"Rana Toad", ça se mange?

Nous sommes libraires de divers horizons, bibliovoraces friands de découvertes, ici pour partager!

lundi 29 juin 2009

L'étrange histoire de Nobody Owens

L'univers à la fois mirifique et terrifiant qui entoure la Mort, peuplé de fantômes, mais aussi de goules, de chiens métamorphes ou encore de magiciens, est très enrichi grâce à l'imaginaire de Gaiman. On reconnait à ce dernier des ambiances très proches de ceux de Burton et de son Etrange Noel de Monsieur Jack : un conte macabre où les conflits souvent manichéens ont des fins "positives". Attention, par macabre, je n'entends pas glauque : pas d'hémoglobine, aucune vulgarité, mais des histoires qui creusent dans nos souvenirs jusqu'à nos peurs d'enfant.

L'Etrange Histoire de Nobody Owens démarre d'emblée au beau milieu de nuit, dans une grand maison. Le Jack, un meurtrier particulièrement insensible assassine méthodiquement tous les membres d'une famille. Tous sauf un : un petit bonhomme qui se réfugie dans le cimetière en haut de la rue.

Recueilli par des fantômes qui hantent les lieux, Bod (puisque c'est ainsi qu'il sera appelé par ses parents adoptifs) grandit sans aller au delà des grilles du cimetière (qui recèle toutefois son lot d'aventures et de lieux étranges..). Il étudie quelques tours de passe-passe d'ectoplasme qui lui seront d'ailleurs bien utiles dans ses explorations. Pendant ce temps là, une menace plane en sourdine puisque l'on sait que le Jack rode toujours, plus déterminé que jamais à finir son travail.

L'Etrange Histoire de Nobody Owens a remporté samedi dernier le prix Locus (du magazine américain du même nom) et son auteur monte dans les sphères de ceux aux oeuvres consacrées. Son livre est édité en français par Albin Michel, traduit par Valérie le Plouhinec (13€50), il convient aux jeunes lecteurs (un peu dans la lignée de l'Apprenti Epouvanteur chez Bayard)

dimanche 28 juin 2009

He played Mario Brothers a lot on the Nintendo set on the TV at home, and as he walked across the grass now, he thought of the invisible bricks that hung unsupported in the air of the Mario world. If a player didn't know about one of them, he would have the little Mario man run right on by, but a savvy player would know to have the little guy jump up at just the right spot - and bump his head on what had looked like empty air a moment before but was now a brick with one of the glowing mushrooms on it. Catch the mushrooms and suddenly you were big. And if it was a lily instead of a mushroom, and you caught that, you could spit fireballs.
He jumped now. Nothing. Empty air.

Last Call, Tim Powers.

Votre Mort Nous Appartient

Roïn Venkoo est un jeune homme qui n'a pas de chance. Malgré les multiples thérapies qu'il a suivi il ne parvient pas à se défaire de son envie de suicide... Le problème est qu'il vit dans une société futuriste, à plusieurs siècles de notre époque, dans laquelle la natalité est tellement réduite que chaque individu à une place définie dans le système qu'il se doit de tenir sous peine de représailles ( s'il ne trouve pas sa voie seul on lui attribut de force une fonction, il a donc une obligation d'utilité!).
Or notre héros décide d'aller à l'encontre du règlement lorsqu'il se fait refouler au bureau des suicides censés lui donner une date correcte pour son remplacement!
La machine juridique se met alors en branle afin de le remettre dans le droit chemin!
Il a aussi une copine "artiste" dont on suit le destin en parallèle ( contexte du second extrait) ...

Si à première vue on pourrait penser que tout a été fait en matière d'anticipation (on retrouve en effet les idées de stockage d'âme sur disque dur, de mouvements rendus inutiles par la généralisation du télétravail et d'Internet, le contact charnel surprotégé par des systèmes de désinfection...) cette "Novella" est une véritable surprise! Le genre de découverte qui me rend heureuse de faire le beau métier de libraire pour avoir la joie de la promouvoir! Pas seulement parce qu'il est édité chez un petit éditeur indépendant mais aussi et surtout parce qu'il introduit une écriture novatrice et distanciée par l'humour noir sur ce genre!

Bienvenue dans un monde où la médecine est tellement omnisciente que la religion est annihilée, en effet plus besoin de questionnement existentiel sur la mort quand celle-ci n'existe plus!

Extraits:

"Je vous prierais de reconsidérer votre position, monsieur. La nature biologique est une chose précieuse. Depuis que le Forum Féminin Familial a proclamé que voir le ventre d'une femme distendu par la grossesse était disgracieux et dégradant, le taux de natalité de votre espèce a gravement chuté. Il est du devoir de tous d'éviter de gaspiller la moindre existence.
- Je ne comprends pas vos réticences, répliqua le jeune homme en haussant le ton. La loi permet le suicide, et je revendique de droit aujourd'hui, voilà tout. Veuillez, s'il vous plaît, en prendre note."

"Aujourd'hui, nous utilisons quatre dispositifs pour maintenir la population humaine à un niveau raisonnable et efficient. Le premier prévoit la limitation des naissances à un enfant pour sept couples, officiels ou non. Le deuxième fixe le nombre maximal de renaissance à six. Le troisième définit les devoirs civiques et, notamment, l'obligation pour le citoyen d'être utile à la société. Le dernier est la régulation par tirage au sort. Bien sûr, aucune de ces règles n'est figée, de multiples dérogations sont prévues, mais dans le cas qui vous concerne, mademoiselle Xinava, tous les recours automatiques ont déjà été utilisés: le troisième critère doit s'appliquer."

Premières pages à lire sur le site de l'éditeur


Antoine Lencou, Éditions Griffe d'encre, collection Novella, 122 pages, mai 2009.

samedi 27 juin 2009

Le dico des héros

Voilà un bien sympathique dictionnaire publié chez les géniaux Moutons électriques. Un index de 20 pages répertorie les personnages que l’on pourra trouver au fil de ces 412 pages. De Belphégor à Dorian Gray, en passant par Buffalo Bill ou encore Tarzan, ce dico propose des fiches biographiques de tous ces héros qui peuplent les pages de nos livres où habitent les films mythiques.
En rabats des 1ère et 4ème de couverture, on trouve une carte de Paris et une de Londres avec les lieux témoins des méfaits de ces héros.
Bref, un ouvrage toujours utile, à feuilleter quand on veut, et où l’on apprend toujours quelque chose à chaque coin de page…

Collectif, Les Moutons électriques, 2009, 412 pages.
Fiche de l’ouvrage sur le site de l’éditeur

vendredi 26 juin 2009

Return Of The Son of Shut Up 'n Kill Yer Numbskull: Jesus, la terreur des zombies de Stephen Lindsay

Il faut bien avouer qu'avec une telle rencontre, il y a de quoi faire saliver les amateurs de clash délirant (Alien vs Predator, Freddie vs Jason, Le Pen vs Tapie, avec gants de boxe, sinon ça fait pas sérieux...). Les puristes auront reconnu le clin d'oeil de la couverture.
L'idée de départ est intéressante: plusieurs dessinateurs se relaient dans ce massacre de zombies voulu par Dieu lui-même, avec le cigare et la serviette autour des hanches, dans son Thalasso Terrestre (Spécialistes du massage divin). Un enchaînement, malheureusement sans queue ni tête, de seynettes avec des blagues et des répliques digne des pires films d'action. Mais le contexte étant planté, et n'étant pas du tout gêné par le 42ème degré, je me suis laissé à quelques sourires. On trouve quelques allusions bien placées (South Park, Terminator, Karaté Kid, sûr, The Big Lebowski, moins sûr, mais une scène de bowling... hein, à quoi ça fait penser?).

Certains peuvent se scandaliser d'un tel foutage de gueule (on me signale dans l'oreillette que j'ai déjà utilisé ce procédé dans un post antérieur...hum...ah bon?), je me contenterai de dire qu'avec quelque chose de plus élaboré (on peut garder le 42ème degré), mon avis aurait été un peu moins mitigé. Je note un peu au-dessus de la moyenne pour le concept et la page finale de Robert Crumb. 12/20, c'est mon côté Ecole des Fans

Un petit défouloir bien sympathique mais pas transcendant. Une curiosité à conseiller aux collectionneurs ou aux puristes du genre.
Jésus, la terreur des zombies, Stephen Lindsay et cie, Editions Stara, 19€. Traduction de Harry Morgan et Stara.

Harmelinde et Deirdre

Sous titre : Six enquêtes de Harmelinde et Deirdre de Crommlynk dans l’univers de Nordhomme.

Harmelinde et Deirdre, mère et fille, sont magiciennes. Tout au long de ces 6 nouvelles, elles vont résoudre des enquêtes dans différentes contrées de l’univers crée par Nicolas Cluzeau. Une pincée de vampire sur fond de désert magique. Un coup de pinceau enchanté dans de sombres histoires de famille. Une forêt qui déménage pour cause de danger imminent. Un archimage qui se fait passer pour un démon. Un restaurant dont les plats sont suspectés d’être saupoudrés de magie. Et une lutte terrible entre un monstre et son gardien sortis des Geôles. Bref, pas de quoi laisser se reposer un instant les 2 magiciennes.
J’ai beaucoup aimé ce livre et l’univers de Nicolas Cluzeau. A mi-chemin entre fantasy et science, les histoires sont terriblement bien construites, à l’image de l’univers dans lequel les personnages évoluent, et dont vous pouvez voir la cartographie ici.

Nicolas Cluzeau, Nestiveqnen, 2001, 222 pages
Site Web de l’auteur - Blog de l’auteur
Voir la fiche de l’ouvrage commentée par l’auteur.

jeudi 25 juin 2009

Croyez-vous qu'il y ait une bonne et une mauvaise manière de s'y prendre dans la vie? Peut-être ne s'agit-il simplement que de faire autant de conneries qu'il est humainement possible avant de mourir. Peut-être que le gag, c'est que c'est pas si con, après tout. A Pittsburg, je fis la connaissance d'un nain qui jonglait avec des sardines. Lorsque je lui posais la question:
"Pourquoi des sardines?"
Il me répondit:
"Les requins, ça ne rentre pas dans ma valise."
Est-ce que vous avez une explication plus valable de votre fabuleuse représentation sur cette planète? Ou bien est-ce que je vire bouddhiste?

Moi, Fatty, Jerry Stahl, Rivages. Traduit de l'américain par Thierry Marigniac.

Un guide de la petie édition indépendante sur Zazieweb

Voici un guide intéressant d'éditeurs auxquels on ne pense pas forcément!

Lien Zazieweb

mercredi 24 juin 2009

Ni homme, ni femme - Enquête sur l'intersexuation

Comment vit-on dans une société organisée entre deux pôles élémentaires sexuels: le masculin et le féminin? Comment les parents et les médecins peuvent choisir, et doivent-ils le faire, à la naissance le sexe d'enfant aux organes atypiques? Quelles réalités physiques ,et degrés de développement, et psychologiques recouvrent les termes d'androgénie, d'hermaphrodisme vrai ou fausse ou pseudo-hermaphrodisme masculin ou féminin, d'intersexualité, d'identité de genre, de caryotype (définition de XX ou XY et leurs variations), de phénotype ("caractéristiques physiques extérieures d'une personne") ou syndrome d'insensibilité aux androgènes?
Peut-on définir la personne à son sexe ou à sa définition?

Dans une première partie Julien Picquart donne la paroles aux enfants ou adultes qui ont eu un choix compliqué à faire tant sur le plan physique que psychologique ainsi qu'à leurs parents. Ces témoignages sont anonymes mais l'auteur a tenu à mentionner leur années de naissance afin de bien faire percevoir aux lecteurs les évolutions aussi bien médicales des traitements proposés que les suivis psychologiques et enfin le regard porté par la société sur ces personnes atypiques.

Dans une seconde parie l'auteur explore les interrogations des médecins quant aux différents traitements et le vocabulaire médicale ainsi que la reconnaissance ou non de ces termes par les patients, les solutions adaptées ou non aux personnes pour leur vie future.

Enfin dans une dernière partie il identifie une liste de questions problématiques qui définie en son sens les tabous encrés dans l'inconscient collectif. Pourquoi ces personnes nous posent-elles problèmes? En quoi leurs organes atypiques heurtent notre représentation du masculin et du féminin? Comment se représentent-on leur vie quotidienne? Comment procréer ou adopter lorsque l'on n'est pas né femme? Pourquoi les pensent-on des monstres?

A travers cet essai sensible, honnête et intime Julien Picquart nous fait poser des questions existentielles qu'en à l'organisation et aux valeurs morales de notre société.

Julien Picquart, La Musardine, collection L'Attrape-corps, mars 2009.


A absolument lire en complément:

-Pierre Ancet, Phénoménologie des corps monstrueux, PUF, 2006.
-Luc Brisson, Le Sexe incertain. Androgénie et hermaphrodisme dans l'Antiquité gréco-romaine, Les Belles Lettres, 1997.
-Marie Delcourt, Hermaphrodisme. Mythes et rites de la bisexualité dans L'Antiquité classique, PUF, 1992.
-Laure Murat, La Loi du genre, Fayard, 2006.
Sabine Prokhoris, Le Sexe proscrit, Flammarion, 2002.

A voir absolument:

XXY de Lucia Puenzo, 2007. Un film superbe d'humanisme et de sensibilité sur une hermaphrodite vraie de 15 ans qui tombe amoureuse du fils de la famille invité par ses parents parceque le père lui voue un intérêt médical en qualité de chirurgien esthétique et qui ne veut pas avoir à choisir entre les deux sexe. Le réalisateur parvient à montrer aussi bien le point de vue des parents que celle de leur "fille" que celui du médecin, mais aussi l'interrogation du fils succombant à ses charmes et la vision et le rejet de la société!



L'amour gourmand : libertinage gastronomique au XVIIIe siècle

Au-delà des clichés sur les aliments aphrodisiaques Serge Safran nous invite à explorer les multiples utilisations du chocolat, des huîtres, du café, du tabac, du champagne, des vins et liqueurs ainsi que le rôle social de l'ivresse et les multiples petits plaisirs culinaires à travers la littérature du 18ème siècle.

Sont analysés aussi bien les aspects culinaires (goût, odeur, arrangements) que sociaux et bien sûr érotiques!

Un ouvrage érudit qui permet de (re)découvrir des saveurs oubliées ainsi que les mœurs et habitudes galantes de l'époque à travers des auteurs comme Casanova, Sade, De Laclos, Marivaux, Mirabeau, Rétif de La Bretonne, Rousseau ou Voltaire et donc de relire leurs oeuvres sous un autre jour!

Exemples:

"Le café: l'excitant, moderne, les cafés publics, le café privé, l'odeur d'intimité, le breuvage d'Orient, le philtre initiatique, le café confondu, du café au lit, les ruses du café, la cafetière, le génie et l'amer."
"Liqueurs: les funestes effets, les fortes et brûlantes, le ratafia, les prodigieux effets, blanche et divine, nectar et ambroisie."

Serge Safran, La Musardine, Collection L'Attrape-corps, mars 2009.

dimanche 21 juin 2009

La sagesse du zombie

Il faut bien que j'avoue quelque chose. Après mon arrestation - et tout au long de mes trois procès -, les jours s'écoulèrent pour moi comme si je jouais le rôle de Dix-Carat Carmichael dans Zombie Island. Je crois qu'il s'appelait comme ça. Peut-être que c'était Deux-Carats Louie. Au point où j'en suis, je ne me souviens plus de rien, alors ne m'en veuillez pas si je me goure. (Qu'est-ce que vous allez faire? Me foutre en taule pour faux témoignage?) Je n'avais jamais eu une passion pour les films de zombies. Mais je comprenais maintenant: les zombies étaient des gens dont la vie était devenue si insupportable que la seule façon pour eux de continuer à vivre, c'était de singer les morts. Au fur et à mesure que défilaient les semaines, chaque journée apportant son lot de mauvaises nouvelles, ses nouvelles démonstrations publiques de haine, je persistais à marcher et à parler, mais à l'intérieur j'étais sonné, dans le potage. Un apprenti zombie attendant son examen de passage.

J'avais l'impression d'être un gag de chute emprisonné dans une mauvaise blague.

Moi, Fatty, Jerry Stahl, Rivages. Traduit de l'américain par Thierry Marignac.

Pourquoi pas :]

Poy poy,

Je me permets de faire un petit coup de pub pour l'atelier d'écriture "Plume Rouge", auquel je vais participer et que je trouve pour l'instant fort sympatoche (j'ai déjà fait un lien).

Axé sur les genres imaginaires, le site propose aux écrivains en herbe de soumettre leurs textes, mais également leurs lectures, leurs critiques. Tout est basé sur l'entraide.
Bien qu'il soit jeune, il est très dynamique. On peut y préparer des appels à texte pour les éditeurs, discuter d'ébauches d'histoires, le tout dans la convivialité.

Voici l'adresse pour aller plus loin: http://www.plume-rouge.fr

(sinon promis demain je vous poste une critique d'une BD que vous allez adorer :D)

vendredi 19 juin 2009

Visuel de la campagne librairies en région

Juste parce que je trouve ce visuel bien sympa!


Source: http://www.librairesenregions.fr/

Fermeture de la librairie Brentano's, snif !!!!!!!!!!!

Voici un article sur cette triste nouvelle...

Source: Actualitté.com

Le mystère de dieux de Bernard Werber

Voici le troisième opus du “cycle des dieux” de Bernard Werber.
Que dire de plus pour présenter cet auteur qui n’a déjà été dit… rien, en tout cas je ne le tente pas.
Michael Pinson rechausse ses sandalettes en cuir et son Ankh d’élève dieu pour la troisième fois consécutive (la 5 ème apparition en tout avec « les Thanathonautes » et « l’empire de anges ») avec pour objectif de découvrir ce qu’il y a à la racine de l’univers, le « grand dieu », le 9 (oui car le 8 c’était Zeus, le 7 les élèves dieux, le 6 les anges etc). Aidé par ses compères incluant un bon lot de célébrités mortes reconverties en élèves dieux (Marylin Monroe, Mata Hari, Simone Signoret, etc), un autre de personnages de la mythologie grecque puis ses deux anciens compères thanatonautes, il va entreprendre de gagner la finale qui l’oppose à 11 autres élèves dieux.
Alors autant vous le dire tout de suite, je n’ai pas été passionné par ce livre. Un mélange de lourdeur, de promotion personnelle, de redites et de « je suis incompris pas les critiques » m’ont quelque peu déçu.
Mais surtout il en ressort un grand sentiment de vacuité.
C’est réellement dommage car cet auteur m’avait passionné par sa trilogie des fourmis et quelques autres. J’ai eu l’impression que la qualité de ses livres avait brusquement chutée dans la deuxième moitié de sa carrière et je me demandais pourquoi.
J’ai eu la réponse il y a 3 ans et j’ai continué à acheter ses livres en pensant que cela s’arrangerait. La raison est que son éditeur (Albin Michel je crois) lui a demandé de sortir un livre tous les 3 octobre de chaque année.
C’est totalement regrettable et incompatible avec une quelconque création artistique surtout pour quelqu’un dont la sensibilité à fleur de peau est aussi palpable.
Alors en mettant cela en perspective on comprend pourquoi ce livre a un goût de « pas complètement cuit ».
Avec de telles contraintes je le comprends complètement, plusieurs fois à la lecture j’ai eu la forte impression que si on disait à un auteur, même excellent, « bon ce matin on est mardi il est 9 heures, je veux 600 pages dimanche soir avant que je me mette devant la télé pour regarder stade 2, oui j’aime bien stade 2 » on obtiendrait exactement ce genre de résultat. Imaginez que l’on sorte Paul Bocuse de son lit à 7 heures du matin en lui demandant de faire un déjeuner pour trente personnes, pour une heure plus tard, tant pis s’il ne reste qu’un peu de semoule, 3 steak hachés surgelé et un pot de moutarde, pas le temps d’aller faire les courses, et bien je parie que le résultat final sera inférieur à une madame toulemonde qui aura 3 jours devant elle pour aller à ED faire pour faire les courses et regarder « un diner presque parfait ». En tout cas moi dans ce cas je pose 1 euro sur la ménagère (et 50 centimes tout de même sur Bocuse car bon…on ne sait jamais).
Pour revenir sur le livre certains passages m’ont tout de même plu et la surprise finale, bien qu’elle ait été totalement haï par la quasi totalité des internautes lorsque j’ai « googlé » le livre, m’a plutôt agréablement surpris, au moins c’est inventif. Cependant pour utiliser une formule entendue habituellement lors des retransmissions sportives, et bien trop souvent lorsque l’équipe de France joue, c’est « trop peu, trop tard ».
Si j’osais donner un conseil à monsieur Werber (là je fais ma meilleurs imitation d’un chaton qui donne une leçon de chasse à un tigre) ce serait d’aller dire ses quatre vérités à son éditeur « He les gars, allez vous faire voir, c’est MOI qui VOUS fait vivre, je ne veux plus de votre pression de patron d’Auchan, je sortirai mes livres quand je le souhaiterai, c’est comme ça et puis c’est tout. Grace à moi vous avez vendu des millions et des millions de livres, si vous n’êtes pas content je pars chez Actes Sud, Gallimard ou XO. »
Cependant je continuerai à acheter ses livres, ce n’est pas parce que j’ai été déçu 3 ou 4 fois (mais pas par les 2 premiers de la trilogie des dieux qui, malgré la tendance qui s’amorçait depuis un petit moment, m’avaient plutôt plu) que je vais oublier le bonheur et l’évasion que j’avais ressenti dans ses premiers livres. L’auteur m’avait tellement fasciné, interpellé, fait rêver, amusé et scotché avec ses fourmis, son père de nos pères et son ultime secret qu’il a gagné un billet « achat à vie » avec moi.
Et oui je préfère être dirigé par une première impression au risque d’être déçu de temps en temps que de dire « bon là c’est trop j’achète plus rien » au risque de passer un coté d’un bon livre. C’est comme ça je suis trop gentil, je laisse la chance aux auteurs et je n’arrête jamais la lecture au milieu. Bien souvent j’ai tord, mais pas tout le temps, mais en tout cas je ne le regrette jamais.

Le mystère des dieux, le livre de poche, 7,5€

mercredi 17 juin 2009

L'inconsciencieux, séance de dédicaces à la librairie "L'œil au vert" le 26 Juin 09


Décidément le mois de juin aura été très positif pour "L'inconsciencieux".

Je serai en séance de dédicaces, le 26 Juin prochain à partir de 18h45, dans la librairie "l'œil au vert" située rue de l'Amiral Mouchez dans le 13 ème arrondissement de Paris.

Si vous êtes dans le coin, n'hésitez pas à passer me faire un petit coucou.

"L'inconsciencieux", 387 pages, éditions Aparis-EdiLivre, 21€
"L'œil au vert", 59, rue de l'Amiral Mouchez - 75013 PARIS , 01 45 88 67 96 , http://www.loeilauvert.com/index.php

mardi 16 juin 2009

America's Least Wanted: Moi, Fatty de Jerry Stahl

Roscoe Arbuckle. C'est un nom, dans l'histoire du cinéma muet, dont la résonance est bien plus faible que d'autres. Même mentionné par son surnom, Fatty, le personnage ne provoque pas la même réaction que Charlie Chaplin. Et pourtant il fut le premier acteur à toucher un salaire d'un million de dollars par an. Jerry Stahl nous a rappelés au bon souvenir de Roscoe avec ce Moi, Fatty (publié à l'origine en 2004 mais chez Rivages en 2007), en adoptant la biographie (à peine) romancée. Je pourrais même dire (auto)biographie vu que le récit est à la première personne.

En raison de sa corpulence, son père le reniera et le méprisera et ce dès sa naissance. Ensuite ce même père passera très vite à la vitesse supérieure en le battant, l'humiliant et allant jusque l'accuser de la mort de sa mère. Cette figure paternelle, qui lui donnera son surnom de Fatty (entre autres), est la première mine anti-personnelle de Roscoe. Il n'est alors pas surprenant que ce dernier abhorrera le nom de scène qu'on lui imposera. Ses premiers succès il les connaîtra avec le music-hall, dans diverses troupes et compagnies, un milieu où à cette époque le cinéma avait plus que mauvaise réputation. Il se lancera lui même dans ses premiers films à contrecoeur, pour arrondir ses fins de mois.

Mais j'abrège et je passe sur ses années de succès pour aborder le noeud du roman et de sa vie, le scandale qui fit de lui l'homme le plus haï des Etats-Unis à partir de 1921. Une soirée qui a mal tourné avec l'aide de l'alcool et de mauvaises fréquentations. Une situation aux circonstances dignes des films burlesques qu'il tournait et qui aura un goût bien plus amer que la tarte à la crème. Accusé à tort de viol et de meurtre, diffamé dans les journaux (photomontages, fausses déclarations et affirmations détournées à l'appui), et boycotté violemment, voici une plongée en caméra subjective dans son enfer jusqu'aux excuses sincères du jury (sans précédent à l'époque) lors de son troisième procès.

Je suppose que l'auteur s'est beaucoup documenté et que les nombreuses anecdotes doivent avoir une base historique. La personnalité même de Roscoe, naïve et sincère, semble être véridique dans un tel plaidoyer en sa faveur. Peut-être que des connaisseurs me confirmeront, n'hésitez pas mesdames et messieurs, mes articles sont imparfaits et ne demandent qu'a s'enrichir de vos précisions et commentaires sur des sujets que j'aborde sans avoir été au plus profond.

Le roman est bien sûr truffé d'apparitions de célébrités de l'époque, connues et moins connues, dont Buster Keaton (le seul ami fidèle, exception faite de Okie, domestique japonais de Roscoe), Charlie Chaplin (la rivalité fut semble-t-il bonne enfant et sans véritable rancoeur) et à mon grand plaisir certaines que j'avais déjà croisées dans une lecture récente (Swing de Jean-Yves Chaperon): Jack Johnson, Jack London et Caruso. Mais la particularité la plus attachante de Moi, Fatty est le ton du narrateur. Parfois émouvant à vous arracher des larmes (les pages racontant le soutien de sa première femme notamment), parfois d'une amertume teintée d'un humour désespéré même dans les pires moments de sa vie. Il est difficile de ne pas compatir avec un être humain si gratuitement détruit. Une réhabilitation posthume qui a sa place dans la bibliothèque des amateurs du cinéma muet, mais pas seulement.

Dernier petit chipotage, pourquoi donc classer l'ouvrage en "thriller"? Roman noir, je veux bien... mais est-ce que le terme "thriller" ne se compose pas de connotations complètement étrangères à ce que je viens de lire?

Moi, Fatty , Jerry Stahl, Rivages, 20€. Traduit de l'américain par Thierry Marignac.

6X: Au Rallye de Pierre Place

Au Rallye est le genre de bar où les habitués, à peine le seuil franchit, ne s'étonnent même plus de voir servie sur le zinc leur boisson préférée (un coca?). Un de ces lieux de convivialité où l'on rencontre les même personnes jour après jour et dont la fermeture serait un de ces petits déchirements auxquels on ne pense jamais. Voilà, j'avais l'intention d'en faire un clin d'oeil, mais j'ai découvert hier que cet article, à peine né, se transformerait en hommage à un bar dans lequel je n'ai jamais mis les pieds mais qui faisait partie d'une sorte de mythologie quotidienne de Caen.


Mais parlons de la bande dessinée de Pierre Place. Les personnages nous sont présentés un à un, chapitres débutant par une petite phrase accompagnée d'un petit dessin-symbole. Hakim, héros un peu maladroit dont tous ignorent le passé et la véritable identité, Henri qui se cache là où il peut pour palier à sa générosité envers sa famille à qui il ne sait pas dire non, Sandrine qui passe de boulot en boulot, Aminata et Slimane qui font leur vie comme il peuvent... Une diversité non complaisante et qui sonne juste. Tous se côtoient dans ce mélange d'aventures urbaines faites d'attachements, de déceptions, d'humour, d'opportunités, d'embrouilles aussi.

Chaque page trouve sa vitalité grâce à des traits dynamiques et une mise en page libre des barrières traditionnelles. Un angle de vision toujours différent et tout juste ce qu'il faut d'ellipses et de détails pour que le lecteur remplissent les trous par lui-même. Une BD intimiste et sincère.
(Petite précision, l'illustration de droite était une couverture provisoire (voir en bas à droite), mais elle a ma préférence à la version définitive, alors j'ai mis les deux)
Au Rallye, Pierre Place, Warum, 16€.

dimanche 14 juin 2009

Dazed And Confused: V. de Thomas Pynchon

Je suis incapable de vous faire un article sur ce livre après cette première lecture. Pynchon sera le premier écrivain a me laisser dans une telle confusion. Un précédent dans mon parcours littéraire: malgré toutes ses zones sombres que mon cerveau n'a pas appréhendées et sa complexité déroutante, je suis allé jusqu'au bout sans vraiment avoir eu envie une seule fois de l'abandonner. Pire, j'ai d'abord emprunté la version traduite en bibliothèque, avant de me rendre compte qu'il me faudra plus de temps qu'un délai d'emprunt (renouvellements inclus) pour piger les implications de ce bouquin. J'ai donc fini par acheter l'édition Points, dans la perspective de le relire, en français. Pas quelques années plus tard mais dans un futur très très proche. Pour combler les trous que la version originale s'est fait un malin plaisir à laisser derrière elle, même après une lecture intégrale.

Est-ce les parasitages quotidiens des transports en commun (comme par exemple ces deux crétins qui affichait leur rebellion pathétique en mettant leur musique ostentatoirement insultante et en fumant un joint dans ce qu'ils considèrent comme leur territoire: le compartiment à vélos en queue d'un RER) qui m'ont privé de l'attention que V. requiert? Non ça serait me chercher une fausse excuse. Il me faut l'admettre, humblement, certains romans sont trop ardus pour les lire dans la langue, même après des études de littérature anglophone. Snif.
Je m'étais aventuré il y a quelques années dans les 100 pages les plus touffues de la littérature anglaise, Heart Of Darkness de Conrad, sans machette ni crème anti-moustique. Mais je n'ai pas eu le courage d'y retourner, même avec une machette et des litres de citronelle. Je vais attendre encore un peu pour retenter cette expédition, si vous voulez bien.

Faut-il lire d'autres Pynchon, relier leur points (pour faire une jolie image) communs et aller plus loin, c'est-à-dire dans les ouvrages critiques? Pourquoi m'atteler à telle tâche alors que, les oeuvres, titanesques et indispensables aux bibliothèques les plus cultivées, de Christine Angot et de Michel Wellbeck (l'orthographe est volontairement fausse, je préfère prendre mes précautions avant qu'il y ait des commentaires sur ce genre de détail) me restent désespérément inconnues? Tout simplement parce qu'en lisant la page Wikipedia (peu importe la crédibilité qu'on peut accorder à ce site) de Thomas Pynchon, j'ai été pris dans un tourbillon very beaucoup stimulant. Une sorte de challenge littéraire qui pourrait bien être borné et oublieux de futurs classiques, mais, promis, je ferai en sorte de ne pas tomber dans l'obsession ou la monomanie (mais pourquoi utilise-t-il ce terme si souvent? serait-ce une private-joke?).

Il faut quand même dire un minimum sur le contenu du livre: non, il ne s'agit pas de lézards extraterrestres venus envahir la Terre (dont les sucreries sont des souris de laboratoire), et il n'y a aucun personnage nommé Donovan. Blague à part, je vous en reparlerai dans quelques semaines.

Ah un dernier truc: la couverture est celle de l'exemplaire que j'ai acheté sur Ebay pour une somme très raisonnable. C'est une édition paperback (euh poche, en fait, mais ça fait mieux de dire paperback) datant de 1966. Je suis content (je ne suis pas Simon Jeremy, je n'ai donc pas vomi sur mon tapis) de l'avoir trouvée pour la poster.

Burnt Weeny Sandwich

Et cela se reproduisit. Mes tentatives de meurtre, je veux dire. A force de bricoler chez les Durfee, j'étais devenu assez bon en électricité. Alors, le jour où l'occasion s'est présentée - et elle se présenta, bizarrement, la semaine même où j'ai appris de la bouche de Mack que Charlie allait être payé au même tarif que moi -, je branchai quelques fils sur les toilettes de manière à ce qu'on prenne une décharge en s'asseyant dessus. Cette fois, j'en parlai aux autres, et on s'était accroupis dans le vestiaire en pouffant quand Charlie est entré. Cinq seconde plus tard - "Yeeoww!" Chaplin jaillit au-dehors, les caleçons à mi-cuisses comme un drapeau en berne, serrant ses balloches tout en se trémoussant de la façon baroque qui allait devenir sa marque de fabrique.
Cette fois encore, je me sens coupable, d'un côté. Mais de l'autre, je me dis: "Allez Roscoe, c'est grâce à ça qu'il a trouvé sa fameuse démarche démantibulée, non?" Après son départ de Keystone, je n'ai jamais pu regarder un de ses films sans me dire : Qu'en penserait le public, s'il savait que cette célèbre démarche est le résultat de testicules électrocutées? Encore une chose que le monde n'apprendra jamais.
Le monde est une bataille de tartes à la crème, et après, on meurt.

"Voilà quelle est l'idée de Zukor, poursuivit Schenck en jetant son gros cigare dans l'océan."
Je me souviens qu'une pensée maladive m'a traversé l'esprit: Et si ça tombe sur une palourde?

Moi, Fatty, Jerry Stahl, Rivages. Traduit de l'américain par Thierry Marignac.

vendredi 12 juin 2009

Carmélia

Tout le talent de l’auteur est au rendez-vous à la lecture de Carmélia. Cynique, aigri, caricatural…. Mais tellement vrai! Toutes ces situations grotesques du quotidien sont ici décrites en gris, terne si possible, comme une journée sans surprise. Tel est le quotidien des habitants de cet immeuble de Montpellier. Mais les propriétaires et locataires ne sont pas les seuls habitants des lieux. Locacia, la cage d’escalier se délecte des rumeurs malsaines et autres disputes de locataires. Gemini, Rose, Goya et celle que l’on devine être Carmélia, le studio du dernier étage, manipulent leurs occupants. Pour leur plus grand malheur! Gilles l’apprendra bien assez tard…
Vu sous l’angle d’un studio, la vie d’un être humain est bien triste et horriblement prévisible. Les étudiants ne sont que de futures adultes en devenir : faire bien sagement ses études, fonder une famille, s’acheter une maison, et bien sûr, passer l’incontournable permis de conduire! Le quotidien prend ici un arrière goût amer, que les descriptions cyniques de Gérald Duchemin rendent risibles au possible tant elles sont vraies!
Mais Carmélia c’est aussi une introspection, le repli de soi, sur fond de symbolisme des rêves. De belles descriptions oniriques ponctuent le roman qui se lit d’une traite. On appréciera aussi les clins d’œil aux divers auteurs cités tout au long du récit. Carmélia se dévore sans faim et l’on en redemande….

Phrases choisies :

« Après, j’eus droit au couplet sur les études, les belles perspectives d’avenir, le charme de Montpellier, sa vitalité, et bien d’autres sornettes. Chacun y allait de sa petite anecdote. C’était interminable. Heureusement, M. Quontre frappa à ma porte. Il interrompit cette fastidieuse logorrhée de l’ambition. » (p. 30)

« J’eus droit à la cerise sur le gâteau : le récit d’une blague. Elle les fit se tordre de rire. C’était une de ces histoires « belges », cruches au possible, usées, qui ne sont appréciées que des Français, et encore, seulement des plus Belges. » (p.35)

« Sa mère n’avait pas idée de l’inépuisable trésor de broutilles qu’implique une journée à l’université. Chaque heure de cours apportait son lot de « distractions » typiquement estudiantines qui n’intéressent personne. » (p. 75)

« Passer le permis de conduire vous met un pied dans la vie active. Ipso facto, cette dernière vous jette l’autre dans la tombe. […] Son entourage s’était ligué pour le convaincre de passer le permis. Il l’avait l’âge requis, c’était un homme maintenant. » (p.101)

Gérald Duchemin, Editions Le chat rouge, 2002, 227 pages
Fiche de l’ouvrage sur le site de l’éditeur
Interview de Gérald Duchemin sur Oscurantis :
http://pagesperso-orange.fr/oscurantis/iwdg.htm
Le Portola attirait les célébrités. Un soir, Jack Johnson y fit halte. Je prétendis vouloir boxer et lui arrachai un éclat de rire lorsque je me mis "K.-O. moi-même", avec mon propre crochet. Jack London venait au moins une fois par semaine, saoul à ne plus tenir debout, et quelquefois on s'entamait ensemble jusqu'à rouler par terre, nous passant et nous repassant la bouteille de Tokay après la fermeture. Bourré en permanence comme il l'était, je me demande comment il arrivait à tracer sa signature, sans parler d'écrire Croc-Blanc.

Moi, Fatty, Jerry Stahl, Rivages. Traduit de l'américain par Thierry Marignac.

mercredi 10 juin 2009

Monsters and Men: Mexico Quartier Sud de Guillermo Arriaga

La littérature mexicaine n'est pas spécialement une lubie dont j'aurais été infecté depuis le Salon du Livre. Ceci sera le dernier livre de la vague, pour l'occasion, de publication de février/mars que je chroniquerai. C'est juste que j'éprouve depuis quelques mois un intérêt renouvelé pour les formes littéraires courtes et que Phébus est simplement un éditeur qui nous a proposé depuis un certains temps de très bonnes publications.
Ce recueil de 14 nouvelles, pour la plupart datées de 1984 (les exceptions seront précisées) commence très mal. "Lilly" est une nouvelle plutôt écoeurante que je n'ai pas envie de raconter. Une de ces insupportables histoires que j'ai considérée, au premier abord comme une envie délibérée de la part de l'auteur de choquer. Si les nouvelles suivantes avaient été l'application renouvelée et systématique de ce genre d'attitude qui me répulse franchement, vous n'auriez pas cet article sous les yeux. Heureusement ces treize premières pages ne m'ont pas rebuté au point de refermer le recueil sans aller plus loin. Parce qu'elle est en fait de compte, et dans toute sa cruauté, cohérente avec les histoires qui suivent.

Comme l'indique le titre du recueil, celles-ci dépeignent la vie d'un quartier. Le personnage du docteur Del Rio, homme disons... perfectible, revient dans plusieurs d'entre elles mais chacune raconte à sa façon la violence, les confrontations et la chaleur de ses rues. L'une semble empreinte d'une étrangeté morbide et allégorique ("Ultimatum violet"), l'autre se révèle, sur deux pages, être une joyeuse fantaisie surnaturelle ("Rogelio", que certains d'entre vous pourront lire in a secret place). "Invaincu" et "Une question d'honneur" (1983) illustrent le besoin viril de trouver sa place parmi les autres. La femme y est victime, maltraitée ("Lilly" ainsi que "195" et ses dénouements abjects dus à des actions masculines, cruauté enfantine ou paranoïa subtilement narrée), dévouée ("La Veuve Diaz") mais aussi objet de désir, de désespoir et de sérénité ("En paix", 1989).

Comme il devenu coutume de le faire, je m'attarde sur celles qui ont ma préférence. Dans "Rogelio", déjà mentionnée, le personnage éponyme est mort mais ne l'accepte pas et erre dans les rues diffusant son amitié post-mortem. "La Nouvelle-Orléans" et son géant fou de douleur inexprimée qui effraie le quartier avec sa bouteille et sa fureur, incomprise de ses voisins. Et surtout "Le Visage effacé" et son narrateur révolté qui, au contraire de ses parents, entretient le souvenir de sa soeur décédée (à rapprocher, dans sa façon de traiter du deuil, d' "Une toile de Hopper" dans Les Grands Espaces de Fabien Pichon).

Mexico Quartier Sud se lit très vite et multiplie les procédés narratifs (alternance de points de vue, paragraphes courts, soliloque décousu...). Malgré une violence crue et parfois dérangeante, on peut discerner quelques éclats d'humour désabusé. Au final, un recueil honnête qui ne mérite pas le sort, mensuel, inévitable et pourtant sain pour leur boutique, auquel de nombreux libraires l'ont déjà condamné. Et j'en fait malheureusement partie.


Mexico Quartier Sud, Guillermo Arriaga, Phébus, 16€. Traduit de l'espagnol (Mexique) par Elena Zayas.

mardi 9 juin 2009

... cette même sueur sur Maria dont je voudrais m'imprégner jusqu'au tréfonds de moi, dans mon bulbe rachidien, mes conduits séminaux, mon hypothalamus, ma glotte, ma langue désireuse de te fouiller Maria, car de toute mon âme, je t'aime avec mon corps, mon regard et mon souvenir, ce souvenir que nous avons construit depuis l'enfance quand on jouait avec ton frère et ton cousin, qu'on se cachait, se cherchait, et toi: "Un deux trois, sauvés, moi et tous mes copains" et toi tu gagnais encore et toujours, à tous les jeux, et maintenant tu gagnes une fois de plus, tu m'écrases parce que je ne peux pas vaincre ton amour pour Juan, parce que je n'arrive pas à t'engluer dans mon sentiment pur, noble, exquis, animal...

"En paix", in Mexico Quartier Sud, Guillermo Arriaga, Phébus. Traduit de l'espagnol (Mexique) par Elena Zayas.
Martin, tout comme Javier, grandit sans pouvoir se faire une idée juste de Laura. Plus qu'une soeur, elle était une abstraction, un être volatilisé dans une lointaine époque de l'histoire familiale. Rien ne les reliait à elle. Cela ne suffisait pas d'avoir occupé le même espace dans le ventre maternel, d'avoir têté la vie aux mêmes seins, de partager le même sang. Non, pour eux Laura était à peine une phrase, une description brumeuse.

"Le Visage effacé", in Mexico Quartier Sud, Guillermo Arriaga, Phébus. Traduit de l'espagnol (Mexique) par Elena Zayas.
It was during this time that Charles Bukowski and Linda Beighle drove out to Malibu to have lunch with John and Joyce. It happened to be trash day, and as the great city truck rumbled past the house on Cliffside Drive Fante tried telling a joke. On trash days, he said, Joyce had to hold on to him to keep the trash man from tossing him with the rest of the neighborhood's garbage. When nobody laughed he excused himself and rolled away to his room. A few moments passed, and then an unearthly moaning started up.

On May 11 at Our Lady of Malibu Church a requiem mass was conducted in the traditional Latin. None of the big Hollywood names who had been associated with Fante managed to show up, but a few lesser known writer friends came to pay their respects, including Edmund Morris, Harry Essex, Rudy Borchert and Ben Pleasants. Ill at ease in the incense-heavy atmosphere, Bill Asher was anxious to get away in time to make the first post at Hollywood Park. In a rear pew, by contrast, Martin Sheen attended closely to the liturgy, rising and kneeling and responding in Latin to all the antiphonal prayers. Charles Bukowski sat apart from family members and friends, grieving privately in a rumpled brown sport jacket.

Full Of Life: A Biography Of John Fante, Stephen Cooper.

lundi 8 juin 2009

Colloque la Fantasy en France aujourd'hui - 10 et 11 juin - Paris13

Pour info, un colloque intitulé La Fantasy en France aujourd'hui aura lieu..... les 10 et 11 juin (je viens seulement de voir l'info...trop tard donc pour y aller :-[ ). Il aura lieu à l'université Paris13, à Villetaneuse. De nombreux auteurs français seront présents (Fabrice Colin, Francis Berthelot, Nicolas Cluzeau, Mélanie Fazi.....).

Pour plus d'infos, allez voir l'affiche du colloque et son programme.

Petit coup de geule contre les rubriques "copier/coller" des magazines d'information générale

Afin de me renseigner sur la sortie en France de Le Jeu de l'ange, le prochain Carlos Ruiz Zafon (désolé pour l'accent) j'ai fait quelques recherches sur le net.
Vous allez me trouver mauvais esprit mais est-ce normal qu'un article écrit par la même correspondante soit repris à quelques mois d'intervalles dans deux magazines aussi reconnus que Marianne et Le Figaro???

http://www.marianne2.fr/Le-Jeu-de-l-ange-,-de-Carlos-Ruiz-Zafon_a89705.html


http://www.lefigaro.fr/culture/2008/12/30/03004-20081230ARTFIG00318-le-jeu-de-l-ange-un-thriller-fantastique-qui-a-envoute-les-espagnols-.php

Sinon, le plus important!, la réponse est le 20 août!

Site officiel de l'auteur

Pour ceux qui ne peuvent patienter, et qui comprennent l'espagnol voici le lien vers le premier chapitre!

samedi 6 juin 2009

Yuan fen, Insondable soumission

Une jeune peintre s'expose en Chine. Un collectionneur esthète l'aborde afin de posséder deux de ses peintures. "Elle" est jeune, passionnée, insoumise mais aveuglée par son amour naissant pour"lui" qui en fait la manipule pour posséder son art. Une relation ambiguë s'installe. "Il" est-il intéresse par l'art et par expansion à sa créatrice? "Elle" se laissera-t-elle aveugler par sa passion naissante? Essayera-t-il de négocier le don de ses meilleurs toiles contre tous ses services rendus (location de l'atelier, hôtels de luxe...) Cèdera-t-elle?

Un livre intriguant sur la manipulation, l'amour de l'art et l' ambiguïté des sentiments qui rappelle la vision de Peter Greenaway du marché de l'art dans La Ronde de nuit.

L'auteur est elle même artiste, diplômée de l'ENSBA ( Ecole supérieur des Beaux-Arts), expose en France, aux Etats-unis et en Chine. Elle a été le premier peintre occidental présenté au Musée National des Beaux-arts de Beijing en 1994.

Sophie Tedeschi, Éditions You-Feng libraire éditeur, novembre 2008.

Site officiel de Sophie Tedeschi

Photos de la dédicace le 5 juin à la Librairie The Abbey Bookshop: http://www.facebook.com/inbox/readmessage.php?t=1113382992860&f=1&a=1&e=0#/album.php?aid=2015722&id=1008264575&ref=mf

Pour une définition du Yuan Fen



Fées Divers #2 : Féerie urbaine

Rappelons brièvement que Fées Divers est une revue consacrée au folklore féerique. Dans ce n°2, à l’honneur, la Féerie urbaine. Et pour ce numéro, l’équipe de Fées Divers nous livre encore une fois une superbe revue au contenu riche. On commence avec les nouveautés féeriques (musique, livre, art). Suit la rubrique littérature avec notamment l’interview d’André-François Ruaud (directeur littéraire des Moutons électriques) et le guide du conte qui cette fois-ci se penche sur La belle au bois dormant.
Le très bon dossier sur la Féerie urbaine nous explique ce genre qui fait se rencontrer la Féerie et nos cités d’acier et de béton. Un genre dont les œuvres sont souvent peu traduites en français…
On retrouve également des nouvelles, dont la 1ère partie de Notre dame du port de Charles de Lint, auteur canadien majeur de fantasy urbaine.
Et pour finir, j'ai pour ma part adoré la Gazette de Fairyland, qui clôt la revue et qui sait nous faire rire tout en nous guidant sur les sentiers de Féerie, où l’on apprend toujours quelque chose sur le Petit Peuple.
Cette revue originale est un délice plein de rêves et de fées, celles d’un temps lointain et pourtant si proche de nous…

Fées Divers #2 : Féerie urbaine - Automne/hiver 2007
Chronique du n°1 de Fées Divers sur Rana Toad
Le site de Fées Divers : http://feesdivers.fr/

jeudi 4 juin 2009

Diary Of The Dead: Darling Jim de Christian Mork

Desmond, facteur de Malahide, village au nord de Dublin, a perdu la raison un matin alors qu'il effectuait sa tournée quotidienne. Pourtant, il avait perçu des bizarreries autour de la maison de Moira Hegarty depuis quelques temps. Cette femme si gentille mais qui du jour au lendemain ne l'invitait plus à rentrer. Mais il ne s'attendait pas à la trouver morte et encore moins de trouver deux autres cadavres, qui n'étaient autres que Fiona et Roisin Walsh, nièces de Moira.

Niall Cleary, employé de poste après avoir abandonné ses études de dessin, découvre un étrange petit paquet dans l'amoncellement de courrier non distribué. D'autant plus étrange qu'il peut lire dessus, gribouillées et en partie effacées, ces deux phrases: "Nous sommes déjà mortes. Lisez cette histoire en souvenir de nous." Dans ce paquet se trouve le carnet de la soeur aînée, Fiona, qui s'est mise à écrire désespérément, sachant sa mort proche. Niall va découvrir avec horreur que les deux soeurs ont été séquestrées par leur propre tante.

Trois ans plus tôt, Jim Quick a débarqué sur sa moto accompagné d'un compagnon bien louche. Jim, séducteur au charisme irresistible va bientôt faire chavirer toutes les têtes féminines du village. Dôté d'un talent de conteur, les pubs lui ont servi à raconter une légende fantastique d'un prince transformé en loup, chaque épisode dans un pub différent. Mais c'est aussi l'occasion pour lui d'accomplir des actes plus insoupçonnés.

On s'attache beaucoup aux soeurs Walsh et on suit Niall dans sa recherche de la vérité avec plaisir. Il est certes dommage de fonder Darling Jim sur le ressort quelque peu invraisemblable de carnets aussi longs et si bien narrés par des personnes séquestrées et dans un mauvais état psychologique. Mais trêve de chipotage et accordons à l'auteur le bénéfice d'un récit captivant et original. Il est plutôt difficile de ne pas être, tout comme les auditeurs du pub, hypnotisés par le récit (dans le récit) de Jim, par exemple. Les lecteurs les plus sévères peuvent juger le style de Christian Mork un peu plat (oui, je m'en sors bien, là), mais en ce qui me concerne, je me suis laissé emporté. En tout cas, ça se suit mieux qu'une saison de Heroes.
Un thriller efficace sans être exceptionnel... mais agréable. Moi, schizophrène?

Pour les curieux: http://www.dailymotion.com/relevance/search/leserpentaplumes/video/x8cnxu_darling-jim-en-francais_creation
Et pour les curieux qui veulent voir la tronche de l'auteur et qui comprennent le danois (mais il y a la traduction):
http://www.dailymotion.com/relevance/search/leserpentaplumes/video/x8589i_bande-annonce-danoise-de-darling-ji_creation?hmz=707265766e657874 (je vous ai prévenus, c'est en danois!)

Darling Jim, Christian Mork, Le Serpent à Plumes, 20€. Traduit de l'anglais par Agnès Jaubert.
You know how sometimes you have a song going through your head over and over all day long, maybe even two or three days, and it's driving you crazy cos you can't get it out of your mind? Well I know how to fix that. It's extreme, but it works every time. You kill yourself.

When Will Jesus Bring the Pork Chops?, George Carlin.

mercredi 3 juin 2009

La Zone du dehors - Outside now !

Après avoir lu à sa sortie en format poche, La Horde du contrevent, qui m'avait aussi beaucoup plu, je m'étais promis de lire d'autres livre de cet auteur oh combien original !

J'ai lu La Zone du dehors dans sa deuxième version, celle publiée aux éditions de La Volte en 2007. Je ne sais d'ailleurs pas si le texte a subi des modifications par rapport à sa première édition en 1999 ?

Ce livre comporte certaines similitudes avec La Horde du contrevent. Que ce soit au niveau des procédés d'écriture ou même au niveau des thèmes du livre. Ca ne m'a pas dérangé car c'est précisément ce que j'avais aimé !

Au niveau stylistique j'ai préféré La Horde du contrevent, les personnages m'ont paru plus différents les uns des autres, plus travaillés aussi. Tout comme les changements de style accompagnant les changements de narrateurs. Mais La Zone du dehors est son premier roman, c'est peut être pour ça. Dans La Horde du contrevent l'emploi des signes de ponctuation pour traduire le vent, m'a énormément plu. Ici ces mêmes signes (à quelques exceptions près) sont employés pour traduire du bruit, des images, l'intérieur d'un terrifiant cube. C'est aussi très bien trouvé.

Les deux histoires sont par contre très différentes, bien qu'on retrouve certains thèmes dans les deux livres : la liberté principalement, mais aussi l'amitié, la curiosité intellectuelle.

Si La Horde du contrevent est une longue aventure poétique et philosophique, La Zone du dehors est quand à elle une longue aventure politique.

En lisant La Zone du dehors, j'ai eu l'impression de lire la suite de 1984. Les personnages vivent sur une planète dont une toute petite partie a été aménagée par l'Homme. Dans cette zone, tout est sous contrôle, "Souriez, vous êtes gérés" comme le dit l'auteur.

Hors de cette zone, la planète n'est pas terraformée. Quelques exclus du système y vivent quand même tant bien que mal. Pour Captp, prof de fac à la pensée subversive, cette société ultra protectrice et aseptisée est non seulement triste à mourir, mais elle bafoue la liberté de tous. Il est temps de passer à l'action.

Cette action à un nom : La Volte.

La Zone du dehors - Alain Damasio - Ed. de la Volte - 9782952221795 - 492 p. + 1 DVD - 26€

Le Livre des vampires

Honnêtement lorsque j'ai compris que l'auteur de ce livre était le propriétaire du Musée des vampires, musée qui selon des amis l'ayant visité est très petit et très caricatural (cela n'engage qu'eux) j'ai eu quelques inquiétudes. J'ignorais alors de Jacques Sirgent était diplômé en Histoire de l'art, en littérature anglaise et française, langue, linguistique et psychanalyse et enseignant pendant prés de 25 ans à l'université, au CNRS, à l'INSERM, à l'assistance publique hôpitaux de Paris! A ma grande surprise j'ai donc découvert un auteur avec un vrai style!

Dans Le Livre des vampires il s'intéresse non seulement aux origines méconnus de certains mythes (j'ai appris des choses alors que je me passionne pour ce sujet depuis mes 14 ans c'est pour dire!) mais aussi à l'environnement socioculturel de Bram Stocker ainsi qu'aux influences littéraires et les faits divers colportés par la presse londonnienne en effervescence dans ce début de 20ème siècle (l'influence d'Henri Irving et de l'affaire Jack l'éventreur).
Dans une troisième partie il parle des rencontres organisées dans le cadre de la visite de son musée. Les fantasmes de ceux qui se disent vampires en arrangeant les mythes à leur sauce, les vampires se disant "psychique", les fantasmes d'ados lui demandant le "don ténébreux" (de les mordre), mais aussi des récits perturbants de transgression des tabous sexuelles ou criminels.
Dans une dernière partie il donne une liste fort suggestive des films les plus intéressant pour lui tant au niveau symbolique que psychanalytique.

J'apporterais toute fois la même restriction que pour Le Cinéma gothique: trop court (262 pages) pour un sujet dont il y aurait tant à dire! Mais des références très intéressantes que je n'avais jamais vu dans aucun livre avant et un vrai style!

Jacques Sirgent , Camion Noir, mai 2009.



Le Cinéma gothique - Un genre mutant

Dans ce panorama du cinéma gothique Valérie Palacios étudie un à travers sept thématiques , les vampires, le Diable, les monstres, le fétichisme, les fantômes, le mysticisme et les loups-garous les points communs entre des films aussi différents que Métropolis, Edward aux mains d'argent, le Dracula de Tob Browing ou Alien.

L'auteur explicite les visions métaphysiques, spirituelles ou psychanalytiques de films peu connus aussi bien dans l'expressionnisme allemand que la Hammer ou une culture plus mainstream. Des analysent fort pertinentes de Ginger Snaps, The Addiction ou Les Prédateurs pour montrer ques les différentes créatures que l'ont peu croiser ne sont pas que de simples marionnettes censées faire effrayer mais aussi des métaphores de nos peurs et questionnement existentiel.

Un livre passionnant qui aurait gagné à être trois fois plus long (seulement 206 pages) afin de ne pas survoler certaines thématiques et analyser plus de films mais qui a le mérite de mettre en lumière certains films injustement méconnus pour faire découvrir ce "genre" aux néophytes (Ginger Snaps, Trouble every day, The Addiction, Les Prédateurs, Haxan, Kairo, Morse, Portier de nuit, Suspiria...) !

Valérie Palacios, Camion Noir, mai 2009.

Salon du Premier Roman 2009, L'inconsciencieux y sera !

Je viens d'apprendre que L'Inconsciencieux fera partie de la selection du salon du premier Roman 2009 de Draveil qui se tiendra au théâtre Donald Cardwell le 14 Novembre prochain.
Si vous êtes dans le coin, n'hesitez pas à venir me faire un petit coucou.

Le Dico des gros mots cachés dans les mots

Un dictionnaire ludique, et véritablement étymologique, né des remarques de la fille de 4 ans de l'auteure!
Edith explore et décortique les mots grivois qui se cachent derrière des mots à première vue fort innocents!
Un ouvrage récréatif à ne pas lire en une fois afin d'en préserver le charme uniquement disponible en contactant l'auteur car il s'agit d'une auto édition!

Des extraits à feuilleter sur le site de l'auteure.
http://libre-et-ris-editions.com/index1.html

Exemples:
Bitoniau
Bite au noyau
De l'argot bite du dérivé dialectique bitton d'après bouton-"bout" et de niau abréviation de "noyau".Protubérance clitoridienne qui permet d'actionner le mécanisme.

Chihuahua
Chie ouah ouah
De l'argot chier "emmerder" et de ouah ouah "aboyer". Petit chien de merde.

L'auteure en interview dans l'Edition spéciale de Canal+ (vidéo du 29 mai).

Un article interessant à propos du nouveau décret sur les délais de paiement pour faire comprendre aux clients les enjeux de notre métier...

"Par décret en date du 26 mai 2009, la proposition d’Hervé Gaymard vient d’être confirmée. Le secteur du livre pourra donc déroger au texte du 4 août 2008 régissant la modernisation de l’économie (loi LEM). Le décret fixe les délais maximum de paiement :

- en 2009, 180 jours fin de mois (ou 195 jours à compter de la date de la facture) ;
- en 2010, 150 jours fin de mois (ou 165 jours à compter de la date de la facture) ;
- en 2011, 120 jours fin de mois (ou 60 jours à compter de la date de la facture)."

Source: http://www.actualitte.com/actualite/10834-livre-delais-paiements-derogation-decret.htm