuvent détruire un individu mais aussi paradoxalement sublime d'espérance !

Sarah Molina, éditions Altal, mars 2008.

Une interview de la jeune auteure et co-directrice des éditions Altal

mardi 29 septembre 2009

La merveille des petits livres

Dès la lecture des premières lignes, la question suivante me taraude : mais qui est Jean Florensac ? Le frère spirituel de Gérald Duchemin ? A moins que ce ne soit ce dernier en personne. Car tout y est : ce cynisme très drôle, ce raffinement dans l’écriture, mais aussi les thèmes : la ville de Montpellier (citée dans le récit) est là où vit Gérald Duchemin ; les auteurs et livres cités : Proust, Baudelaire, Wittkop, etc, font partie de ses auteurs favoris. Mystère, donc. Surtout que sur la toile, on ne trouve rien sur ce Jean Florensac.
Quoi qu’il en soit, ce petit livre est une merveille (facile, je vous l’accorde) ! Durant ces 91 pages très vite lues, l’auteur tente de démontrer les qualités d’un petit livre : le plaisir de leur quête, de les collectionner, de les entretenir, de les offrir et bien sûr, de les lire. On se retrouve quelque part dans ces descriptions, que ce soit dans le collectionneur ou dans celui qui pose un petit livre favori sur la pile des plus gros dans les librairies.
Ce que j’apprécie tout particulièrement dans cette lecture ce sont ses phrases précieuses ; au-delà du contenu, il y a le contenant, la qualité des mots choisis, des verbes qui sonnent, des phrases qui donnent envie d’être relues. Bref, un réel talent d’écrivain, de conteur, de joueur de mots.
Enfin, l’objet-livre en lui-même fait écho au récit. Ce beau petit livre prend un caractère rare ; les livres du Chat Rouge sont imprimés par eux-mêmes et on ne les trouve …. pas partout, loin de là (vive Internet et Scylla).

Phrases choisies :

« Le petit livre sait que cette rareté est une dignité, comme d’un bien qui ajoute à sa séduction. Aussi, lorsqu’il s’égare entre un gros Fayard et un Lattès plutôt obèse, par exemple dans un tableau de classement des meilleures ventes (les hypermarchés affichent toujours ce stupide hit-parade, non seulement pour mieux asservir sa clientèle, mais aussi, n’en doutez pas, pour lui vider la cervelle, dès fois qu’elle pourrait en faire usage : on n’est jamais trop prudent), le petit livre jure alors comme un propos déplacé. » p.26-27.

« Ceux qui ne lisent pas ne conçoivent le livre que sous la forme pachydermique du pavé pour la plage (seul lieu peut-être, où, effectivement, ils surprennent quelques lecteurs). Et une certaine épaisseur de papier peut en effrayer plus d’un.
Soyons donc rusés. Contournons l’obstacle. Afin d’appâter un réfractaire à la lecture, offrons lui un tout petit livre. » p.61-62.

Jean Florensac, Editions Le Chat Rouge, 2005, 91 pages.

Fiche de l'ouvrage sur le site de l'éditeur.

Eddie, Are You Kidding?: Iron Maiden - L'épopée des Killers (Mick Wall) et Morceaux d'esprits (Jean-Philippe Petesch)

A la question : quel groupe selon vous définit le heavy metal? Certains diront Black Sabbath d’autres Metallica. D’autres encore Manowar ou Limp Bizkit, mais faut-il en vouloir aux plaisantins? Personnellement, et en toute objectivité, je pense qu’Iron Maiden serait au moins deuxième au classement, à défaut d’être premier.

L’épopée des Killers est ce que l’on peut appeler une biographie officielle et autorisée, Mick Wall étant un proche du groupe. On ne pourra bien sûr jamais évaluer, au mieux, la réserve, au pire, la censure et/ou l’auto-censure qu’elle suppose. Elle inclut cependant un enthousiaste avant-propos de Steve Harris, le bassiste-leader.

La démarche de Wall fait part de la diversité des points de vue, par le biais d’interventions issues de nombreuses interviews, et crée donc une mosaïque, peut-être imparfaite mais resserrée autour des événements et des personnes qui ont fait avancer le groupe depuis 1975.

Les chapitres suivent la chronologie mais prennent souvent la forme d’une mini-biographie d’un des musiciens ou d’une personne ou personnage lié au groupe : le manager, la mascotte Eddie ou son créateur Derek Riggs. Mick Wall n’oublie pas Martin Birch, dont le CV, déjà impressionnant (In Rock de Deep Purple, c’est déjà beaucoup, non ?) avant Killers, porte la prestigieuse mention : 1981-1992 producteur exclusif d’Iron Maiden.

Est-il étonnant de voir les deux premiers chapitres intitulés respectivement "Steve" (Harris) et "Dave" (Murray)? Le bassiste et le guitariste sont en effet les deux seuls membres actuels présents sur les 14 albums. En outre l'intégration de Dave Murray est sans doute l’un des premiers pas primordiaux dans l’histoire d’Iron Maiden, tout à fait en concordance avec la perspective annoncée par Mick Wall dans son Introduction.

Une impression, souvent partagée, ressort des interventions orales des protagonistes au fil des pages, celle d’avoir souvent trouvé la bonne personne, d’avoir fait le bon choix pour le groupe. Même quand il s’agissait de se séparer d’un musicien c’était surtout pour ne pas traîner un poids mort et les intéressés ont toujours semblés être compréhensifs et conscients de leurs dérapages.
Bruce Dickinson, considéré par beaucoup comme l’emblématique chanteur d’Iron Maiden, y apparaît sans doute comme l’individu le plus complexe de la formation britannique. Diplômé en histoire, écrivain, animateur radio, pilote de ligne et j’en passe, pas étonnant que cet électron libre avait déjà envisagé de quitter Maiden dès 1986. Le début d’une carrière solo en 1990 annonçait déjà un peu son départ en 1993, épisode certainement le plus difficile pour Steve Harris, le capitaine du bateau qui n’a jamais renoncé à la moindre avarie. A tel point qu’ « il semblerait […] que seule [sa] mort puisse mettre un terme à cette aventure musicale », citation empruntée à Jean-Philippe Petesch mais qui résume bien ce que tout fan du groupe est
susceptible d’avoir cru à chaque changement de line-up.

Machine bien huilée, Iron Maiden est l’un de ces groupes qui n’a jamais splitté et, même si l’écart s’est creusé peu à peu, a continué à sortir régulièrement ses albums sans se fier aux tendances. Le punk ? Quelque chose dont il fallait se démarquer sous peine de disparaître très vite. La Nouvelle Vague du Heavy Metal Anglais? Oui Maiden en faisait partie, ils en étaient même le groupe le plus populaire mais que reste-t-il vraiment, exception notable de Saxon, de cette Nouvelle Vague aujourd’hui ? D’après Steve Harris ce n’était qu’un gimmick de journaliste et, sans pour autant la dénigrer, considérait que son groupe n’avait pas grand-chose à faire là-dedans.
Mick Wall s’attarde sur le rôle qu’a joué et joue encore Rod Smallwood, le manager, créateur de la boîte de management Sanctuary. Personnage haut en couleur, fabuleux et intraitable négociateur, il est au moins aussi important que Steve Harris. Iron Maiden lui doit bien plus que le gimmick de journaliste déjà évoqué. Un exemple? C’est lui qui a repéré cette affiche de jazz illustrée par un certain Derek Riggs (qui cessera sa collaboration avec Maiden dès 1992), a demandé à le rencontrer et est tombé nez à nez avec cette créature qui allait être nommé Eddie The ’ead.

Mort-vivant omniprésent, figure paradoxale puisqu’elle est indissociable d’Iron Maiden mais aussi porteuse de contresens et d’idées reçues dans l’esprit du grand public vu la violence qu’elle inflige ou qu’elle subit au fil des pochettes et autres T-shirts, Eddie méritait bien aussi un chapitre à lui tout seul. The Head était l’un des premiers gimmicks des concerts donnés par le groupe et le prénom vient d’une blague que j'avais déjà eu l'occasion de lire à dans une interview, à l’occasion de la sortie du Best Of The Beast.

Au fil de la lecture, chaque fan, quelque soit le degré de son addiction, trouvera quelque détail qu’il ignorait jusque là. Combien savent par exemple que Nicko est un surnom donné au batteur durant sa carrière pré-Maiden? Et combien encore en connaissent les circonstances?

Certainement la traduction d’une version augmentée de Run To The Hills. The Authorised Biography of Iron Maiden (parue initialement en 1998), L’épopée des Killers voit la plume de Mick Wall s’arrêter avec le chapitre 15, déjà retravaillé puisqu’il s’attarde sur le retour de Dickinson et Smith (qui n’a eu lieu qu’en 1999, je le rappelle). Les quatre derniers chapitres ne peuvent être considérés que comme une maladroite mise à jour, du bonus en totale incohérence dans le ton avec tout ce qui précède. Mais peu importe, ils ne sont pas sans intérêt, en témoigne notamment une dissection (non, pas celle d’Eddie, on nous a déjà fait le coup en 1995) des albums Brave New World et Dance Of Death. Et puis, on ne peut blâmer cette biographie d’être incomplète tant qu’Iron Maiden continue son p’tit bonhomme de chemin.



Morceaux d’esprit est, quant à lui, le résultat d’un travail universitaire, fait seulement détectable à première vue par le sous-titre, et, dans sa forme, est une présentation systématique et chronologique des chansons de chaque album du groupe, jusqu’au dernier en date, A Matter Of Life and Death.

Auparavant, les cent premières pages ont été consacrées aux précisions que tout effort universitaire est en droit d’attendre : remerciements, introduction, présentation du corpus, documents d’appui, glossaire et liste des thèmes et références.

Pour dégager les thèmes, l’auteur a eu recours, avec les faiblesses que cela suppose, à une recherche informatique par occurrence des mots. Bien que quelque peu alourdie de chiffres, elle n’a pourtant pas été inutile et c’est une approche méthodologique que l’auteur était quelque part obligé de rendre compte, un premier pas pour constituer une cohérence du "discours" (un des termes du glossaire) entre les albums d’Iron Maiden. Pour la bonne cause donc. Petite précaution générale de l’auteur, il insiste sur l’aspect subjectif de ses interprétations (celle d’"Iron Maiden", est à retenir) et appelle à prendre tout autant en considération celles qui ne seront logiquement pas mentionnées.

Quelques thèmes sont attendus puisque fréquents dans le heavy metal (la mort, la guerre, l’occultisme…) mais leur traitement n’aura qu’un seul but, démontrer qu’Iron Maiden ne les a jamais utilisés par provocation ou gratuitement. Petite parenthèse sur le sexe et l’amour, thèmes clichés par excellence, ils seront démontrés presque inexistants dans le "discours" du groupe, sinon à quelques petites exceptions, "saga Charlotte" en tête, mais aussi parfois avec un sérieux inhabituel sur les sujets ("Wasting Love" est l’exemple le plus représentatif).
Suit la présentation des références directes, qu’elles soient historiques ("Run To The Hills", "Alexander The Great"…), bibliques ("The Number Of The Beast"), mythologiques ("Flight Of Icarus"), littéraires ("The Rime Of The Ancient Mariner", "Brave New World ") ou cinématographiques ("Man On The Edge", "The Wicker Man"). Bien que certaines références soient évidentes, ne pensez pas que l’auteur enfonce les portes ouvertes en ne faisant que rappeler leur provenance. Elles seront par la suite développées et l’on verra qu’elles sont rarement utilisées telles quelles, servant ainsi de base acceptant habiles modifications et détournements opérés par les différents paroliers.
Jean-Philippe Petesch nous offre parfois d’agréables bonus et je ne peux omettre l’enrichissante explication de texte de "Revelations" (extrait d’une interview de Bruce Dickinson dans Enfer Magazine n°8, décembre 1983, placée en note de fin de chapitre). Entre indéniablement dans cette catégorie l’intervention extérieure d’Emmanuel Haeussler, interlude de trois pages, qui propose un parallèle inattendu dont je vous laisse la découverte.
Cette richesse intertextuelle, inaperçue du grand public, contribue grandement, et en toute objectivité, a démontrer l’originalité du groupe de Steve Harris. Mais, détrompez-vous, le corpus étudié recèle plus que des références à des œuvres déjà existantes. Certaines paroles se basent sur le statut du groupe au fil des années qu’ils soient adulés ("Powerslave", lors de l’âge d’or éprouvant des années 80) ou critiqués ("Virus", réponse acide aux journalistes anti-Bayley). Les préoccupations humaines et contemporaines ne passent pas à la trappe, elles sont même associées à un questionnement beaucoup moins superficiel qu’on pourrait le penser. En témoignent la cohérence thématique et introspective des albums The X-Factor et A Matter Of Life And Death. "Afraid To Shoot Strangers", inspiré par la guerre du Golfe, est un de ces titres mal compris dont le plus célèbre reste "The Number Of The Beast", qui ne serait qu’une transposition d’un rêve de Steve Harris. Première composition de Nicko McBrain, "New Frontier", prend, elle, une position controversée sur le clonage etc. Sans être un groupe adepte des protest-songs, quelques morceaux d’Iron Maiden peuvent entrer dans cette catégorie ("Run To The Hills", "Holy Smoke", "Fear Is The Key" ou encore "Childhood’s End").
Même si je pense qu’aux yeux des trois quarts des fans, ce qui prime c’est l’instrumentation des morceaux et des atmosphères qu’elle transcrit, la question du didactisme des paroles, voulue ou non, est très pertinente, tout autant que la distinction entre "fan" et "afficionado" (il est bien évidemment permis de penser qu’il existe des nuances) établie dans le glossaire. Grâce aux mélodies et la voix de Bruce Dickinson (si vous êtes sceptiques, faites donc la comparaison entre les versions studios et live de "Phantom Of The Opera" et "The Clansman"), les chansons de Maiden selon moi parlent plus aux tripes qu’à l’intellect. Ce qui ne signifie pas pour autant que les interprétations de Jean-Philippe Petesch ne m’ont rien apporté, bien au contraire. J’ai refermé le livre avec satisfaction, content d’avoir pu lire une mini-encyclopédie intégralement consacrée à un groupe de cette envergure.

Note: Les deux ouvrages sont séparément chroniqués, agrémentés de digressions, remarques personnelles et autres réflexions politiques de bistrot sur le blog M3tal Earth:
http://m3talearth.canalblog.com/archives/2009/09/29/15253198.html
http://m3talearth.canalblog.com/archives/2009/09/29/15253242.html
Merci à Taly et à Camion Blanc.

Iron Maiden - L'épopée des Killers, Mick Wall, Camion Blanc, 2005, 32€. J'aurais aimé mentionné le traducteur mais...
Iron Maiden - Morceaux d'esprit: Thèmes et origines des chansons de la Vierge de Fer, Jean-Philippe Petesch, Camion Blanc, 2008, 32€.

Les médias géolocalisés

Au-delà des questionnements biaisés sur les utilisations commerciales, sociales ou de simples navigations des médias géolocalisés, Nicolas Nova, chercheur, consultant, prospectiviste et rédacteur d'une thèse sur le sujet, nous entraîne dans une réflexion sur des possibilités futurs non encore exploitées.

Il aborde successivement l'histoire de ces médias, les premiers GPS, téléphone mobile et la création d'Internet, puis leur utilisations comme lien de communication, élément d'éducation ou localisation, ainsi que les applications non encore exploitées à cause de freins techniques, psychologiques ou tout simplement économique et enfin comment les futurs utilisations pourraient changer notre perception du monde.

Nicolas Nova expose les freins retardant les applications des futurs médias géolocalisés ainsi que les fonctions qui pourraient être très utiles à notre vie quotidienne dans le futur!

Nicolas Nova, Éditions Fyp, collection Innovation, mai 2009.

Demain, les mondes virtuels

Que peut-on attendre d'une analyse sociologique et économique sur les mondes virtuels en 2009?

Cet essai a pour essentiel avantage de regrouper toutes les connaissances techniques, scientifiques, économiques et sociologiques sur le sujet! Rémi Sussan, journaliste spécialisé dans les nouvelles technologie nous entraîne dans une réflexion sur les futurs interfaces entre mondes virtuelles et réel et leur fabrication grâce à la nanotechnologie (comme dans Le Cobaye de Stephen King ou chez William Gibson), la création d'interfaces intelligentes, l'économie pas si virtuelle de Second Life ou World of Warcraft, et le rôle toujours plus important des avatars pour cacher son identité ou la réinventer.

Cet essai peut constituer à mon sens une introduction pertinente au monde du cyberpunk et des jeux vidéos!


Extrait:
"Le mot "avatar", nous disent tous les articles introductifs sur le sujet, vient du sanskrit: c'est un aspect fondamental de la mythologie hindoue. Les avatars sont les incarnations successives du dieu Vishnou dans notre monde terrestre; chaque fois que le Cosmos est menacé, Vishnou intervient en s'incarnant dans une personnalité particulière, dont les héros Krishna et Rama sont les exemples les plus célèbres."

Rémi Sussan, Éditions Fyp, collection La Fabrique des possibles, août 2009.

Pour et contre la bisexualité

Dans cet essai aussi érudit qu' impertinent Karl Mengel nous entraîne dans une analyse premièrement historique puis moral à la découverte de clichés et a priori ayant la vie dure.

Dans une première partie historique il rappelle et développe l'héritage de la philosophie grecque, éducation sexuelle et guerrière. Puis il aborde le cas moins connu, en tout cas pour ma part, du code d'honneur des samouraïs. Et enfin celui des romains et du primat de la tribu.
Dans une seconde partie il démêle les fils des fantasmes quant aux infidèles, affranchis et métis.
Dans une troisième partie il aborde les thèmes de l'onanisme et explique pourquoi, selon lui, la bisexualité est essence même de la nature humaine.
Enfin dans une dernière partie il redéfinit des notions aux définitions depuis longtemps biaisées comme l'amour à plusieurs comme miroir de notre propre égo qui serait supposé cacher une homosexualité sous une bisexualité feintée.
En conclusion l'auteur tente de replacer la notion de bisexualité au cœur de la définition des différentes sexualités et rapport aux autres.

Après une approche historique Karl Mengel nous entraîne dans une réflexion aussi passionnante qu' érudit et impertinente à la recherche de la définition des pulsions sexuelles les moins avouées!

Karl Mengel, Éditions La Musardine, collection L'Attrape-corps, juillet 2009.

lundi 28 septembre 2009

Le grimoire des ombres, "Don't judge a book by his cover!"

Même si l'on part d'un a priori très négatif au premier regard d'une couverture qui ferait penser à un roman d' Héroïc-fantasy comme beaucoup d'autres, ce recueil de nouvelles de Céline Guillaume est un pur émerveillement empreint de légendes et de cruauté!

L'auteur part en effet à chaque nouvelle d'une légende, réelle ou inventée, dans laquelle un ou des personnage(s) paye(nt) sa (leur) méchanceté ou leur incrédulité au prix fort.
Elle parvient à exploiter avec brio tous les procédés stylistiques et énonciatifs de la nouvelle pour distiller avec un humour noir et poétique fantaisie et moral.

Lire absolument Le Coma des Amazones: quand un alcoolique voit ce qu'il fait de son corps de l'extérieur il faut s'attendre à de grosses répercutions psychologiques!
Et Mon soupirant défunt: lorsque l'âme d'un défunt hante de son amour une femme, d'étranges phénomènes physiques se produisent!

Les Flammes de l'au-delà est parue précédemment dans Phénix Mag, Hors série nouvelles n°5 de janvier 2007 et dans le n°7 de La Salamandre d'Automne 2006.
La Dame de la nuit est parue précédemment dans Phénix Mag, Hors série nouvelles n°4 en novembre 2006.
La Châtelaine venue d'ailleurs est parue précédemment dans Phénix Mag, Hors série nouvelles n°7.

Un entretient de l'auteur sur Yozone.fr

Le site officiel de l'auteur

Céline Guillaume, Éditions Pietra Liuzzo, octobre 2008.