"Rana Toad", ça se mange?

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jeudi 30 juillet 2009

Alive but dead: Fantômes du jazz

Rendre hommage à des individus qui ont marqué la musique du XXème siècle, plus particulièrement le jazz, à travers des nouvelles teintées de fantastique (pas toutes, ceci dit) est une initiative plutôt alléchante. Les 22 auteurs francophones qui contribuent à ce recueil ont brodé chacun sur une icône dans une liberté de style favorable à la diversité, souhaitable pour ce genre d'exercice.

La Louisiane, sa magie vaudou et ses bayous s'invitent, avec en fond sonore la trompette de Satchmo dans "Louis et la nuit de l'alligator" de Daniel Walther.
Les distorsions du temps s'amusent au détriment des personnages dans "Le Piano des larmes" de Florence Maury et dans "Pleure pas, mon p'tit" de Jean Marigny (traitement, hélas, plus convenu et maladroit, à mon goût, que pour la première).
Le jazz russe, étouffé en temps de Guerre Froide, prend une respiration instructive dans "Tragedy in a minimalist style" de Marc Sarrazy.
Une joute verbale inédite entre André Gide et Vernon (alias Boris Vian) s'engage dans "Un boeuf au paradis" de Joseph Vebret et Eli Flory (hé hé ça fait donc 23 auteurs).
La réincarnation est abordée aussi légèrement qu'un accord de jazz manouche dans "Super Django" de Jérôme Pierrat.
"The Mezz's Adventures" de Marc Duffaud, est le questionnement longue durée d'un éternel second couteau blanc de peau mais noir de coeur. Un survol pertinent et fascinant du "siècle du jazz", expression qui me permet, au détour d'une phrase hop comme ça, mine de rien, de faire une allusion anticipative sur un article que je ne posterai pas avant plusieurs semaines.
"La Rivière et le fantôme" de Thierry Acot-Mirande et "Ode à A Love Supreme" de Daniel Darc se font un clin d'oeil, certainement involontaire, en évoquant les cris passionnés et déchirants qu'Albert Ayler laissa échapper, au milieu d'un morceau, aux funérailles de John Coltrane.
Quant à Robert de Laroche, dans "L'Île sous le vent", nous offre, avec comme complice Nat King Cole, un conte macabre digne d'un Lovecraft qui aurait trop lu de Stephen King (je sais c'est un bel anachronisme...inoubliable)

Dans l'ensemble, un très bon recueil avec quelques défauts minimes.
De petites biographies sur les auteurs ainsi que sur les artistes qui les ont inspiré sont regroupées en fin de volume. Les conseils discographiques s'adressent, c'est plutôt flagrant, aux néophites, alors qu'il est évident que ceux qui se sont jetés, se jettent ou se jetteront sur ce livre connaissent déjà les jazzmen et jazzwomen évoqués. Ceci dit on peut très bien apprécier les nouvelles autour de ceux qu'on ne connait pas tout en loupant deux ou trois choses qui en font le sel.
On regrettera que personne n'ait été inspiré par Charles Mingus, Eric Dolphy ou Scatman, mais si l'on va par là, non pas par là, il faut prendre l'ascenseur et changer pour la ligne 4 direction Cleveland, il faudrait faire un deuxième volume.

Fantômes de jazz, 22 histoires fantastiques présentées par Alain Pozzuoli, Les Belles Lettres, 21€. Préface de Julien Delli Fiori.

lundi 27 juillet 2009

Jacques Tati - Deux temps, trois mouvements...


Ma première approche du cinéma de Tati remonte à je ne sais plus trop quand. Trafic passait sur Arte. Malheureusement, ça m'est complètement passé au-dessus, ne comprenant rien au film, j'avais sans doute trop été gavé par des films standardisés et sans intérêt, je ne suis pas allé jusqu'au bout. Mais Arte, la seule chaîne à diffuser régulièrement des cycles intéressants autour de différents cinéastes, m'a donné quelques temps plus tard une deuxième chance de me faire une idée de l'oeuvre de Tati. Le cycle présentait plusieurs fois dans le même mois le plus gros de sa filmographie. A raison de trois ou quatre diffusions par film, cela m'a permis de découvrir, approfondir et apprécier son cinéma hors normes.

Je vais prendre Jour de fête pour exemple, mais cela vaut tout autant pour Les Vacances de monsieur Hulot, Mon oncle et Playtime (si je me souviens bien, j'ai loupé les diffusions de Trafic et Parade n'était pas programmé). Le premier visionnage était très déroutant. Toutes ces choses qui se déroulaient simultanément sur un plan large, l'attention que tous cette chorégraphie et les bruits qu'elles produisaient demandaient. Je ne commençais à m'habituer, je ne voyais d'autres gags, je ne comprenais la dynamique qu'au deuxième visionnage. Le rire se faisait plus franc et le plaisir plus total au troisième, et ce malgré les diffusions tardives de la chaîne. Je n'ai pas eu l'occasion de revoir ces films depuis.

L'exposition sur Jacques Tati à la Cinémathèque Française (jusqu'au 3 août encore), était l'occasion parfaite pour retrouver l'essentiel et redonner l'envie de replonger plus profondément par la suite. On entre dans l'exposition à proprement parlé après avoir parcouru un long couloir et une salle d'attente, tous deux tirés de PlayTime. On y découvre des vidéos diffusées en boucle, des accessoires originaux de tournage, des échos antérieurs, contemporains et ultérieurs d'autres oeuvres (pas seulement cinématographiques), une maquette de la Villa Arpel, la fontaine en forme de poisson... tout ça dans une agréable cacophonie propre à un film de Tati, justement. Le surveillant de salle (sécurité oblige) s'ennuie-t-il vraiment ou s'amuse-t-il à observer tous ces gens pour y trouver quelques gags simultanés?

Le plus gros morceau ce sont ces deux groupes de six écrans qui diffusent Les Leçons du professeur Goudet, un documentaire autour de six axes, très ludiques (les six écrans jouent ensemble et se répondent) et qui offre les interventions (malheureusement non sous-titrées) de Wes Anderson ou David Lynch, entre autres. Ce documentaire ainsi que les interventions d'autres personnalités sont retranscrites dans le catalogue et étaient pour moi deux des raisons principales pour me le procurer (tout l'accent mis sur l'architecture, les costumes etc, bien que domaines centraux de l'oeuvre du cinéaste, m'ont laissé un peu indifférent).

Le catalogue est un bon souvenir de l'exposition et un premier pas vers une redécouverte personnelle que je pense être la plus exhaustive possible (visionnage des courts et longs métrages, au moins une biographie et peut-être des essais, pourquoi pas?)


Jacques Tati - Deux temps, trois mouvements, Naive/La Cinémathèque Française, 45€.

samedi 25 juillet 2009

Friandises littéraires

Voici un nouveau recueil de culture générale abordant des thèmes aussi variés que le nombre d'apparition des différents personnages de La Recherche du temps perdu, que les auteurs entrés vivant dans la Pléiade, tous les pseudonymes de Frédéric Dard ou de Voltaire, la correspondance érotique de George Sand et Musset, les plagiats, nègres et contrefaçons les plus connus, les morts d'écrivains les plus insolites, les grandes figures de styles avec exemples à l'appui, les écrivains jamais élus à l' Académie Française ou au Goncourt, ainsi que ceux qui l'ont refusé ou les livres devenus des classiques et refusés au départ.

Encore un ersatz des Miscellanées de Mr Schott me direz-vous? Et bien oui! Mais il faut avouer que l'on se prend toujours autant au jeu de découvrir des anecdotes que l'on s'amusera, peut-être, à apprendre par coeur afin de briller en société! Un livre toilé et cousu à l'ancienne à lire pour le pur plaisir de la découverte! Car n'est-ce pas plaisant de (re)découvrir les coulisses d'oeuvres reconnues ou non?

Citations:

"Laissons les jolies femmes aux hommes sans imagination." Proust

"Pourquoi perdre son temps à vouloir contredire une femme? Il est beaucoup plus simple d'attendre qu'elle ait changé d'avis!" Jean Anouilh

"Le best-seller est généralement un méchant livre dont la vente permet à l'éditeur de publier d'autres livres tout aussi mauvais qui ne se vendent pas" Robert Sabatier dans Le Livre de la déraison souriante

"Il n'est pas nécessaire qu'un auteur comprenne ce qu'il écrit. Les critiques se chargeront de lui expliquer." L'Abbé Prévost

"La critique est la puissance des impuissants." Alphonse de Lamartine

Rassemblées par Joseph Vebret, Éditions Écriture, novembre 2008.



Il tenait beaucoup, toute sa vie, à faire de monsieur Hulot non pas un automate, non pas un robot, mais un personnage duquel la psychologie serait infranchissable. Hulot était quelqu'un qui réagissait à ce qui se passait autour de lui - avec, bien entendu, un côté asocial, ne rentrant pas dans tel ou tel système, système de vie, système de vacances, système de travail à l'usine, qui avait son petit monde à lui - mais à l'intérieur de qui jamais on ne pénétrait. A partir du moment où on donne à un personnage une ambition, un désir, une histoire d'amour, une relation même amicale avec un autre homme - ce que monsieur Hulot n'a jamais évidemment -, on est obligé de briser ce secret. Et ça, Tati l'a toujours refusé.

Jean-Claude Carrière, in Jacques Tati - Deux Temps, Trois Mouvements..., Naïve/La Cinémathèque Française. Propos recueillis par Stéphane Goudet.

vendredi 24 juillet 2009

"Il semble que le goût des livres croisse avec l'intelligence."

Marcel Proust, Sur la lecture.

Hum hum

Personne n'a remarqué mais Rana Toad a un an... et trois jours.

jeudi 23 juillet 2009

Les tout petits loups du jazz

J'ai reçu ce titre grâce à l'opération "Masse Critique" de Babelio.
J'ai testé le CD sur deux enfants de 5 et 6 ans. Nous l'avons écouté tout en dessinant et ils l'ont définitivement adopté.

Les tout petits loups du jazz reprennent une sélection de chansons du CD "les p'tits loups du jazz".
Un livre cartonné illustré par Antonin Louchard accompagne le CD. Ces dessins dynamiques et colorés s'adressent à des enfants à partir de 2 ans.

Il s'agit d'une très bonne approche du jazz: les Ptits loups ont un swing décapant!

Les tout petits loups - Enfance et Musique

Les Chiens à fouetter sur quelques mots de la société littéraire et sur les jeunes gens qui s'apprêtent à en souffrir

J'ai plusieurs fois manifesté auprès de mes collègues la nécessité de l'écriture d'un guide susceptible d'orienter les jeunes auteurs se plaignant parfois, lors des dédicaces en librairie, des obstacles qu'ils ont du surmonter pour se voir enfin publier et en vivre.

Les Éditions Le Dilettante ont l'excellent idée de publier ce guide de François Nourrissier datant de 1956! L'auteur utilise avec brio la forme épistolaire afin de dépeindre les rouages ambivalents du monde littéraire français. Un jeune auteur plein d'espoir et d'amour pour son art entreprend de correspondre avec l'auteur qu'il apprécie le plus. Celui-ci refuse de le rencontrer, cela serait inutile selon lui, mais lui répond dans une longue lettre afin de lui expliquer tous les pièges et subtilités de "la grande famille" dans laquelle il s'apprête à entrer!

Il définit premièrement trois types d'auteurs: les professionnels (ceux qui visent les prix littéraires, les postes faciles comme l'Alliance Française, les profiteurs et proches des syndicalistes), les cuisiniers, qui suivent un modèle de style ou de genre et enfin les amateurs proches des cercles d'influences.
Dans une deuxième partie il développe le carnet d'adresses et les intrigues de cour à absolument connaître si l'on souhaite être publié et perdurer. L'Alliance Française, les syndicats, La Revue Esprit, L'Express, Gallimard , Les temps modernes, L'observatoire, le Théâtre Populaire, La Table Ronde ou Denoël.
Dans une troisième partie il marque bien la différence entre la para critique, qui fait de l'auteur un personnage "people" avant l'heure comme Le Figaro Littéraire ou Les Nouvelles Littéraires, et la vraie critique ou comment repérer les journalistes intéressants et les bonnes rubriques.
Enfin il prévient le jeune auteur idéaliste des dangers du rapport à l'argent et aux femmes, du rôle social des belles voitures et de l'importance du savoir faire.

Il est amusant de constater à la lecture de ces précieux conseils que le monde fantasmé par le grand public amateur de livre et les auteurs idéalistes n'a guère changé!
A noter en supplément la réédition du plateau du Jeu de l'oie de petit homme de plume dessiné par Maurice Henry! A mon sens le livre essentiel de la Rentrée Littéraire!

Extraits:

" La république des lettres, c'est la république des camarades."

" Le whisky et l'à-valoir sont les deux appâts capables d'attirer l'auteur. L'auteur est donc venu. On a organisé une battue et tiré quelques salves. Plusieurs victimes sont tombées mais l'on n'a pas encore osé achever les blessés."

" Les Parisiens tiennent maquis dans les beaux quartiers. Maîtresses et amants, ils les choisissent de bonne compagnie. L'accusation est venue comme une consécration: dandysme. Elle était formulée, comme toujours, par des agrégatifs affamés de chic anglais. On a cru alors que le dandysme était dans le trait d'écriture, voire dans le vêtement. On a pensé à tout sauf à la liberté. Tâtez de ce dandysme-là; on vous le pardonnera moins facilement que les autres."

François Nourrissier, Le Dilettante, août 2009.
Quand il souffle dans son instrument, c'est d'abord sa propre image qu'il évacue, par fragments, comme les pièces d'un puzzle. Un à un, les petits abîmes hallucinatoires où il commençait à se perdre sont comblés par des notes.

Albert Ayler - La Rivière et le fantôme, in Fantômes du jazz, Thierry Acot-Mirande, Les Belles Lettres, 2006, 21€.

lundi 20 juillet 2009

Cher amour

Là-bas, une très vieille Indienne tire une charrette de bois. Elle semble aller nulle-part dans cette montagne. Elle flotte dans la brume matinale, se désarticule avec le soleil levant et disparaît. Il n'y a pas de frontière en pays aymara pour les fantômes.

p77 Cher amour Bernard Giraudeau Metailié
Cela ne me dérange pas d'habiter un appartement dont le précédent propriétaire s'est pendu dans le salon: je lui ai scié les jambes pour ne pas me cogner dedans.

In Fluide Glacial n°379 (Janvier 2008), "Mon boomerang s'appelle Reviens!", Vincent Haudiquet.

L'Allégresse des rats

Dans un futur proche teinté de désespoir les vieillards sont ramassés puis "piqués" afin que les jeunes n'ai pas à assumer leur dépendance. On suit deux employés de la brigade spéciale dévouée à ce bas œuvre dans une ville déshumanisée et en pleine déliquescence. En plein monde désespéré à la Ballard nos héros errent dans la ville tortueuse et miséreuse au volant de leur fourgon mortuaire. Clovis a une femme qu'il est bien content de voir assassinée afin de récupérer pour lui seul le lit conjugal. Mais même dans ce monde sans horizon plus heureux une étincelle d'espoir peut apparaître sans que l'on ne s'y attende!

Malgré la description peu enviable de ce décor Marie-Agnès Michel parvient à ramener de l'espoir dans les simples taudis clandestins par la simple présence des femmes, sûrement pas ni les plus belles ni les plus intelligentes, dont les ondulations corporelles sont comparées à celles des rats(!) qui apportent espoir de rédemption et échappatoire à la solitude dans ce monde au système grippé depuis bien longtemps! Une vraie leçon d'humanité malgré les engueulades viriles et les errances nocturnes!

Premières pages sur le site de l'éditeur.

Marie-Agnès Michel, éditions La Dernière goutte, janvier 2008, toujours disponible.

dimanche 19 juillet 2009

La Mosca - Tome 1

Dans un monde futuriste le café et le cacao sont devenus des drogues dont une multinationale a le monopole. Afin de récolter ces denrées essentielles sur une île infestée de monstres géants des volontaires (oui volontaires c'est bien le plus triste de l'histoire) sont envoyés sur place pour une période définie selon leur fonction ( deux mois pour les chasseurs de gros monstres, 15 jours pour les ouvriers chargés de collecter les fèves ou trois mois pour les chercheurs étudiant les emplacements des plants).
On suit en parallèle Hiken, le héros un tantinet transparent recherchant sa sœur apparemment perdue sur l'île et la mission d'un vétéran, beau gosse ténébreux de service ayant déjà effectué un séjour sur l'île, devant retrouver une valise au contenu mystérieux volée par une petite frappe voleuse et cannibale employé par le même patron!

On ne s'ennuie pas une seconde dans ce manwa, nom du manga coréen, débordant d'action qui commence par un marquage au fer rouge, une arrivée sanglante dans la jungle et scène humoristique de cannibalisme(!) mais paradoxalement ,et malheureusement, on perd un peu en route l'histoire de base qui paraissait pourtant si excitante...
On attend avec impatience la suite en espérant ainsi en savoir plus sur cette société et l'organisation du monde extérieur à l'île !

Kang Hyung-Kyu, Éditions Ki-oon, juin 2009.

Expéron

Lyon 2055 dans un nouvelle société dans laquelle la grossesse n'est plus une affaire de hasard mais doit être autorisée par la remise d'un diplôme AAE (diplôme d'Aptitude Auprès des Enfants).
Les enfants nouvellement nés suivis par des Assistantes Parentale Spécialisée ou APS) dans des Antenne Parentale (ou AP) sont choisis par les futurs parents sur catalogue par caractéristiques. La procréation du futur enfant du couple du Docteur Sollow est en suspend suite à la demande de diplôme AAE de sa femme, arrivée à l'âge fatidique de 40 ans.
Hors lorsqu'arrive dans l' hôpital de notre héros un enfant hors du commun, Ange dix ans, être mutique refusant toute communication et stimulation autre que par les images, notre savant voit une bonne occasion de relancer ses recherches sur une méthode éducative juvénile naturelle reposant sur des méthodes cognitives.
Cet enfant prend bientôt trop de place dans sa vie au point que celui-ci ne perçoit pas l'envie furieuse d'enfant de sa femme qui la poussera à une rupture psychotique après la réponse négative de réception par le centre donnant accès au diplôme AAE.

Hélène Cruciani met à jour avec brio les obsessions de ce couple! La description du défis médical et social permet d'explorer les frustrations consécutives aux restrictions d'une société dans laquelle toute la vie des individus serait trop parfaitement controlée!
Un lexique permet de comprendre les appréviations essentielles pour entrer en immersion dans ce monde pas si futuriste.

Extrait:
Contexte: un couple pas vraiment en phase, le docteur apprend juste la grossesse naturelle de sa femme

"Avait-elle réussi à le piéger avec de faux stérilisants? Impossible. Au moment de son départ, ils n'avaient pas fait l'amour depuis au moins un mois. Or elle semblait en fin de grossesse.
Qui alors? Une jalousie féroce s'empara de lui. Pour la deuxième fois de la journée, il sentit qu'il perdait pied. Il s'imagina en train de lui ouvrir les entrailles avec un coutreau et d'en extraire ce bout de chair répugnant qu'un autre homme avait planté en elle. Son envie de la frapper était telle qu'il dut donner de violents coups de pied dans la chaise la plus proche pour se contenir. Annabel s'éveilla en sursaut."

Hélène Cruciani, Editions Griffe d'encre, collection Roman, février 2008, toujours disponible!

samedi 18 juillet 2009

Sous sa robe noire sept choses
Dame Lackless a encloses
L'une est un anneau qui n'est pas fait pour être porté
L'autre un cri qui n'est pas fait pour être juré
Près du cierge de son aimé
Est une porte sans poignée
Dans un écrin sans verrou
Lackless a les bijoux de son époux
C'est un secret qu'elle va gardant
Sans dormir mais en rêvant
Sur la route, ce n'est pas pour voyager
Qu'elle veut sa devinette débrouillée



Le Nom du Vent , Patrick Rothfuss, Bragelonne,
(traduit de l'américain par Colette Carrière)

jeudi 16 juillet 2009

On a rappelé les chiens, puis on est passé à la mise en condition. Chaque armée a sa méthode. Les Anglais, c'est la cornemuse. Les Chinois, le clairon. Les Sid-Af, ils frappentleur fusil contre leur assegai et ils entonnent un chant de guerre zoulou. Nous, c'était du Iron Maiden, à fond. Moi, perso, je n'ai jamais été fan de hard. Mon truc, c'est le rock traditionnel. J'en suis resté à "Driving South" de Hendrix. Mais je dois admettre que se trouver là, dans le désert, le vent dans les cheveux, avec la ligne de basse de "The Trooper" dans le bide, ça le faisait. Iron Maiden, c'était pas pour faire plaisir à Zack, hein, c'était pour nous gonfler à bloc, nous faire "pisser un bon coup", comme disent les anglais. Au moment où Dickinson s'est mis à beugler "As you plunge to a certain death", j'étais à fond. Le SIR chargé, prêt à tout, les yeux fixés sur cette horde, là, en face, "Allez Zack, vas-y, fais-moi plaisir!", vous voyez le genre.

World War Z - Une histoire orale de la Guerre des Zombies, Max Brooks, Calmann-Lévy coll. "Interstices". Traduit de l'anglais par Patrick Imbert.

L'évolution des cultures numériques- De la mutation du lien social à l'organisation du travail

Cet ouvrage, somme de réflexions de différents spécialistes de la communication via les Télécom et de chercheur en sciences de la communication, nous propose d'explorer les changements sociaux et l'organisation du travail à travers la multiplication des utilisations des réseaux de communication ( réseaux sociaux, téléphone mobile, Internet, messagerie...).

Dans une première partie sont explorées les mutations dans les liens sociaux, usage des réseaux, ce qu'implique une connexion perpétuelle à un réseau, la redistribution des rôles hiérarchiques en Afrique subsaharienne ( passage que j'ai trouvé particulièrement intéressant), les nouvelles solidarités et les nouvelles visions du corps.
Dans une seconde partie sont abordés les nouvelles mobilités, le rôle social d'Internet pour les migrants et la place des ordinateurs dans les lieux publics.
Dans une troisième partie sont mis en avant l'importance du niveau d'éducation dans l'utilisation d'Internet, l'utilisation nouvelle de ce vecteur par des métiers artisanaux comme la pêche maritime ou le télétravail et le "travail gratuit" ou les bases de travail coopératives comme Linux ou Wikipédia.
Dans une quatrième partie sont expliquées les futurs mises en avant des multimédias via les téléphones mobiles.
Enfin est abordée la question de la protection des données personnelles via les exemples de Navigo (autre chapitre qui m'a beaucoup intéressé) et la biométrie.

Un livre très intéressant grâce à de multiples exemples et des explications à la portée de tous malgré parfois un propos qui donne le sentiment d'avoir été délayé!

Sous la direction de Christian licoppe, Éditions Fyp, collection Innovation, avril 2009.

Délit de fuite

Anne Duval, "trente-six ans", "jolie mais pas éblouissante", "cinquante-deux kilos pour un mètre soixante-cinq", "80B" de poitrine, "de longues jambes fuselées" célibataire et autoritaire mène une carrière brillante dans la publicité. Elle a une vie de stress dont les rares moments de loisirs sont ponctués par les visites à sa mère paralysée à qui elle raconte des histoires de bonheur avec un certain Patrick qu'elle ne connaît même pas. Empêtrée dans ses mensonges, dépassée par le stress et victime de son inconscient elle pète littéralement un câble un 3 décembre, jour de la mort accidentelle de son père dont elle se sent coupable depuis ses 12 ans. Mais dans cette fuite en avant, emprunt de bouchées délirantes se manifestant par des fantasmes sexuels plus qu' exacerbé , va se finir dans un hôpital psychiatrique de Clermont-Ferrand...
A la sortie elle est convoquée comme témoin dans une affaire de meurtre! Que cache le médecin l'ayant traité? A quelle manipulation est-il prêt pour écrire un livre dans lequel se mélange son personnage à celui de la petite amie du dit médecin?

Un livre très intéressant d'abord par l'utilisation de la psychose féminine, des souvenirs refoulés et des mauvais tours que l'inconscient peut jouer et ensuite pour une manipulation à laquelle on ne s'attend franchement pas!

Extrait:
"-Vas-y! ordonne-t-elle d'une voix rauque. Prends-moi.
Elle ne sait pas pourquoi elle a parlé ainsi. Habituellement, leur échange se limite à quelques paroles courtoises. Elle a intercepté la lueur de surprise dans le regard de l'homme mais elle s'en fout. Oh! c'est trop bon! pense-t-elle en savourant ses caresses. Puis soudain, sans raison, elle se met à sangloter. Le coursier retire sa main.
-N'arrête pas! Baise-moi...supplie-t-elle.
Mais le visage de l'homme s'est imperceptiblement crispé. Il désactive l'arrêt et Anne a tout juste le temps de rabaisser sa jupe pour filer. Elle n'ose pas le retenir. Reste! Ces cinq lettres se bloquent au fond de sa gorge. De quoi aurait-elle l'air si elle se mettait à courir derrière lui? Et que lui dirait-elle? Qu'elle ne peut plus se passer de son corps? Les coursiers sont volages. Instables. C'est pour cette raison que leurs noms n'apparaissent jamais dans les listings des sociétés."

Dominique Dyens, Éditions Héloïse d'Ormesson, mars 2009.

Métropolitain

Un jour comme un autre notre héros, pas franchement beau, se rend au travail, il prend le métro et là un chien le mord et ne le lâche plus. Puis un homme derrière lui "goûte" par accident son épaule! Pourquoi devient-il tout à coup un produit de consommation? Pourquoi les gens autour de lui essayent à leur tour de le déguster? Serait-il passé soudainement du statut de personne indépendante à celui de produit de consommation apportant autour de lui le bonheur puis la dépendance et la tristesse jusqu'à pousser une jeune fille au suicide en refusant de se laisser tester?

A travers cette Novella qui invite le fantastique dans un réel des plus prosaïque et quotidien Yan Marchand aborde les thèmes de la différence, de la place et de l'utilité de l'homme dans la société, de la dépendance à un nouveau "produit" et l'abandon de soi au profits du plaisir des autres! L'impression de malaise est renforcé par l'utilisation de la focalisation interne qui nous plonge dans les doutes et interrogations du héros.

Extrait:

"Qu'étais-je devenu? Rien... une friandise. J'étais appétissant, avait bon goût. J'étais seul face à ces bouches. J'étais devenu un produit de consommation courante. Personne ne respectait mon corps comme m'appartenant, il était le fruit sucré d'une dérive populaire. Il fallait que ça cesse! Ce corps, s'il ne m'allait pas à ravir, n'en demeurait pas moins le mien. Qu'étais-je devenu? J'étais bien plus qu'une denrée normale, je semblais irrésistible, une chose tellement bonne que nul n'était freiné par des siècles de culture. Les animaux encore, passe, il suffit de sentir la croquette. J'aurais accepté ce défaut, je n'étais pas à un près. Mais les hommes! Voyons, où était leur retenue, la pudeur? Certes, ce n'est pas dans le décalogue, mais tout de même, tout le monde sait qu'entre mortels, on ne se croque pas. Je provoquais le désir à la fois le plus incontrôlable et le plus absurde des arcanes humaines. Tu parles d'un don!"

Premières pages sur le site de l'éditeur

Yan Marchand, Éditions Griffe d'encre (l'éditeur de Votre Mort nous appartient), collection Novella, mai 2007 mais toujours disponible car cet éditeur imprime en numérique à la demande!

La Parodie d'Orgueil et préjudices avec des zombies sortira en octobre en France chez Flammarion !!!

Voici une de mes trouvailles lors de l'exploration du Livres Hebdo spéciale Rentrée Littéraire! La Parodie d' Orgueil et Préjudice de Jane Austen mais avec des zombies sortira en octobre chez Flammarion!

Une bonne occasion de redécouvrir ce classique... sous un nouveau jour! Ou de se venger de l'ennui subit à sa lecture!

http://bibliobs.nouvelobs.com/20090414/11933/jane-austen-en-version-zombie

mercredi 15 juillet 2009

Rage Against The Answering Machine

"Merde", dis-je, mais ça sonne à vide. "MERDE!" je hurle en projetant le mot contre les murs. Toujours pas le moindre rapport avec ce que je ressens. "MEEERRRDEEE!!!" je beugle, et je chope le répondeur, je le balance par terre et je saute dessus à pieds joints, après quoi je sors de la cuisine en claquant la porte et je me mets à arpenter mon séjour en décrivant des 8 pour essayer de me calmer.
Ce qu'on ne vous dit jamais à propos de l'ultra-violence impulsive dirigée par instinct: ça soulage un max.

Electrons libres, James Flint, Au Diable Vauvert. Traduit de l'anglais par Alfred Boudry.

mardi 14 juillet 2009

Widespread Panic: World War Z - Une histoire orale de la Guerre des Zombies de Max Brooks

Sorti simultanément en France avec le Guide de Survie en territoire zombie, World War Z le fut, à l'origine, trois ans après son prédécesseur. Max Brooks est monté d'un cran et la folie dont je le taxais ironiquement dans mon précédent article prend une dimension plus cohérente.
L'idée de départ: le monde a été contaminé et des millions de zombies errent sur la planète, déclenchant la plus grande menace qu'ait connu l'humanité ainsi qu'une désorganisation sans précédent face à ces adversaires à la physiologie et à l'attitude déstabilisante. Là où le Guide de Survie en territoire zombie décrivait, conseillait, mettait en garde, World War Z, démarche plus qu'originale, raconte, met en situation.

N'attendez pas une forme standard du roman d'horreur avec son action sous tension et ses grosses ficelles. Une narration camouflée en une suite d'interviews à travers le monde, plus d'une dizaine d'années après les événements, pas de héros à proprement parlé. Une préface nous indique que l'interviewer a eu quelques difficultés pour réaliser son projet et ses interventions se borneront ensuite à ses questions ainsi qu'une brève présentation en tête de chaque petite histoire personnelle.

Il en ressort une multitude de points de vue selon la nationalité, l'origine sociale, le métier etc, de chaque interviewé. Les personnages, à une seule exception près, n'ont aucun lien véritable les uns avec les autres. Toutefois certains événements sont récurrents: une débâcle américaine à Yonkers, un plan d'action imaginé par un sud-africain très controversé mais qui se voit décliné dans plusieurs pays... Des "Premiers symptômes" à "La Guerre Totale", nous est racontée la progression par phases de cette confrontation entre les humains et "Zack" (nom collectif donné fréquemment aux zombies par plusieurs personnages).

On retrouve la même obsession du détail dont nous faisait part l'auteur dans le guide (auquel il est parfois fait habilement allusion). Mais la précision réaliste est tout simplement impressionnante. Max Brooks a pensé à des situations très spécifiques et je reste abasourdi par la somme de documentation, dans des domaines très différents, qu'il a du parcourir pour faire de ce livre plus qu'un simple jeu de l'esprit. Les zombies n'y sont pas seulement qu'un gadget facile et gratuit et la psychologie humaine y est disséquée au fur et à mesure des réactions diverses à cette terrifiante invasion fictive.

Alors que Le Guide, plutôt destiné aux fans chevronnés du thème, peut être considéré comme un dispensable exercice de style (à feuilleter, au moins...quand même...au pire), World War Z, par sa densité et les réflexions qu'il engage, est un ouvrage qu'il serait dommage de négliger.
World War Z - Une histoire orale de la Guerre des Zombies, Max Brooks, Calmann-Lévy, coll. "Interstices", 20€. Traduit de l'anglais par Patrick Imbert.

Terres imaginées, et pourquoi pas?

Depuis peu je chronique des brèves d'actualité pour Plume Rouge (un site spécialisé dans la fantasy voir lien tout ça..). Je réalise aussi des interviews.. et en fait ça me travaille un peu : pourquoi ne ferait-on pas ça aussi sur Rana Toad? (en plus c'est une vachement bonne excuse pour aller discuter avec des auteurs et des éditeurs que l'on défend non? ^^) L'idée vous intéresse t-elle?

Pour la peine, je vous mets en ligne l'interview de Guillaume Duprat. Je vous avais déjà parlé de son travail. Ses réponses sont sincèrement intéressantes, prenez-le temps de les lire!

L'écrivain forge des mondes grâce à une imagination fertile. Parfois, il s'inspire de mythes ancestraux, que ce soit pour écrire la genèse d'une épopée antique ou une guerre futuriste, aux confins de l'espace. Aujourd'hui, nous partons à la rencontre de ces mythes : des interprétations de l'univers remontant à nos racines, collectées dans le cadre des recherches de Guillaume Duprat. Son travail ethnologique et scientifique aboutit sur des ouvrages emprunts de poésie: Mondes (écrit par Leila Haddad, Seuil) et Le livre des Terres imaginées (Seuil), sources d'inspiration que je vous invite vivement à découvrir.

Plume Rouge (aka Susan Calvin sur Rana Toad, on l'aura compris) : Pourriez-vous tout d'abord nous exposer votre parcours et ce qui vous a amené vers les thèmes que l'on retrouve dans vos livres (à savoir les mythes autour de l'univers).

Guillaume Duprat : Je ne suis pas très conscient de l'origine de mon attirance pour les réflexions sur l'univers; structurellement, cela doit remonter loin... Enfant, j'étais de nature contemplative, plus attiré par le ciel et ses nuages que par les gens. Le ciel est un merveilleux espace de projection. Mon parcours professionnel n'a rien à voir avec la cosmologie, je ne suis ni chercheur, ni historien, ni anthropologue. J'ai une formation de technicien du livre et de graphiste, ce qui m'a permis d'exercer divers métiers : graphiste et animateur dans un centre culturel franco-africain, graphiste et illustrateur freelance, directeur artistique d'un magazine, et aujourd'hui, directeur artistique dans une maison d'édition spécialisée dans les jardins et l'écologie (Ulmer). J'ai aussi eu la chance de voyager, de dessiner quelques carnets de voyages. Mon penchant pour les cosmologies est à la fois une passion et une recherche personnelle.

cosmos tibétain

P.R : Pouvez-vous me parler du projet Cosmologik ?

Guillaume Duprat : Le projet Cosmologik consiste à collecter des visions de l'univers dans l'histoire des sciences et à les rendre accessibles. J'ai commencé il y a environ dix années... il est né d'une simple curiosité personnelle : en regardant la profusion d'images des systèmes du monde illustrés en Occident, du Moyen-âge à aujourd'hui, je me suis demandé comment le monde était représenté, imaginé dans d'autres cultures. J'ai cherché des livres, des encyclopédies susceptibles de répondre à mes interrogations et je n'ai pas trouvé d'ouvrages qui embrassait la question en dépassant les barrières qui opposent traditionnellement cultures écrite et orale, histoire des sciences et histoire des religions. Je n'ai pas tout de suite pris conscience de la tâche qui m'attendait et me suis lancé dans une recherche sans fin, un projet borgésien. Pour pouvoir lire un maximum d'ouvrages, de monographies d'ethnologues, de livres d'histoire, d'astronomie, de géographie, de textes religieux, de mythes, j'ai alors décidé de ne plus lire de fiction pour me concentrer sur mon projet. Le début du projet a coïncidé avec un moment où j'ai pris conscience que je ne pouvais plus voyager comme je le désirais. Mes voyages avaient aiguisé ma curiosité sur la diversité des cultures... Cette recherche de cosmologies, de visions du monde, s'est substituée à mon gout pour les voyages. Le voyage physique s'est transformé en voyage de l'âme.

P.R : Vous avez illustré des mondes complètement fous issus des croyances de peuples autour du monde. D'ailleurs, certains ont visiblement inspiré les univers d'auteurs de fiction (comme Pratchett et son célèbre « Disque Monde »). Pensez-vous à l'inverse que l'interprétation du futur travaillée par les auteurs d'anticipation pourraient posséder une valeur scientifique ?

Guillaume Duprat :
A vrai dire, je connais mal les univers imaginés dans la fiction. Je me suis spécialisé dans l'imaginaire du monde de l'histoire des sciences parce qu'il me semblait que cet imaginaire est méconnu du grand public au profit des mondes donnés à voir dans la fiction.Dans mes recherches, je constate que certaines grandes œuvres de fiction trouvent des échos dans les cosmologies mythiques ou scientifiques : des aspects symboliques du " Disque Monde " correspondent à un mythe hindou millénaire, le monde de Tolkien évoque la mythologie scandinave de l'Edda de Snorri, le Voyage au centre de la terre de Jules Verne succède aux théories de terres creuses imaginées par des scientifiques à la fin du XVIIIe siècle, etc. L'influence des sciences sur l'imaginaire de la fiction est parfois sous-jacente, mais à l'évidence, des auteurs de science-fiction peuvent aussi anticiper certaines découvertes, cela leur donne-t-il une valeur scientifique pour autant... Je crois que ces deux relations ne sont pas symétriques, et que le langage scientifique a quelque chose d'autonome qui opère dans un autre registre

P.R : Au-delà de ce travail documentaire et ethnographique, avez-vous déjà ressenti en tant qu'illustrateur l'envie de créer vos propres mondes ?

Guillaume Duprat :
Ces recherches occupent mon imaginaire, elles le nourrissent, des centaines de cosmologies et leurs innombrables variations peuvent échanger des éléments de leur structure, si bien que les possibilités d'imaginer des mondes sont démultipliées. Dessiner ces mondes intermédiaires entre mon imaginaire et celui des cosmologies ne relève pour l'instant pas d'une nécessité.

P.R : Quelle est la « Terre » que vous avez préféré illustrer à cause de l'imaginaire qu'elle déploie dans votre livre Le livre des Terres Imaginées ?

Guillaume Duprat :
L'illustration d'un monde n'est pas une source de satisfaction, ce n'est pas une fin en soi... je préfère d'autres phases comme la découverte d'une cosmologie sous forme de récit dans un livre en bibliothèque, la première esquisse ou la mise en relation de plusieurs dessins. Dans le livre des terres imaginées, le monde de Vasubandhu est une cosmologie qui me tient à cœur, cette terre triangulaire posée sur une surface d'eau est déjà une curiosité mais elle est en fait située au sud d'un monde centré sur le Mont Meru, un monde multiplié à l'infini...Dans un tout autre registre, j'ai un autre exemple, celui de la juxtaposition des terres shipibo et scandinave, deux terres circulaires centrées sur un arbre : par-delà les frontières géographiques et culturelles, la superposition des deux images permet de souligner l'importance du symbole de l'arbre, un point commun qui permet de montrer l'unité dans la diversité.

P.R : Pouvez-vous nous parler du prochain titre en préparation : Cosmos en collaboration avec Leila Haddad ?

Guillaume Duprat : Après Mondes (Univers), le Livre des terres imaginées (Terre), Cosmos est un livre consacré au ciel et à ses multiples représentations. Dans ma recherche personnelle, il prolonge parfaitement les deux précédents. Leila Haddad a su rendre accessible une histoire du ciel inconnue du grand public, et je me suis attaché à l'illustrer entièrement. Le livre commence avec l'interprétation des étoiles, montre ensuite la "fabrication" des constellations, la création du Zodiaque et de ses signes, et termine sur des visions modernes du ciel. Cette histoire du ciel est principalement axée sur les astronomies babyloniennes, grecques et occidentales. Mais régulièrement, d'autres points de vue du ciel issus d"autres cultures (comme les Chinois, les Navajos, etc.), sont montrés. J'ai eu la chance de pouvoir illustrer 2500 ans d'astronomie, ce qui donne au livre une dimension utopique. À ma connaissance, aucun livre n'a été fait avec cette approche... C'est un projet très enthousiasmant !

Merci encore Guillaume Duprat pour vos réponses!
Pour aller plus loin : Mondes : Mythes et images de l'univers - Leila Haddad, Guillaume Duprat (Seuil édition) 39euros
Le livre des Terres imaginées - Guillaume Duprat (Seuil édition) 20euros

Le site de Guillaume Duprat (dont les illustrations ci-dessus sont issues - à suivre de près!)

lundi 13 juillet 2009

J'essaie de m'en faire une idée. J'essaie d'imaginer ce que ça doit être de se sentir aux commandes de toute une culture, d'être à son sommet et de scruter tout ça avec un oeil d'aigle. J'essaie d'imaginer ce que ça doit faire de vivre dans un monde où on ne publie pas à chaque minutes (en livres, journaux, périodiques, publications scientifiques et sur le Web) l'équivalent d'une vie entière passée à écrire. J'essaie d'imaginer ce que ça doit faire de ne pas être cerné par les données, de ne pas crouler sous d'invisibles montagnes de choses empilées tout autour de vous jusqu'au ciel. J'essaie d'imaginer tout ça mais je n'y parviens pas. Je n'arrive pas à déterminer si c'est exaltant, déprimant ou résolument insignifiant.

Electrons libres, James Flint, A Diable Vauvert. Traduit de l'anglais par Alfred Boudry.

dimanche 12 juillet 2009

London Bone

Voici un recueil de Michaël Moorcock aux thématiques et aux morales forts inattendues qui reflètent bien les aspirations de l'auteur.

Dans Le Cardinal dans la glace un équipe d'explorateurs explorent une planète gelée sans trace extérieure de civilisation. Lors de l'exploration d'une faille ils découvrent un cardinal en position de bénédiction dans la paroi. Ces scientifiques parviendront-ils à garder leur objectivité et leur rigueur ou cèderont-ils à un mysticisme et à un espoir qui leur étaient inaccessibles jusque là? Une nouvelle sous forme de lettre personnelle d'une scientifique à son amour pas forcément réciproque resté sur Terre qui permet de se plonger dans l'évolution psychique du personnage.
Dans L'Os de Londres Raymond Gold découvre un étrange gisement d'os merveilleux. Ce trafic lui apportera la fortune mais aussi le mépris d'une société bien pensante!
Dans Un Samedi soir tranquille à l'Amicale des Pêcheurs et Chasseurs Surréalistes on assiste à la rencontre improbable entre des rednecks et Dieu lui-même ce qui promet un échange fort délicieux!
Enfin dans Le Jardin d'agrément de Felipe Sagittarius le lecteur est le témoin d'une véritable enquête policière historique et uchronique dont les acteurs ne sont autre qu'Hitler, Bismarck ou Eva Braun!

Un recueil aussi divertissement que surprenant autant par les thèmes abordés que par ces conclusions morales hors norme!

Michaël Moorcock, Éditions Actu sf, collection Les Trois souhaits, septembre 2008.

Interview de l'auteur sur le site de l'éditeur

- Le Cardinal dans la glace, Traduit de l'anglais par Jean-Daniel Brèque (The Frozen cardinal), précédemment édité dans Univers 1990, Éditions J'ai Lu, 1987.
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LOs de Londres, traduit par Nathalie Serval (London bone), précédemment édité dans Galaxies 17, 1997.
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Un Samedi soir tranquille à l'Amicale des Pêcheurs et Chasseurs Surréalistes, traduit par Benoît Domis (A Slow saturday night at the Surrealist Sporting club) , précédemment édité dans Ténèbres, 2000.
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Le Jardin d'agrément de Felipe Sagittarius, traduit par Chantal plançon et Jacques Chambon (The Pleasure garden of felipe Sagittus), précédemment édité dans Fiction special 22, 1966.

Pèlerinage

Voici un recueil de Sylvie Denis aux thèmes et aux genres bien différents. On y croisse en effet des anges amateurs de Rock'n'roll, un monde d'hommes insectes dont l'un des représentant de tient pas spécialement à retourner avec ses congénères, une histoire d'enfant-bulle tragique à la fin surprenante et cruelle comme seul les jeunes enfants peuvent l'être, un jumeau chanteur star né par éprouvette afin de remplacer le cerveau déficient de son frère et une grand-mère dont on ne parvient pas à définir si elle est une scientifique qui a fuit son laboratoire ou une malade d' Alzheimer!

Dans Adrénochrome un jeune homme et un ami musicien et dj aperçoivent d'étranges anges fan de rock'n'roll et venu conquérir la piste d'une boite de nuit le temps de morceaux endiablés. S'agit-il d'anges nains venus d'une réalité parallèle par des ondes électroniques ou de visions sous substances illicites?
Dans Pèlerinage un enfant humain devient ami avec un L'mul, un être mi-humain mi-libellule qu'il doit ramené dans sa cité afin qu'il soit soigné. Il apprend alors que son ami est le prince de la cité et que son destin supposé et d'y rester pour régner. Quelles sera la réaction du L'mul? L'enfant sera-t-il toujours son ami? Quelle menace ces cités d'homme-libellules représentent-elles pour la race humaine?
Dans Le Ventre de la mer une petite fille fort dissipée refuse d'aller voir son frère enfant-bulle à l'hôpital avec ses parents qui ont bien du mal à assumer le fait de l'avoir engendré uniquement pour soigner leur premier enfant, tentative ratée qui plus est. L'enfant acceptera enfin mais ses bêtises entraîneront une fin bien tragique et cruelle pour les parents.
De loin la meilleure nouvelles de ce recueil qui justifie à elle seule son achat!
J'ai déjà évoqué en introduction la thématique du Zombie du frère ainsi que celle de La Dame du Wisconsin.

J'ai particulièrement apprécié les introductions de chaque nouvelle qui en raconte la genèse et le sentiment de doute d'interprétation que peut ressentir le lecteur même si ce recueil désorientera peut-être aux premiers abords des lecteurs en recherche d'unité thématiques .

(Extraits sur le Facebook du blog)

Sylvie Denis, Éditions ActuSF, collection Les Trois souhaits, mai 2009.

-Adrénochrome, précédemment publié dans Solaris n°97, juillet 1991.
- Pèlerinage, précédemment publié dans SF 98: Les Meilleurs récits de l'année, Éditions Le Bélial, 1998.
- Le Ventre de la mer, précédemment publié dans Ténèbres n°6, Éditions Les lueurs Mortes, avril 1999.
- Le Zombie du frère, précédemment publié dans Pouvoir et vie-Actes de l'université Européenne d'été de Nice, Éditions IDEA, 2004.
- La Dame du Wisonsin, précédemment publié dans Le Soir 2000, mai 1999.

vendredi 10 juillet 2009

Le singe ne m'a pas vraiment aidé. Il était assis sur le toit d'un minibus abandonné, et il regardait les morts-vivants plonger vers leur destin. Son visage avait l'air si serein, si intelligent, comme s'il comprenait parfaitement la situation... J'aurais voulu qu'il se retourne vers moi et qu'il me dise: "C'est le tournant de la guerre! On a enfin réussi à les arrêter! On est en sécurité!" Mais au lieu de ça, son petit pénis a brusquement jailli et il m'a pissé dessus.

World War Z, Max Brooks, Calmann-Lévy. Traduit de l'américain par Patrick Imbert.

mercredi 8 juillet 2009

It's All About The Game: Last Call/Poker d'Âmes de Tim Powers

Last Call est le titre original de Poker d'Âmes, sorti chez J'ai Lu en 1994. Ma première lecture de ce roman date d'une bonne douzaine d'années. Le genre S.-F. exerçait sur moi une attirance particulière. Toutefois, je cherchais quelque chose de moins classique que les sempiternels voyages dans le temps (même si Tim Powers s'est brillament illustré dans ce thème avec Les Voies d'Anubis) ou autres robots et voyages intergalactiques (je n'avais pas encore découvert le steampunk ou l'uchronie). Et puis je cherchais quelque chose de conséquent du point de vue épaisseur. Poker d'Âmes (et son illustration énigmatique par Caza) avait été une surprise plus que satisfaisante.

1969: Malgré l'interdiction de son père adoptif, Scott Crane, 17 ans, se rend sur le bateau d'un certain Ricky Leroy pour une partie d'Assomption, une variante du poker, qui n'a lieu qu'une fois tous les vingt ans. Cette rebellion d'adolescent lui assurera certes le gain de la partie mais aussi sans qu'il le sache, la possibilité pour Leroy d'utiliser son corps... quand le moment sera propice.

1990: Crane n'a plus d'autre choix, sa liberté en dépend, que d'aller détrôner le Mauvais Roi, celui qui utilise les cartes et les corps qu'il a gagnés pour assurer sa domination. Aidé par un Ozzie affaibli par l'âge et son voisin Mavranos, sympathique poivrot atteint d'un cancer mais initié aux pouvoirs de l'aléatoire, il part d'abord chercher Diana, sa soeur adoptive, avec qui il est inexorablement lié. Mais comme les plans ne se déroulent pas toujours sans accrocs, certains obstacles se présenteront sur leur route (hé sinon le livre il serait pas si gros!). Des tueurs employés par Leroy, un autre prétendant au trône, un mec totalement... euh baaarge et un fantôme (dont je ne dévoile pas l'identité, même si c'est fait relativement tôt dans le livre) qui fait sonner les téléphones publics.

Dans ce roman, l'aléatoire des probabilités, les jetons de casinos et les cartes à jouer se combinent avec les archétypes et les mythes ancestraux et conspirent à vous entraîner dans une aventure grandiose.

A cette deuxième lecture, je n'ai pas retrouvé totalement le plaisir de la découverte d'il y a une douzaine d'années, mais j'ai satisfait l'envie de me remémorer cette histoire avec pour objectif d'en faire un article.

Poker d'Âmes, Tim Powers, J'ai Lu, 8,40€. Traduit de l'américain par Jean-Baptiste Grasset.
Je m'étais mis à réordonner les Post-it collés autour de mon écran, ayant soudain décidé que les trois de couleur vert citron devaient rester ensemble, qu'ils ne devaient pas être séparés comme ça par des roses et des bleus. Mais après les avoir changés de place, je me suis aperçu que je n'arrivais pas à les aligner bien dans le même axe; en plus, l'un des verts avait perdu son adhérence et se décollait régulièrement pour voleter sur mon bureau, ce qui voulait dire qu'il faudrait le refaire.

Je lève les yeux vers les varapeurs, sur leur paroi rocheuse, qui ont monté péniblement de quelques centimètres. Les couleurs de leurs vestes, je m'en rends compte, correspondent à celles des Post-it qui sont collés autour de mon ordinateur. Je préférerais ne pas avoir remarqué ce détail. Maintenant j'ai envie de changer la disposition des grimpeurs, de les disperser un peu, de les espacer avec plus de symétrie sur la pente grise de la falaise.

Electrons libres, James Flint, Au Diable Vauvert. Traduit de l'anglais par Alfred Boudry.

W.O.M.B - Wilderness of mirrors /broken/

Un personnage est enfermé dans une prison insolite . Il entend la voix d' "Avatar", une entité virtuelle qui tente de le guider dans sa quête d'identité et une autre voix qui le voit liquéfié, pourrissant, déshumanisé et pourtant toujours en vie! Jusqu'à quelle folie ce "passager noir" peut-il le conduire? A-t-il seulement conscience de son démon intérieur? Parviendra-t-il à recouvrir une entité unique en réunissant tous les morceaux de miroirs brisés?

Ce recueil conceptuel regroupe des "nouvelles" ou plutôt des notes des médecins, épilogant sur les philosophies les plus obscures, soignant ce personnage schizophrène qu'ils observent tout en tirant les conclusions qu'ils peuvent sur le comportement auto destructeur de ce patient souhaitant séparer son corps physique de sa voix intérieure dans un soliloque en roue libre!

Une mise en abîme envoûtante dans l'esprit d'un schizophrène dont le style n'est pas sans rappeler l'esthétique du clip de Sweet Dreams de Marylin Manson et/ou de certains clips de Nine Inch Nails!

Site officiel de Thomas Becker, regarder la vidéo des auteurs ainsi que les explications afin de mieux cerner leurs intentions.

Thomas becker et Sébastien Wojewodka, Editions Actu SF, collection Les Trois souhaits, juin 2009.

Extraits:

"Mon sang est malade. Une humeur visqueuse, semblable à de la gelée, s'échappe de mes orbites creuses. La vermine grouillante fouille mes entrailles, dévore mes chairs putréfiées et les excrète, exsangues - d'autres insectes charognards, plus patients, se chargeront de ces déchets. Mes os s'effritent, s'étiolent, se désintègrent. Ma tête, tout à l'heure arrachée à mon tronc par un mouvement incontrôlé, trop violent, attend la deuxième escouade des Nécrophages. Mais je vis encore. Je suis immortel."

"S'il pouvait voir, voici ce que mon corps décapité contemplerait: les os de mon crâne apparaissent ça et là, mis à nu par les bactéries et les parasites. Un asticot repu s'extrait lentement de ma mâchoire serrée. Je voudrais le croquer et en aspirer le suc mais rien n'y fait, cela m'est impossible, la mort me grignote. De mes gencives, ne subsiste qu'une bouillie nauséabonde. Je n'aime pas cela. Crâne humain hurlant à la mort au coeur des ténèbres. Je suis vivant."

Le Miroir aux éperluettes

Sylvie Lainé explore à travers six nouvelles toute la complexité et la magie des rencontres amoureuses, humaines ... ou non!

Dans La Bulle d'Euze celle-ci est mis en scène dans un bar dans lequel un jeune homme tombe sous le charme et espionne une jeune demoiselle rajoutant toujours une goûte d'un cocktail mystérieux dans un mélange maison... Quel liquide? Pourquoi? Pour quel effet? Et si la magie de ce liquide n'était que d'accorder un prétexte à notre amoureux transis pour aborder la dite jeune fille?
Dans La Mirotte est expérimenté un étrange procédé, La Mirotte "Pour Matériel Intelligente de Reconnaissance Optique. Cette invention testée tour à tour sur différents cobayes va les rendre aveugle ou leur permettre ... ou non de reproduire l'image de l'être aimé.
Dans Thérapie douce est testée une méthode de thérapie par l'Office pour l'Exploration Interne ludique consistant à rencontrer son "thérapeute" de façon étalée dans le temps dans un bar et de noter ses impressions au fur et à mesure pour ne les divulguer qu'à la fin. Le transfert amoureux peut-il avoir lieu dans de telles conditions?
Dans Question de mode une extraterrestre charme un humain par une pièce de garde robe à la mode!
Dans Un Rêve d'herbe une femme fantasme son homme à travers les attributs de la nature: "ta bouche a un goût de cerise", "Moi je sentais la sève dans mes branches, tandis que je le rafraîchissais de mon feuillage."
Dans Un Signe de Setty l'héroïne fantasme le décors dans lequel elle pourrait faire une rencontre en récupérant plein d'éléments disponibles sur le Net.

Un recueil de nouvelles poétiques qui apporte de la fantaisie et le recul d'autres entités sur les mystères des rencontre qui fonctionne ... ou non!

Sylvie Lainé, Éditions Actu SF, collection Les Trois souhaits, juin 2009, 6 euros.

-La Bulle d'Euze précédemment édité dans Galaxies n°9, 2003.
-La Mirotte précédemment édité dans Étoiles vives n°9, 2002.
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Thérapie douce précédemment édité dans Le Monde Dimanche, 1985.
- Un Rêve d'herbe précédemment édité dans Un oeil au coeur chez CCL Éditions, 1987.
-
Un Signe de Setty précédemment édité dans Galaxies n°24, Prix Rosny Aîné 2003.

lundi 6 juillet 2009

Saccage de la Librairie Résistances

Juste parce que ça me fait mal au cœur et absolument pas pour des raisons politiques...

Lien

dimanche 5 juillet 2009

H.P.L.

Aussi aux Éditons Actu SF dans la collection Les Trois Souhaits, dont le recueil de nouvelles Appel d'air était déjà tiré (voir chronique de Chan Coray), voici une biographie uchronique de Howard Phillips Lovecraft par Roland C. Wagner, auteur multi récompensé par le Prix Rosny Ainé et auteur d'une des nouvelles du précité Appel d'air.

L'auteur part d'une idée simple: et si Howard Phillips Lovecraft n'était pas mort le 15 mars 1937 mais avait vécu 101 ans? Quelles auraient pu être ses interactions avec d'autres auteurs comme Philip K. Dick? Quelles autres nouvelles aurait-il pu écrire? Comment aurait évoluée sa vision du monde au jour du "lancement par les Soviétiques du premier Spontnik"? Quelles oeuvres cachait son activité de nègre de littéraire?

Roland C. Wagner prend comme point de départ la biographie officielle de l'auteur pour la prolonger avec génie en créant des références imaginaires en bas de page! Découvrez pour la somme modique de 5 euros la première uchronie biographique de cet auteur majeur.

Pour d'autres théories sur l'oeuvre supposée cachée ou autres analyses des nouvelles de Lovecraft voir Les Études Lovecraftiennes.

Roland C. Wagner, Éditons Actu SF, collection Les Trois Souhaits, octobre 2008.
Nouvelle également disponible dans le recueil Musique de L'Energie chez Nestiveqnen.



Le Petit Guide à Trimbaler de l’Imaginaire Français et Le Petit Guide à Trimbaler de la S.F. étrangère

L'année dernière paraissait un guide la Fantasy édité par Folio SF en cadeau pour l'achat de 2 Folio SF(Cartographie du merveilleux-Guide de lecture). Un guide fort intéressant sur le sujet malgré le fait que les titres épuisés n'étaient pas indiqués et que les titres étaient surtout issus des catalogues Folio SF et Pocket SF...
Aujourd'hui paraissent aux Éditions Actu SF, collection Les Trois souhaits, Le Petit Guide à Trimbaler de l’Imaginaire Français et Le Petit Guide à Trimbaler de la S.F. étrangère. Outre le fait de compléter le premier guide ces deux titres ont l'avantage de proposer une brève biographie de l'auteur, les principaux titres à lire et une section fort instructive de "si vous avez aimé, alors essayez...". L'autre énorme avantage est que sont légendés les titres recommandés par l'éditeur, ceux pour s'initier au genre, les grands classiques et enfin ceux uniquement disponible en occasion.

Dans Le Petit Guide à Trimbaler de l’Imaginaire Français les auteurs sont classés par "plus connus" comme Pierre Bordage ou Serge Brussolo, "grands anciens" comme Fabien Clavel ou Alain Damasion, les auteurs édités au Fleuve noir de 1951 à 1998 comme Gudule ou Claude Ecken, "les piliers" comme Gérard Klein ou Christophe Lambert, ceux qui écrivent pour la jeunesse comme Pierre Pelot ou Michel pagel e tenfin les auteurs de demain comme Jean-Philippe jaworsky ou Norbert Merjagnan.


Dans Le Petit Guide à Trimbaler de la S.F. étrangère les auteurs sont classés par "grands anciens" avec Ballard ou Bradbury, "L'Age d'or" avec K. Dick ou Arthur Charles Clarke, la "Hard science" avec Greg Egan ou Valerio Evangelisti, le "Space Opera" avec Neil Gaiman ou William Gibson, la "Politique fiction" avec Franck Herbert, le "Livre-monde" avec Daniel Keyes, la "New wave of SF" avec Richard Matheson ou Jeffe Noon, les "prix littéraires" avec tim Powers ou Christopher priest, le "Cyberpunk" avec Dan Simmons ou Neal Stephenson, l' "Uchronie avec Jack Vance ou Vernor Vinge, le "Steampunk" avec Robert Charles Wilson ou Connie Willis et enfin le "Voyage temporel".

Des guides au petit format idéals pour (re)découvrir les grands classiques aussi bien que des auteurs plus confidentielschez tous les éditeurs et/ou collections spécialisés SF (L'Atalante, Au Diable Vauvert, La Volte, Fleuve Noir(Rest in peace...), Denoël, Le Bélial, Bragelonne, Librio, Encrage, Mnémos, L'Oxymore (Rest in peace bis...), Glyphe...).

- Sous la direction de Charlotte Volper et Jérôme Vincent, éditions Actu Sf, collection Les Trois souhaits, septembre 2008, 5 euros.
- Jérôme Vincent et Eric Holstein,
éditions Actu Sf, collection Les Trois souhaits,septembre 2008, 5 euros.