"Rana Toad", ça se mange?

Nous sommes libraires de divers horizons, bibliovoraces friands de découvertes, ici pour partager!

jeudi 27 novembre 2008

La Religion de Sade

Pour compléter mon article sur Les 120 journées de Sodome ( http://ranatoad.blogspot.com/search?q=sade) je signale la parution de cet essai.

Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, philosophe et juriste, déjà auteur de Sade moraliste (Droz, 2005) développe la thèse selon laquelle Sade connaissait parfaitement la Bible et ainsi que l'effet qu'avaient ses oeuvres. L'auteur montre par conséquent comment il a usé jusqu'à la corde des blasphèmes, de la provocation, de la perversion pour construire une oeuvre athée à premier regard.

L'intérêt majeur de cet essai est d'aller aux delà des clichés sur l'écriture et la morale de Sade afin de comprendre son véritable message phisolophique à travers sa bibliographie.

Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, Editions de l'Atelier, 2008.



L'Histoire du communisme racontée aux malades mentaux

Le théâtre Jean Arp, à Clamart, reprend cette pièce de Matéi Visniec du 12 au novembre, désolé pour les retardataires qui pourront se rattraper en lisant la pièce!

Moscou en 1953 quelques jours avant la mort de Staline. Un auteur est chargé d'expliquer le communiste et la Révolution d'octobre aux malades d'un asile.

A travers le regard d'un dramaturge forcé de devoir glorifier le régime tout en le rendant accessible à des malades mentaux Matéi Visniec pose les questions suivantes: quel est le rôle de l'écrivain, doit-il se "vendre" en ces temps troubles ou résister quitte à devoir se tourner vers la clandestinité?, comment présenter ce régime dans un but de propagande? Comment les malades perçoivent-ils ses explications?
Enfin quelles conséquences peut avoir une utopie lorsqu'elle passe de l'idéalisation à sa réalisation?

Matéi Visniec, éditions Lansmann, 2002.

Sud

A l'automne un chat recueille un oiseau perdu et part dans un voyage initiatique vers le sud pour rejoindre les siens. S'en suit un récit sans paroles à travers des paysages pastels pour apprendre à l'enfant la confiance et l'amitié.

Un récit attendrissant parlant autant aux yeux qu'à l'inconscient des plus jeunes.


Patrick McDonnell, Panama, 2008.

Mademoiselle Bizarre et Les secret de Pétronille


Sarah n'est pas une fille comme les autres. Elle n'est pas appréciée à l'école: vêtements trop bizarre, animaux de compagnie bizarre, coiffure bizarre lui valent son surnom ... Mais quel talent cache-t-elle dans l'atelier de son père, lui aussi fantasque? Son nouveau voisin va essayer de percer ce mystère...

Par une ambiance obscure Raphael Baud et Sophie de la Villefromoit nous entraine au-delà des apparences grâce à un récit poétique.

Raphael Baud et Sophie de la Villefromoit , Editions Chocolat, 2008.



Pétronille est une collectionneuse de secret. Mais sa tête devient trop petite et commencent à s'échapper... Comment garder des secrets tel que la petite souris qui vole l'argent des dents?

Un album poétique pour faire comprendre aux plus jeunes le lourd poids des secrets et leur apprendre à se confier!

Fabienne Roulié et Selma Mandine, Editions Chocolat!, 2008.



Pour découvrir ce nouvel éditeur: http://www.chocolat-jeunesse.com/
Diffusion: Polen


mardi 25 novembre 2008

Les dédicaces à La Cabane à Livres

-Samedi 6 décembre:
10h30 Lepithec pour Une Aventure de José Lapin t.1: Une carotte pour deux (Panama). Merci Méduse.
16h François Mathieu (traducteur) pour La Cité des Livres qui rêvent et Le Maître des Chrecques de Walter Moers (Panama).

-Mercredi 10 décembre:
10h30 Audrey Poussier pour Le Chagrin et Tarte à tout (entre autres) (Loulou et Cie, L'école des Loisirs)

-Samedi 13 décembre:
11h Antoine Poupel pour Zingaro (ed. du Chêne) et François Delebecque pour Les Animaux sauvages et Les Animaux de la ferme (Panama)

-Vendredi 19 décembre:
16h Richard Unglik pour La Grande Aventure de l'Histoire avec Playmobil et La Grande Aventure des animaux (Casterman)

-Samedi 20 décembre:
11h Willem et Medi Holtrop
16h Alex Sanders

La Cabane à Livres
75 avenue Pierre Larousse
92240 Malakoff
tél: 01 46 55 41 99
e-mail: lacabanealivres@orange.fr

lundi 24 novembre 2008

Syngue Sabour

Pour Atiq Rahimi, Syngue Sabour est cette pierre à la Mecque à qui l'on confie ses malheurs, et qui suffisamment chargée explose pour annoncer l'apocalypse.

On ne pouvait choisir métaphore plus percutante pour le récit de cet auteur afghan : dans un huis-clos sur fond de guérilla, une femme oppressée par sa condition se libère. Elle se confie à son homme, un soldat du jihad plongé dans un coma profond par une balle.

Plus qu'un roman engagé, le récit statique distille une violence qui s'en va crescendo et nous rend spectateur impuissant des aveux de cette femme, écrasée par les traditions.
.
Atiq Rahimi dédie son histoire à Nadia Anjuman, poétesse afganne batue à mort par son mari car elle était "trop libre".

Pour aller plus loin, l'histoire possible en tous lieux, racontant toutes oppressions, me fait penser au Message d'André Chedid. Un Goncourt qui se mérite (for once ^^)

samedi 22 novembre 2008

Boucle d'Or et les sept ours nains

Lorsque le Prince charmant est Boucle d'or et que les ours sont 7 et non 3. De plus ils sont nains et une Blanche géante dort dans leurs lits! Et les princes refusent d'embrasser les princesses! Rien ne va plus!
Mais parce qu'il s'agit bien d'un conte de fées il y a une fin heureuse!

Un méli-mélo humoristique et gore!


Emile Bravo, @Seuil Jeunesse, 2004 (toujours disponible).

Belle Petite Monde - Histoire de poilus racontée aux enfants

Dessinateur, graveur, illustrateur puis peintre paysagiste, Raymond Fontanet, dessine sans discontinuer durant toute la Grande Guerre à sa petite fille de 8 ans, d'où le titre Belle Petite monde, son surnom. Il raconte par des scénettes les tranchées en essayant de gommer les horreurs du conflit.

Un album de croquis aux couleurs pastelles tendre et poétique sous forme de carnet à dessin, 14,3 x 9,3 cm.

Marie-Gabrielle Thierry, Somogy DR, 2008.

I'll buy you a pizza!

Dans mon petit coin derrière les étagères, entouré de livres et de périodiques qui m'étaient tout sauf transparents, je m'étais senti en prise avec quelque chose d'aussi grand, d'aussi éblouissant que l'univers entier. Sans professeur pour diriger mes lectures ou me dire quoi en tirer, je laissais le hasard m'ouvrir ses horizons. J'avais parfois choisi mes livres à l'odeur et j'en avais été récompensé. Il m'était arrivé de lire attentivement le bristol collé sous la couverture, où, à l'encre violette, on avait tamponné les dates de retour. J'avais un faible pour les livres que personne n'avait consultés depuis vingt ou trente ans. Je me croyais directement lié à l'auteur solitaire, et je n'avais pas à élever la voix par-dessus les clameurs des derniers voyeurs.

Deux fois dans cette période, il m'a appelé depuis le Bronx avec des places pour un match au Yankee Stadium, qu'il avait obtenues par des chemins si détournés que, le temps de m'expliquer, on en était au troisième tour de batte. Il y avait ce type qui les avait eues par le boulot et qui les avait données à un autre qui ne pouvait pas y aller, donc il les avait refilées à son cousin mais, ce matin-là, la voiture du cousin n'avait pas voulu démarrer, alors il les avait laissées à un gars que mon père n'avait pas revu depuis belle lurette, mais qu'il avait croisé par hasard devant le bureau de l'OTB [équivalent du PMU]. D'année en année, mon père était de plus en plus intrigué par les mécanismes de la chance. Il était chaque matin plus sûr qu'elle régnait sur ce monde et, surtout, surtout, qu'elle ne lui souriait jamais. Même quand deux billets pour un match au Stadium se retrouvaient dans ses mains, il se plaisait à étudier l'aspect statistique et, lorsqu'il en avait fini avec les tenants et les aboutissants de ce cadeau du destin, il revenait à l'hypothèse de départ, comme quoi il avait la guigne.

Ses lunettes attiraient décidément mon attention. Il leur manquait une branche. L'autre était à sa place sur l'oreille, mais la monture était en équilibre instable sur l'arête du nez.
(...)
-Tu les trouves comment, mes binocles? Je les ai achetées pour pouvoir lire les pronostics.
-Les gens préfèrent celles qui ont deux branches, en général.
-Oh, moi aussi. Elles les avaient jusqu'à ce que je m'assoie dessus. J'arriverais sûrement à les réparer, mais pour ça il faudrait que je les enlève et, si je les enlève, j'y vois plus. C'est pour conduire la nuit surtout. Même au tiers, ils veulent plus m'assurer, sans lunettes.
-On ne te donne pas une paire de rechange, avec?
-Si, si. Je les ai perdues deux jours après. Que je me suis assis sur celles-là, je veux dire. Si je les perdais aussi, je pourrais en commander d'autres. Mais, chaque fois que je les oublie quelque part, il y a un crétin qui gueule pour que je les reprenne. Alors, je le traite de con, parce qu'il fallait crier quand j'ai perdu les bonnes. Mais, les mauvaises, faut toujours qu'ils les voient.

Ce qui me chipotait - lui apparemment pas -, c'est que les voitures klaxonnaient sans arrêt en essayant de nous éviter. Tout en parlant, il leur rendait leurs coups de klaxon et leur faisait signe de la main. Les gens qu'il connaissait klaxonnaient chaque fois qu'ils le croisait à Mohawk, histoire de dire bonjour, alors il ne voyait pas pourquoi ils n'en feraient pas autant à Albany, où il ne connaissait personne.

Quatre saisons à Mohawk, Richard Russo, 10/18. Traduction de l'américain par Jean-Luc Piningre.

Le chasseur de papillon



Miss KabuKi et Monsieur Mirliton ont la même passion : les papillons. Mais tandis que Miss Kabuchi aime les fêtes et les enfants Monsieur Mirliton lui non et n'aime les papillons que pour les collectionner!

Un magnifique album très poétique!

Bernard Villiot, Adolie Day, Toucan éditions, 2008.


Le stylo qui lit tout seul !!!

Des parents vous confient en avoir marre de lire des histoires à leurs tiots pendant des heures le soir?

Voici la solution! Un coffret dans lequel vous trouverez un stylo à brancher par USB sur votre PC, à activer par un cd-rom, et des livres à télécharger en MP3 sur le site de l'éditeur. Après il suffit à la progéniture de passer le stylo sur des symboles ou directement sur n'importe quel espace de chaque page pour pouvoir lire des phrases entières, des mots ou des lettres selon la vitesse de passage du scanner au bout de ce stylo magique! Il fait aussi des bruits bizarres ou des dialogues lorsqu'on le passe sur des personnages!
8 titres sont pour l'instant disponibles, plus si ça marche à Noël!

Site de l'éditeur: http://www.leapfrog.com/fr/shop/tag_library.html

jeudi 20 novembre 2008

Miss Tic le retour!

Un nouvelle anthologie des œuvres de Miss Tic à conseiller à ceux qui ne connaissent pas encore cette artiste!

Un joli cadeau de Noël pas trop cher (12 euros) !


Miss Tic, Grasset & Fasquelle, 2008.

Le Placard



C'est l'histoire charmante d'une famille heureuse... dont un fils est calfeutré dans un placard à taille humaine! Il perçoit le monde uniquement par un trou entre deux planches. Qui est-il? Qui sont ses parents? Sa famille? Et osera-t-il sortir?

Une recherche des origines sous forme de conte cruel plein d'humour noir pour faire peur aux enfants et amuser les parents!


Blanquet, Cornélius, 2008.



dimanche 16 novembre 2008

Arf!

Parfois, des chiens errants se faufilaient dans la clairière, reniflaient les détritus et choisissaient un endroit propice pour lever la patte. Lorsqu'on jetait des pierres autour d'eux, ils croyaient brusquement en Dieu.

J'ai continué de mystifier les chiens jusqu'à ce qu'un cabot poussiérieux m'aperçoive enfin. Quelque chose dans son regard semblait dire: "A-ha!", comme si ma présence, pour une fois visible, le délivrait du mytère qui le taraudait depuis longtemps. Il passerait le mot.

Quatre saisons à Mohawk, Richard Russo, 10/18. Traduction de l'américain par Jean-Luc Piningre.

vendredi 14 novembre 2008

Création de la collection Métamorphose chez Soleil

Je voulais vous signaler la création de cette collection qui a un bon petit air de Tim Burton !!!

Pour plus de renseignements vous pouvez feuilleter le dossier de presse à l'adresse suivante:
http://www.soleilprod.com/previews/BillyBrouillard/pageflip_8.html

Interview de la directrice de collection à l'adresse suivante:
http://www.soleilprod.com/?page=Actualites.News&id=46023#news_46023

Le blog de l'illustratrice:
http://canepabarbara.blogspot.com/2008/10/mtamorphose-collection-and-one.html

Et de l'auteur:
http://guillaumebianco.blogspot.com/

( Billy Brouillard, sortie le 26 novembre)

jeudi 13 novembre 2008

A Mélie Sans Mélo

On connaît peut-être Barbara Constantine par son premier roman : Allumer le chat (sorti en poche en septembre) qui nous « présentait en 70 chapitres courts une vie de campagne loufoque et pleine de rebondissements » (@Gilmout).

Son deuxième roman : A Mélie sans Mélo (Calmann-Lévy) est dans le même esprit : le temps d’un été Mélie 72 ans, accueille sa petite fille, sans se préoccuper plus avant de ses résultats d’analyse : cet été serait il le dernier qu’il ne prend pas du tout une tournure dramatique, bien au contraire ! Il d’agit d’un tourbillon de personnage et d’histoires, sur un ton léger, dans un style très oral.

Les livres de Barbara Constantine pétillent de malice, et –bien que parfois trop court- sont des bouillons de bonheur pour l’hiver. Un mélange entre Gavalda (pour ses histoires de vies, mais sans mélo) et Raphael Moussaphir –du vent dans mes mollets- (qui sous ses apparences naïves et légères dévoile des tranches d’histoires un peu sombres : ici le passage de la guerre, l’acte de vieillir et les amours trahis)

mardi 11 novembre 2008

Le livre des Terres imaginées


La Terre est ronde, enfin.. un peu cabossée.. il fallut plus de 2000 ans à l'homme pour la penser telle qu'elle est aujourd'hui (ce grâce à quelques visites au pôle nord et dans l'espace)

Mais avant tout cela, par quelles idées géniales et fantasques, par quels mythes étranges les différents peuples qui constituent l'humanité ont réussi à expliquer les mouvements et les caprices de notre monde?

Guillaume Duprat nous propose dans ce magnifique album publié au Seuil (20€), une anthologie d'idées accumulées, fruit de travaux d'historiens, de géographes et d'anthropologues.
On y découvre des Terre plates, suspendues, inversées, portées sur le dos des animaux les plus improbables (des éléphants et une tortues ça vous dit rien?... et bien c'est une légende hindoue du Vè siècle avant JC!.. Pratchett avait juste oublié qu'un serpent dormait sous la tortue :p).. de belles illustrations avec textes explicatifs: la tribu dont est issue la légende, le siècle, les symboles.. un vrai régal poétique!

Et comme l'auteur n'a rien fait à moitié, à la fin de l'ouvrage une frise chronologique synthétise l'évolution de ces interprétations, de l'antiquité à nos jours. Son travail est également accessible sur son site internet (avec une bibliographie des ouvrages d'après lesquels il a travaillé): http://cosmologik.wordpress.com

Rappelons que du même illustrateur est issu le titre "Mythes et images de l'univers", écrit par Leïla Haddad toujours au Seuil, préfacé par Hubert Reeves.

La Page Noire #2


En règle générale je refuse de lire un polar qui fait intervenir un personnage récurrent sans avoir lu les tomes qui précèdent. J'ai fait une exception avec Jack Taylor et sa cinquième enquête, La Main droite du Diable. En temps normal, j'aurais commencé par Delirium Tremens, mais bon.
Jack Taylor sort d'hôpital psychiatrique, mais l'incident qui l'y a amené dans le précédent épisode continue de le poursuivre. Mais d'autres soucis vont s'ajouter à cela: un pervers qui harcèle une ancienne collègue de la police, un jeune loup, Cody, qui propose de s'associer à lui et une enquête concernant un prêtre, pas tout à fait innocent, retrouvé décapité.
Taylor traîne son mal-être et sa culpabilité, entretient des relations pas toujours amicales avec ceux qu'il aide et tout se résout de façon chaotique voire tragique. Toutefois, on a le droit à un humour résigné ayant pour but de pallier vainement aux blessures. C'est peut-être le cadre irlandais qui veut ça...
J'ai tellement compatit pour ce personnage claudiquant (aux sens propre et figuré) que l'envie m'a prit de lire les précédents. Jack Taylor n'est pas juste-un-autre-détective-désabusé comme pourrait se dire un lecteur de polar blasé. Ne pas avoir commencé du début n'empêche pas à la compréhension du texte, les événements des tomes précédents étant rappelés de façon claire. En d'autres termes, je me suis adapté en faisant comme si c'était un one-shot. Et puis à qui il n'est pas arrivé de regarder le 3e opus d'une série de films sans avoir vu les deux premiers? On peut ensuite revenir en arrière en se disant qu'après tout, c'est plutôt ludique de ne pas respecter la chronologie.
Vous pouvez aussi jeter un coup d'oeil à l'autre série (également en "Série Noire" et "Folio Policier") du même auteur, R&B, du nom des personnages Roberts et Brant, flics qui font régner la loi de façon peu... règlementaire. L'atmosphère est moins pesante, plus "anglaise" et l'humour plus sauvage. Par lequel commencer ? me demanderez-vous... Par Le Gros coup, pardi!

La Main droite du Diable, Ken Bruen, Gallimard, coll. "Série Noire" (21 euros). Traduit de l'anglais (Irlande) par Pierre Bondil.
Pour les puristes qui aiment suivre la chronologie: Delirium Tremens (7,90 euros), Toxic Blues (6,80) et Le Martyre des Magdalènes (6,80) en "Folio Policier". Le Dramaturge (18.50) en "Série Noire".
Pour R&B: Le Gros Coup (5,80), Le Mutant apprivoisé (6,30) en "Folio Policier". Les Mac Cabées (13,50), Blitz (18,50) et Vixen (15,90) en "Série Noire".

dimanche 9 novembre 2008

Shining Private Joke

Tous ces déments ne se rendent compte de rien. Il y a des pathologies assez malignes pour faire de vous un spécialiste. Aucun sujet ne les arrête. Leur monde est infini. Ils sont dans l'addiction et notre monde d'accumuluation accueille l'excès et l'addiction à bras ouverts.
Rien ne peut arrêter les monomaniaques. RIEN, j'te dis, Jack! Ils ont leur sujet vital, les monomaniaques.
OUI! JE LE SAIS!
Tu as cet oeil brillant, Jack?
D'accord on ne savait pas d'où elles venaient, ces monomanies, comment elles étaient nées, comment elles s'étaient déclenchées et développées, peut-être que le sourire maladroit d'une mère ou d'un père avait permis à l'enfant futur monomaniaque de percevoir le pouvoir soudain qu'il exerçait ou croyait exercer quand il était brillant ou bien était-ce la simple lecture d'un texte qui avait provoqué ça, parfois juste trois pages lues par un grand-père ou une institutrice. On ne savait pas comment cela se produisait mais leur avenir était décidé, il leur venait des idées, des rêves, des obsessions, parfois ils voulaient devenir dompteurs, spécialistes de Don Quichotte, créer des jardins ou expliquer la relativité et, tête baissée, genre Bernadette-à-Lourdes, sans plus jamais en démordre, ils se lançaient dans des travaux d'horticulture ou de spéologie pendant des années, il n'y avait plus que leur sujet, ils se perdaient dans le paysage, étaient partis et ne revenaient plus parce qu'ils n'avait aucune raison de revenir. Aucune raison.
En général ils ne revenaient pas.

La Présence, Jean-Pierre Ostende, Gallimard.

Hell's Bells

Dans la journée j'arpentais le château de moins en moins, je supportais mal les horloges qui devenaient dingues et sonnaient à des moments différents, en style libre, quand ça leur chantait, exprès pour des discussions décousues entre elles, bong, ding ding, dong, ah bon ding, prenant leur temps pour donner leur réponse, à l'occasion livrer leurs pointes et leurs piques monosyllabiques, j'imaginais qu'elles répondaient ce qui venaient, au hasard, dans une cacophonie, une espèce de partouze sonore qui était plus un signe de dérèglement que de liberté et même si, entre les rideaux et les fauteuils peints et sculptés, recouverts de lampas bleu et or pâle, certaines horloges avaient plus deux cents ans et qu'à cet âge, d'après Pechnatz, on pouvait leur pardonner de ne plus toutes sonner ensemble, je dois avouer qu'elles me tapaient sur les nerfs.

La Présence, Jean-Pierre Ostende, Gallimard.

mercredi 5 novembre 2008

Un australien à suivre.

La "trilogie" Millénium a eu son petit effet. Des exemplaires de La Princesse des glaces de Camilla Läckberg, ont été achetés aveuglément (littéralement) par des lecteurs persuadés au premier regard qu'il s'agissait du 4ème tome (authentique, même certains libraires s'y sont laissés prendre...). La présentation de la collection "Actes Noirs" s'est associée tellement à la série qui l'a fait connaître qu'on a tendance à oublier que d'autres titres y ont été publiés. Vous ne me croyez pas? Lorsque j'ai commencé le livre dont je vais vous parler dans quelques instants, j'étais dans le métro. Un couple était en face de moi et le gars a déclaré à sa compagne, après un regard appuyé au livre en question, quelque chose comme: "...il y a trois tomes en tout." Parenthèses fermées.

Derniers verres, publié en 2007 (sorti en "Babel noir" en juin 2008) était le premier livre d'Andrew McGahan qu'a eu la très bonne idée de publié Marc de Gouvenain, directeur de la collection. Très bon roman noir qui évoquait le côté corrompu de l'Australie à travers la ville de Brisbane et son journaliste bouc émissaire. Il n'est pas trop tard pour le lire.

J'étais donc très enthousiaste de voir débarquer Australia Underground du même auteur. Très différent du précédant, autant dans l'atmosphère que dans le style, la déception n'a pas été au rendez-vous. L'action se déroule en 2010 ce qui en fait un polar... d'anticipation. Il nous y est présentée une Australie devenue ultra sécuritaire après l'éradication totale de Canberra par une bombe atomique. Revendiqué par un groupe islamiste obscur, cet étrange attentat (ils ont laissé trois jours à la population pour s'enfuir avant l'explosion) est devenu prétexte à tous les abus de pouvoir.

C'est à travers Leo James, promoteur pas très honnête et accessoirement frère jumeau du Premier Ministre australien, Bernard James, que nous est racontée cette extrapolation pas tout à fait improbable. Intelligemment présenté comme un monologue adressé à ses mystérieux "interrogateurs", le récit à la première personne ne laisse que très peu de repos au lecteur.

Le roman commence par un cyclone dont Leo fait l'expérience directe pour se retrouver ensuite emporté par de multiples rebondissements et autres révélations. Prétendu mort, il sera pourtant recherché, à l'instigation de son propre frère, pour des raisons obscures.

Australia Underground, Andrew McGahan, Actes Sud, collection "Actes Noirs", 21 euros. Traduit de l'anglais (Australie, je ne vous l'ai pas déjà mentionné?) par Laurent Bury.

Roman en forme de puzzle...et réciproquement.


Ce roman est très difficile à résumer et à raconter. On va d'un personnage à un autre, d'un pays à un autre, d'une époque à une autre sans qu'au premier abord n'apparaisse de solution à cette grande énigme. Ah si attendez! Un personnage semble commun à tous ces personnages, lieux et époques différentes.

Il se passe énormément de choses dans ce roman ambitieux. Beaucoup d'événements historiques (le premier homme sur la Lune, la révolution cubaine, l'indépendance du Mozambique) ainsi que des drames à l'échelle des protagonistes.

Assez difficile d'approche, Les Cartes du monde ne se laisse pourtant abandonner facilement. On veut comprendre et il se déclenche dans notre cerveau une envie ludique de faire le lien entre tous ces personnages. Pour en arriver à la conclusion qu'on vient de terminer une passionnante fresque du XXème siècle.
Les Cartes du monde, Simon Ings, Panama, 25 euros. Traduction de l'anglais par Anne Rabinovitch.

Waiting for the man, Histoire des drogues et de la pop music

Résultat de plusieurs années d'études et de recherches cet ouvrage décrit les relations entre drogues et musique.
L'auteur commence son enquête lors de la Prohibition en expliquant le rôle culturel du jazz ainsi que les vertus "créatives" que certains tirent de ces substances et quel intérêt tire la police de laisser ces drogues circuler. Puis les lois répressives irréalistes et les scandales liés aux révélations les plus farfelues. Et enfin comment la déferlante Rock and Roll a révolutionné la perception de ces substances.

A travers une multiplicité d'exemples qui raviront les fans de jazz, le but de cette enquête est de comprendre la manipulation de l'image du "junkie" dans l'évolution de la culture jazz à la culture Rock and Roll et la folie répréssive.

(Le titre de l'ouvrage est tiré d'une chanson du Velvet Underground sur l'héroïne).

Harry Shapiro, Camion Blanc, 2008.

Destroy ! L'histoire définitive du punk

Ecrit par Alvin Gibbs, musicien au sein de groupes majeurs de ce mouvement comme les UK Subs ou pour Iggy Pop, ce livre explique de l'intérieur la montée en puissance de ce style, son impact sur l'industrie du disque et sa récupération économique.
Les rôles précis de Malcom MacLaren et Vivienne Westwood comme manager abusif et vénal et comme styliste ayant utilisé les Sex Pistols comme modèles vivants.
L'auteur nous explique l'émergence d'une philosophie et comment certains s'y sont brulés les ailes ou au contraire récupéré un style vestimentaire dans un unique but commercial.
Quels groupes ont trouvé le succès grâce à ce style? Pourquoi à cette période sociale, économique et politique? Qu'est devenu la philosophie punk? Quel recul ont les "survivants" de cette période aussi courte d'intense?

Grâce à de multiples extraits d'interviews des acteurs de l'époque l'auteur explique les tenants et les aboutissants de cette culture au-delà des clichés "No Future".
Pour découvrir l'histoire de l'intérieur, la naissance de Siouxsie Sioux et l'influence du Velvet Underground ou de David Bowie! Et connaitre enfin le rôle précis de Malcom McLaren!

Alvin Gibbs, Camion blanc, 2007.

L'Aveuglement de Saramago

Une fois n'est pas coutume je suis tombée amoureuse d'un livre en sortant d'une séance de cinéma !

Dans une ville indéfinie et à une époque qui pourrait être la nôtre une étrange épidémie fait rage : définie comme "le mal blanc" par les médecins elle rend aveugle (on voit blanc au lieu de noir) sans que l'on en comprenne son mode de propagation ni le remède. Les malades semblent être frappés au hasard et bientôt le gouvernement doit prendre une décision radicale : la quarantaine. Les "contaminés" et les suspects de le devenir sont confinés dans les deux ailes d'un hôpital psychiatrique désaffecté au confort sommaire (WC à la turc, canalisations d'eau rebelles ...) et laisse tout ce beau monde à lui-même.
Combien de temps vont-ils passer ainsi? Comment cohabiter quand on est brusquement handicapé? Les pires affres de l'être humain ne tardent pas à se révéler : un groupe se forme et décide de rationner la nourriture et exige en échange dans un premier temps tous les bijoux de l'autre camp ... puis leurs femmes.
Au milieu de ce chaos une femme conserve mystérieusement la vue, elle va être le témoin mais aussi la personne qui aidera les survivants à sortir dans une ville abandonnée par le gouvernement dans laquelle l'être humain est retourné à son état animal.

Saramago, Prix Nobel de littérature bizarrement! , pose la question de ce que l'être humain peut faire si personne n'est là pour le juger, des lâchetés (un homme vole la voiture du premier aveugle en prétextant de l'aider) à la bestialité mais aussi l'espoir de la reconstruction à travers la conscience de la femme restée voyante.
Le plus intéressant est sans conteste le style. La narration saute d'une focalisation à une autre: sans marque de dialogue, tirets et guillemets, on passe d'un personnage à l'autre comme s'il s'agissait d'une conscience collective dans de longues phrases.

Extrait (juste pour le style car se n'est pas un passage représentatif du livre):

" Ils savaient qu'il leur faudrait aller jusqu'à la clôture extérieure pour prendre les caisses que les soldats, fidèles à leur promesse, laisseraient entre le portail et l'escalier, et ils craignaient un stratagème, une chausse-trape, Qui nous dit qu'ils ne vont pas se mettre à nous tirer dessus, Après ce qu'ils ont déjà fait, ils en sont bien capables, nous ne pouvons pas nous fier à eux, Moi je ne sors pas dehors, Moi non plus, Il faudra bien que quelqu'un aille dehors si nous voulons manger, Je ne sais pas s'il vaut mieux mourir d'une balle ou mourir de faim à petit feu [...] "


José Saramago, Point Seuil, 2008.

mardi 4 novembre 2008

Quand les carottes posent des lapins

Tenaillés par la faim, la ribambelle de lapereaux de José Lapin rêvent de carottes. Martine, sa lapine exige alors, que ce dernier en trouve...mais il n'en dégotte pas une seule, hormis la carotte qu'Alain: bonhomme de neige aborde en guise de nez.... Une bd trés mignonne sur le partage, la différence & les concessions à faire, le tout superbement illustré.

Une aventure de José lapin T1: Une carotte pour deux chez EP
bd à partir de 5 ans

Moi pas trouver titre

Ses mots sont faibles. Ses mots, choisis avec soin, totalement inappropriés. Ils manquent de flamme. Ils manquent de confiance. Il les lance et les regarde, impuissant, se débattre, renoncer, et dégringoler sur le sol froid, dénués de sens.

Les Cartes du monde, Simon Ings, Panama. Traduit de l'anglais par Anne Rabinovitch.

samedi 1 novembre 2008

Vous vous souvenez du fan d'Hugues Aufray?

Eh bah il est revenu à la librairie... pour commander un disque. Je lui ai répété qu'on ne vendait pas de disques dans une librairie. Il m'a répondu: "N'importe comment vous n'avez jamais rien de ce que je demande. Je suis votre meilleur client, j'ai commandé plein de choses chez vous et j'ai jamais rien eu alors euh faudrait peut-être...". Il a du mettre les pieds dans la Cabane... 4 fois, à tout casser (c'est une façon de parler, hein...). Je pense qu'il est timbré.

Monk

La plus grande des deux pièces, qui donnait sur la rue, était meublée d'un lit, d'une table de chevet, d'une bibliothèque, d'une table basse à dessus de verre, d'un bureau et de deux chaises. Un électrophone était posé sur la table de chevet et il y avait une pile de disques sur le compartiment inférieur. Le titre que Martin Back lut sur la pochette du premier était Blue Monk, ce qui ne lui dit rien du tout.

L'Homme qui partit en fumée (1966), Maj Swöwall/Per Wahlöö, 10/18 "Grands Détectives". Traduction du suédois par Michel Deutsch.