
Fasciné par le blues des années 20 et 30, j'ai pas su résister, j'ai lu le premier tome de Me and the Devil Blues de Akira Hiramoto. Ce n'est pas un manga à proprement parlé biographique, il s'inspire très librement de la vie de Robert Johnson, l'un des bluesmen les plus influents du vingtième siècle.
Mississippi, hiver 1929. Jugé piètre musicien, RJ s'acharne à vouloir jouer le bon blues tel qu'il est joué par le très populaire Son House dans le juke joint qu'ils fréquentent tous les deux. Le juke joint, lieu de perdition selon les bonnes âmes, RJ s'y rend le samedi soir et assiste à la messe le dimanche pour s'y purifier. Sa femme, Virginia, et lui attendent un heureux événement.
Il existe une superstition dans ce Sud profond. Si vous vous trouvez, la nuit, à une croisée des chemins (Cross Road Blues) et que vous jouez un morceau, n'importe quel morceau, un "grand type noir" vous empruntera votre guitare, l'accordera et jouera à son tour un morceau. Par la suite, vous aurez fait d'énormes progrès. Mais le grand type noir aura emporté votre âme en échange.
Un soir, au juke joint, RJ s'installe et se met à jouer en même temps que Son House et son compagnon Willy. Il leur vole la vedette, à la surprise de tous. Mais arrivent la soeur et le beau-frère de RJ avec une très mauvaise nouvelle.
Avouez tout de même qu'un japonais qui propose sa variation sur le thème de la croisée des chemins dans le Sud des Etats-Unis, avec du blues pour fond musical (si vous n'avez pas assez d'imagination, achetez donc l'intégrale de Robert Johnson et mettez-la à fond et en boucle...), a de quoi intriguer. Passé l'étonnement, vous allez être fasciné par le dessin et attendre avec impatience la date de sortie des tomes suivants. Tout d'abord pour savoir ce que nous réserve Akira Hiramoto avec un certain couple du folklore américain qui apparaît à la fin de ce premier tome. Je ne vous ai rien dit...
Me and The Devil Blues, Akira Hiramoto, Collection "Big Kana", Kana, 7,35 euros. Traduit et adapté du japonais par Thibaud Desbief.